Laurent Labit et Laurent Travers Racing 92
Laurent Labit et Laurent Travers seront les deux entraîneurs du nouveau club issu de la fusion de Racing 92 et du Stade Français | XAVIER LEOTY / AFP

Fusion Racing 92 - Stade Français: les explications des deux présidents sur une annonce surprise

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Quelques heures après avoir surpris tout le monde en annonçant la fusion de leur club, Thomas Savare, le président du Stade Français, et Jacky Lorenzetti, celui du Racing 92, sont passés aux explications lors d'une conférence de presse. La direction de la nouvelle entité sera tournante, entre les deux hommes, Pierre Arnal, du Stade Français, sera directeur général, alors que la direction sportive sera confiée au duo Laurent Labit-Laurent Travers, issu du Racing. "C'est la meilleure solution pour passer d'une culture de gagner une fois, à celle de gagner chaque fois", a explique le patron des Ciel et Blanc.

Un secret bien gardé

Les deux présidents étaient heureux d'avoir gardé secrète cette discussion. "Elles ont commencé de manière sérieuse il y a un mois et demi", a reconnu Thomas Savare, qui a nié avoir été démarché par des Qataris. "On veut garder l'ADN, l'histoire des deux clubs." Pour Jacky Lorenzetti, "on veut réunir, additionner la culture de l'un et de l'autre, l'identité de l'un et de l'autre. On veut être ensemble pour faire une force de diversité." Que ce soit deux entrepreneurs français qui s'unissent était aussi important dans ce projet.

Les raisons d'une fusion

"On a deux centres de formation, deux écoles de rugby, on se bagarre au niveau des jeunes, du rugby, et on se rend compte que ce n'est pas facile de durer", a noté Jacky Lorenzetti. "Malgré le titre, malgré le stade Jean-Bouin, on n'a pas trouvé de modèle économique viable aujourd'hui, a ajouté Thomas Savare, le président du Stade Français. Les deux hommes ont beaucoup employé le mot "pérénité" dans cette conférence de presse, ajoutant que ce projet était "une évidence". Leur objectif: "Devenir une référence, d'abord hexagonale, puis internationale", a insisté Lorenzetti, en se basant sur "une histoire commune, une recherche de l'exigence, un ancrage familial. Notre vocation première est l'éducation des jeunes par le sport." Loin de placer les considérations économiques au premier plan, les deux hommes parlent de la priorité aux jeunes, à la formation, pour ensuite alimenter le XV de France.

Des équipes jeunes qui demeurent

Comme cela se fait souvent, cette fusion ne va pas être totale. En effet, dans les catégories jeunes, le Stade Français et le Racing 92 demeureront. "Les associations garderont leur fonctionnement propre", a insisté Thomas Savare. "Il y aura encore des derbys chez les jeunes et chez les filles." En revanche, le 29 avril prochain, Stade-Français - Racing 92 sera "le dernier derby de l'histoire", selon Thomas Savare. "Tout le monde voudra le gagner, il n'y aura pas de problème éthique."

La nouvelle direction

Si les deux clubs ne semblent pas peser le même poids financier, les deux hommes ont insisté sur le fait que cette fusion doit être "équilibrée". "La répartition du capital devra être équilibrée", a déclaré Thomas Savare, tandis que Lorenzetti décrivait "une gouvernance équilibrée et tournante puisqu'il y aura un conseil de surveillance, présidé les deux premières saisons par Thomas, et un directoire présidé par moi-même les deux premières saisons. PIerre Arnal, du Stade Français, sera le directeur général, Laurent Labit et Laurent Travers, du Racing, seront les entraîneurs."

Des obstacles à lever

"On avait conscience que cette annonce ferait l'effet d'une bombe. Moi-même, j'ai mis du temps à me faire à cette idée", avouait Thomas Savare. Les associations de supporters seront donc associées rapidement aux discussions, afin de convaincre tout le monde du bien-fondé de cette fusion. "Ce n'est pas facile de passer de rivaux à amis", reconnaît Lorenzetti. Mais comme il l'admet, "l'équation est simple: 45 jours d'un côté, 45 joueurs de l'autre, égale 45 joueurs l'année prochaine. Certains sont en fin de contrat, ceux qui ne resteront pas avec nous, on va les accompagner pour trouver un autre club. Mais on ne va pas traiter les ressources humaines à la légère." Avec la prochaine ouverture de l'UArena, la nouvelle salle modulable construite par Lorenzetti, celui-ci est certain de trouver dans les effectifs les éléments pour les replacer. "On va essayer de faire le mieux possible", glisse le patron du Racing 92.

Beaucoup de choses à construire

Jacky Lorenzetti comme Thomas Savare ont mis les pieds dans le plat: le nom, l'emblème de la future entité ne sont pas encore décidés. "On va prendre le temps", a dit Lorenzetti. En ce qui concerne les lieux de vie, le centre d'entraînement du Racing 92, au Plessis-Robinson, va être agrandi et rénové, lui qui a été inauguré il y a peu. Pour les matches, Thomas Savare a déclaré que "il y aura une utilisation équilibrée de Jean-Bouin et de l'Arena quand elle sera livrée, puisque ce sont deux belles enceintes."