Raphaël Ibanez
Raphaël Ibanez | PHOTOPQR/SUD OUEST

Ibanez : "J'ai une forme d'exigence assez rude"

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"Je m'imaginais un peu moins intransigeant, plus cool", révèle Raphaël Ibanez, deux mois après sa prise de fonction de manageur de Bordeaux-Bègles, "serein et déterminé" à l'approche du Top 14 au sein duquel il espère que son équipe "sera capable de marquer son territoire".

Q: Avez-vous une petite boule au ventre à trois jours de l'ouverture du Top 14, samedi face à Grenoble ?
Raphaël Ibanez: "C'est plutôt de l'excitation liée à la compétition qui approche, mais sincèrement, je suis plutôt serein, déterminé aussi, et je demande à voir comment ce groupe de joueurs va s'exprimer".

Q: Depuis votre prise de fonction, qu'avez-vous appris sur vous et ce métier de manageur ? Votre passé de capitaine vous aide-t-il ?
RI: "J'avais essayé de bien anticiper sur la fonction que représente ce rôle de manageur, en écoutant beaucoup de monde autour de moi, en m'imprégnant aussi de tous les grands entraîneurs que j'ai pu rencontrer ou qui m'ont formé. Je m'imaginais un peu moins intransigeant, plus cool mais en fait je m'aperçois que j'ai une forme d'exigence qui est assez rude mais c'est pour le bien des joueurs. Le rôle de capitaine, c'est un véritable bonheur pour un sportif, un honneur aussi mais une vraie responsabilité. Ce statut de leader doit forcément m'aider pour relever le défi avec ce groupe".

Q: Dans ce Top 14 ouvert sur le monde, c'est un avantage pour un staff d'avoir la double culture française et anglo-saxonne ?
RI: "J'ai eu la chance et le bonheur dans ma carrière de pouvoir m'exprimer dans différentes cultures de rugby. Avec ce recul là, il s'agit pour moi de trouver aussi mon chemin. Après, le rugby français n'a rien à envier à personne, le potentiel des joueurs qui évolue en France est extraordinaire, le réservoir de joueurs qui frappent à la porte de l'équipe de France aussi. Moi je fonde beaucoup d'espoirs dans le développement des joueurs français dans le Top 14. Par rapport au groupe de l'UBB, un de mes objectifs avoués est de permettre à des jeunes joueurs français de découvrir le haut niveau mais aussi d'ici deux-trois ans de porter le maillot de l'équipe de France".

Q: Quel regard portez-vous sur votre équipe, une des surprises du dernier Top 14 ?
RI: "J'ai pu constater que cette équipe a une identité très forte qu'elle a su créer autour de joueurs étrangers qui se sont parfaitement intégrés dans la vie du club mais aussi dans la ville, avec autour des jeunes joueurs français. Cet équilibre a apporté du plaisir au public, un vent de fraîcheur dans le Top 14 l'an dernier qui était tendu, une compétition acharnée. Mon idée, avec l'encadrement technique, est de renforcer cette identité qui est très forte car c'est aussi ce qui permet à tous ces joueurs de se retrouver sur le terrain. Alors on me parle de l'année de la confirmation, c'est du cliché pour moi. Ce qu'il faut, c'est que cette équipe soit capable de marquer son territoire à tout moment".

Q: En juin, votre président Laurent Marti avait parlé du Brennus à moyen terme...
RI: "Je souhaite que les voeux de Laurent Marti soient exaucés car il met beaucoup de passion et d'implication dans son investissement au sein du club. Bordeaux doit grandir encore. Entre l'objectif du maintien la saison dernière et celui du Brennus, il y a un équilibre à trouver".

AFP