Jules Plisson : "Je me suis créé une petite carapace"

Jules Plisson : "Je me suis créé une petite carapace"

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L'ouvreur du Stade Français, Jules Plisson, s'est "créé une petite carapace pour ne pas être touché" par les critiques sur ses carences en défense ou son inconstance face au but, confie-t-il avant son retour de trois semaines de suspension samedi contre le Racing 92 en Top 14.

On vous imagine impatient de retrouver la compétition ?
Jules Plisson
: "Oui, c'était long. Ca m'a permis de faire du physique. Je n'en avais pas spécialement besoin mais ça fait du bien malgré tout de pouvoir couper. J'ai essayé de faire tout ce qu'on m'avait demandé de faire et d'aider les copains au maximum à l'entraînement pour qu'ils préparent bien leurs matches. J'ai essayé aussi de trouver le positif, pu me poser les bonnes questions et continuer à travailler dans mon coin sans que personne ne vienne me déranger."

Quelles sont ces bonnes questions ?
J P
: "Des questions sur tout, le carton rouge, la saison, ce que je dois perfectionner, les domaines dans lesquels je dois vraiment m'améliorer. Il y en a pas mal dans lesquels je dois continuer à travailler."

Votre défense notamment, pointée du doigt par le sélectionneur du XV de France Guy Novès en Argentine en juin et pour laquelle vous êtes souvent critiqué ?
J P
: "Oui, c'est toujours ce qui revient à mon sujet. Après je sais ce que je dois faire pour arrêter d'être critiqué dans ce domaine-là. Je continue à la travailler. Et c'est surtout dans la tête: sur certains matches je suis très bien, d'autre moins. Or il faut surtout être constant et ne pas se mettre plus de pression que cela. Mais à force que tout le monde en parle, ça me met de la pression. Enfin, pas de la pression mais... ça m'embête que les gens ne retiennent que ça. Mais à moi de leur montrer que je sais défendre."

Vous dites que c'est dans la tête...
J P
: "Parfois, avant, je pouvais avoir peur de me faire prendre extérieur, donc je partais vite extérieur et au final j'étais trop court à l'intérieur. La défense, ce n'est pas que se dire qu'on va plaquer. Ca c'est facile. C'est beaucoup de technique et de prise de décision, de lecture. Et ça c'est dans la tête."

En avez-vous assez qu'on revienne toujours sur vos carences en défense ou votre inconstance face au but ?
J P
: "Non car c'est votre rôle. Si j'étais plus constant on n'en parlerait pas. Je me suis créé une petite carapace pour ne pas être touché par ça. Mon entourage par contre peut être un peu plus touché. Mais c'est le jeu du sport professionnel. Pour le but, j'ai changé ma façon de taper depuis que je suis suspendu car je n'avais plus de sensations. Après Brive (fin août où il a connu plusieurs échecs, NDLR) je me mettais la pression en me disant: +il faut bien que tu la touches sinon tu vas la dévisser+. Et quand tu te dis ça tu forces et la balle ne part pas bien. J'ai changé aussi de tee, en repassant à celui que j'utilisais plus jeune. Je suis plus régulier, je dévisse moins, j'ai plus de marge de manoeuvre si je ne tape pas bien, même s'il faut valider en match. C'est un domaine que je travaille peut-être deux fois plus depuis cette année. Un jour ou l'autre ça paiera."

Ces critiques vous touchaient plus avant ?
J P
: "Oui. Mais avant, si je passais à côté d'un match, les journalistes n'en parlaient pas forcément. Maintenant c'est la première chose dont ils parlent. Il a fallu que j'en prenne conscience et que je sois assez proche de mes entraîneurs et coéquipiers pour parler de mes prestations, et ne pas les regarder à travers des lignes écrites."

Ces critiques sont aussi liées avec votre statut...
J P
: "Bien sûr, je suis international et j'ai désormais 25 ans. Ce n'est pas un reproche mais il faut s'y préparer."

AFP