Chantal Jouanno
Chantal Jouanno, ministre des Sports | AFP - Patrick Kovarik

Jouanno "ne peut rien" pour le Stade Français

Publié le , modifié le

"L'Etat ne peut pas sauver le Stade Français", a indiqué la ministre des sports Chantal Jouanno jeudi, après avoir reçu Max Guazzini et Bernard Laporte, respectivement président et administrateur du club de rugby, qui doit trouver 6,6 millions d'euros d'ici à lundi pour continuer à exister. La ministre a toutefois assuré "faire son possible pour faciliter une solution de reprise."

"On s'est réuni pour voir comment on peut aider à sauver le Stade Français", a-t-elle expliqué, "on n'imagine pas que des escroqueries et des difficultés conjoncturelles puissent porter préjudice à un club mythique, mais par ailleurs on ne trouve pas de somme pareille sous le pas d'un cheval".  Le Stade Français, club phare du Top 14 depuis des années, est engagé dans une course désespérée pour trouver un repreneur avant lundi, sous peine de rétrogradation ou pire, de dépôt de bilan. Il a été victime d'une escroquerie de la Fondation canadienne Facem, qui  n''a pas versé les 12 millions d'euros promis pour devenir actionnaire majoritaire. Le club doit trouver 6,6 millions d'euros avant son audition lundi devant le Conseil supérieur de la Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion (DNACG) de la Ligue nationale (LNR).

 "Je n'ai pas le pouvoir de reporter la date de lundi", a souligné la ministre, "la DNACG est indépendante et souveraine. Mon rôle est d'être facilitateur". Max Guazzini, sans se prononcer sur le fond du dossier, s'est dit ému par les marques de solidarité reçues. "Je n'imaginais pas qu'on était aussi populaire, qu'on nous aimait autant (...) Je reçois des messages d'anonymes, de joueurs, de présidents de clubs, même des gens qui nous proposent de l'argent, de petites sommes et ça nous touche énormément", a-t-il dit. Reste que, au-delà des intentions, il faut pour le club parisien enregistrer un -ou plusieurs- véritable engagement pour au moins sauver la saison à venir. 
Cette problématique budgétaire est aussi une grande claque à la "professionnalisation à outrance" du rugby français, une nouvelle orientation dans laquelle Bernard Laporte, très porté vers la financiarisation du sport et l'investissement privé, s'est fait piéger comme un bleu. Pourtant on pouvait s'attendre à ce que la mise sur le marhé de clubs "clés en maisn" n'attise quelques convoitises de sociétés financières plus ou moins crédibles ou performantes. 

"Je les ai reçus pour les soutenir, mais je ne peux pas intervenir", a déclaré Chantal Jouanno, à propos de Max Guazzini et de Bernard Laporte.. Les deux dirigeants ont porté plainte pour escroquerie à l'encontre d'une fondation canadienne présentée comme le futur repreneur du club parisien. "Il est apparu que les documents et garanties fournis par la Facem Corporation, à l'enseigne d'une grande banque internationale, étaient des faux", écrivait Guazzini dans un communiqué. Des doutes avaient surgi sur la capacité de la Fondation pour l'amélioration des conditions de l'enfance dans le monde à prendre une participation majoritaire dans le Stade Français.

Du fait de cette possible escroquerie, ce dernier pourrait se retrouver à nouveau menacé par une rétrogradation financière décidée par la DNAC, organisme de contrôle et de gestion de la Ligue nationale de rugby. En mai dernier, au moment de présenter ses comptes, il manquait au Stade Français près de cinq millions d'euros, une somme que devait lui apporter Sportys, sa régie publicitaire actuellement en redressement judiciaire. Avec ce nouveau renoncement, la situation se complique pour le club parisien qui va devoir batailler sans relâche pour trouver l'argent qui lui manque. Faute de quoi la nouvelle page qui se tournerait serait plutôt négative pour un club qui a longtemps porté haut les couleurs du rugby français.