Dan Carter, le sauveur du Racing 92 ?

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Dan Carter
Dan Carter. | JACQUES DEMARTHON / AFP

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Battu dimanche sur sa pelouse par Toulouse (34-29), le Racing 92 est aux portes des places qualificatives du Top 14. La 7e place n'est pas au niveau des attentes, et cette défaite face à leur futur adversaire en quarts de finale de la Coupe d'Europe sonne comme un signal d'alarme. Pour repasser au vert, le club francilien a annoncé la venue de Dan Carter, son ouvreur parti au Japon à la dernière intersaison, qui effectuera une pige de quatre mois pour compenser la fin de carrière de Pat Lambie.

"Carter is back!" C'est par cette vidéo projetée sur l'écran géant de l'Arena de Nanterre, juste avant le coup d'envoi de son match de Top 14 contre Toulouse, que le Racing a annoncé le retour de l'enfant prodige, qui a passé près de trois saisons dans les Hauts-de-Seine, de l'après Coupe du monde 2015 au printemps 2018. Avant de rejoindre le Japon et les Kobelco Steelers, remportant le championnat mi-décembre. "Il arrive début mars et pourra jouer, je pense, le premier match contre Bordeaux", le week-end du 23 mars, a déclaré le président du Racing 92, Jacky Lorenzetti, sur Canal +.

Meilleur réalisateur de l'histoire (1598 points), double champion du monde (2011 et 2015), Dan Carter reste une référence au poste de demi d'ouverture. A 36 ans (37 le 5 mars prochain), il avait décidé de quitter le Racing 92 à l'issue de son contrat en juin dernier, pour vivre l'expérience du Japon. Le pays du Soleil Levant est depuis longtemps fan de rugby, et la prochaine Coupe du monde sur son sol était l'occasion idéale pour faire parler. 

Mais fin janvier, son successeur, Pat Lambie, annonçait la fin de sa carrière après une nouvelle commotion cérébrale. Pour compenser cette absence, Laurent Labit, l'un des entraîneurs du club, a eu l'idée de se rapprocher du Néo-Zélandais. Car le joueur connaît, le club, les systèmes de jeu, ce qui va faciliter son intégration. Mais surtout, il n'a pas réussi à remplir son challenge jusqu'au bout. Après avoir tout gagné avec les Crusaders ou les All Blacks, après avoir de nouveau soulevé le Bouclier de Brennus avec le Racing (il l'avait fait avec l'USAP en 2009), Dan Carter n'a pas réussi à devenir champion d'Europe. Par deux fois, il a échoué en finale avec les Racingmens (en 2016 face aux Saracens, en 2018 face au Leinster). Par deux fois, il a été handicapé par des blessures lors de la finale. Il a même déclaré forfait pour la dernière à Bilbao. Devenir champion d'Europe sera donc un nouveau défi.

Au Racing, il arrive au bon moment. Car l'équipe ne pointe qu'au 7e rang du Top 14, hors des places qualificatives pour la Coupe d'Europe. Et cette formation vient de s'incliner à domicile contre le leader toulousain, équipe qu'elle retrouvera en quarts de finale de la Coupe d'Europe le 31 mars prochain. Et en plus, Finn Russell, l'ouvreur écossais titulaire du poste, a subi lors de cette défaite une commotion, qui rend sa participation au prochain France-Ecosse incertaine. Et derrière cet Ecossais de grand talent, le club dispose de Volavola ou de Lagarde pour occuper le poste. Avec Dan Carter, les Ciel et Blanc retrouvent un 10 bis, voire un 10 tout court.

"Ce n'est pas Zorro. On a toujours été content de ce qu'il a apporté à l'équipe, mais il ne va pas traverser le terrain et faire en sorte d'avoir des bons ballons. Mais il nous aidera à construire", a néanmoins pondéré Laurent Travers, l'autre entraîneur du Racing 92. Trois fois élu meilleur joueur du monde (2005, 2012, 2015), Dan Carter arrive pour remettre de l'ordre dans une équipe qui n'a gagné que deux de ses six derniers matches en Top 14.