Fabrice Estebanez
Fabrice Estebanez, le centre du Racing-Métro | AFP - SYLVAIN THOMAS

Estebanez prêt à forcer le barrage

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A l'image de sa carrière mouvementée, le centre Fabrice Estebanez a dû s'accrocher cette saison avec le Racing-Métro pour finalement se révéler dans la difficulté et porter le club jusqu'aux barrages du Top 14, vendredi face à Toulouse.

"Il y a beaucoup de joie car on revient de très très loin", soufflait,  soulagé, Estabanez samedi à l'issue de la victoire contre Castres (29-28), en  clôture de la saison régulière du Top 14. "Que le Racing soit qualifié pour ces barrages, ce n'est pas exceptionnel  mais il y a quelques temps on n'y aurait pas mis une pièce", relevait-il  encore, alors que le Racing venait de s'assurer de la 6e place du championnat,  dernière qualificative pour la phase finale. Vendredi soir, vêtu du maillot Ciel et Blanc, l'international (9  sélections) foulera donc la pelouse du Stadium de Toulouse avec en jeu un  ticket pour les demi-finales du championnat.

Début de saison raté

Une situation cohérente au vu du standing du club francilien, mais qui a  bien failli lui échapper dans le sillage d'un début de saison raté, marqué par  une défaite le 10 novembre contre Mont-de-Marsan (17-16) dont Estebanez est  "sorti avec énormément de honte". Dixième au classement et dos au mur, l'équipe a su réagir dès le match  suivant et un chaud derby face au Stade Français (23-15). Et pour forcer le  destin, qui d'autre qu'Estebanez, auteur de l'essai de la victoire à quatre  minutes de la fin ? C'est aussi l'ancien Briviste qui amenait le seul essai de la victoire  fondatrice à Toulon le 6 janvier (19-15): d'un raffût rageur sur Bastareaud, puis cassant encore trois autres plaquages sur 30 mètres, il servait son  partenaire du centre Henry Chavancy à cinq mètres de la ligne.

Dans la foulée, le Racing portait à neuf sa série de victoires et se  taillait un siège parmi les barragistes. Un renversement de situation que  l'équipe doit en partie à la ténacité à toute épreuve d'Estebanez, devenu  incontournable dans le vestiaire comme au centre du terrain, 18 mois après son  arrivée en novembre 2011. En témoigne son impressionnante présence cette saison: 24 matches disputés  sur 26 en Top 14, dont 20 comme titulaire. Il a fallu une suspension d'un mois pour une manchette face aux Saracens en Coupe d'Europe pour le mettre au repos  forcé entre janvier et février, avant de repartir "à fond", son credo.

"Puiser dans les réserves"

"Physiquement, on a fait des efforts mais psychologiquement, c'est ce qui a  été le plus dur,observe Estebanez. On est allé puiser dans les réserves parce que jusqu'à la semaine dernière, on n'était pas qualifié. Ca a été dur toute la saison." Cette résilience, le Carcassonnais de 31 ans a su l'exprimer durant toute  sa carrière fait de très hauts qui l'ont porté jusqu'au Mondial en  Nouvelle-Zélande, mais aussi de très bas. Formé au rugby à XIII à Pamiers (Ariège), il tente une première expérience  à XV à Colomiers, qui ne lui fait jamais signer le contrat promis.

Franchir l'obstacle

Il retourne donc au XIII, à Limoux puis Toulouse, en se partageant avec son  métier de plombier. Après des détours, il s'engage, enfin, avec Brive, en 2007,  où il promet de devenir international en trois ans. Pari tenu donc, avec une convocation pour le Mondial-2011 précédée d'une  première sélection face aux Fidji en novembre 2010 à la Beaujoire à Nantes. Un  stade qu'il pourrait d'ailleurs retrouver en demi-finales du Top 14, face au RC  Toulon de son grand ami Alexis Palisson.

A condition toutefois de franchir l'obstacle du Stade toulousain, face à  qui le Racing "n'a rien à perdre". "Il y a beaucoup qui vont dire que je fais une "Guy Novès" (du nom de  l'entraîneur de Toulouse, réputé pour la modestie parfois exagérée de ses  ambitions déclarées, ndlr) mais c'est la réalité, sourit-il. On a très peu de  chances, mais on prendra. On va y aller...à fond."

AFP