Vern Cotter (entraîneur du MHR)
Vern Cotter (entraîneur du MHR) | ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Cotter, premier bilan mitigé à Montpellier à l'heure des retrouvailles avec Clermont

Publié le , modifié le

Une deuxième place en Top 14, deux défaites en Coupe d'Europe en autant de journées: quatre mois après son arrivée, le nouveau manager de Montpellier Vern Cotter affiche un bilan mitigé au moment de recevoir dimanche (16h50) son ancien club, Clermont.

"C'est forcément particulier de retrouver en face de moi l'équipe de Clermont, avec laquelle moi et ma famille avons passé huit ans. J'ai reçu quelques textos cette semaine, où certains me disent qu'ils vont descendre me mettre quarante points" sourit l'entraîneur néo-zélandais âgé de 55 ans, qui a bousculé l'histoire du club auvergnat durant huit ans (2006-2014). "J'étais heureux de voir Clermont champion de France l'an dernier. Après la finale de Coupe d'Europe, à Edimbourg (perdue par l'ASM contre les Saracens, NDLR), je les avais vus déçus et ils ont montré du caractère pour repartir de l'avant et gagner le Top 14. Je connais toute la valeur d'un titre pour le peuple auvergnat" rappelle Cotter, qui a conduit Clermont à son premier titre de champion en 2010 après dix finales perdues. Aurélien Rougerie, vieux soldat de l'ASM, en était. Et dit sa "reconnaissance éternelle" envers Cotter: "Il nous apporté beaucoup de choses. Il est arrivé à un moment où le club était vraiment en difficulté. Et il a réussi par sa rigueur, son côté un peu rude, à le remettre sur le droit chemin." Construire et défricher un palmarès presque vierge, telle est également sa mission de Cotter au MHR de l'ambitieux et impatient Mohed Altrad. Mais, fort devant les faibles, défaillant devant les forts, le Montpellier de Cotter cherche encore ses repères collectifs en raison d'un changement de style. De celui, aride et polarisé sur la puissance de ses avants de Jake White, à un jeu dynamique.

La défense, principal chantier

Avec sept essais encaissés en deux matchs de Coupe d'Europe, Montpellier a ciblé son principal chantier: sa défense, qui souffre devant les équipes qui jouent au large et privilégient la vitesse. Elle symbolise le manque de cohésion d'un effectif recomposé à l'intersaison. "Depuis quelques temps, on sent qu'il y a du mieux en défense. On s'est appuyé la-dessus, et notre mental, pour gagner à Pau (22-16 samedi dernier), sachant qu'il est toujours très dur de gagner à l'extérieur en Top 14", plaide le demi de mêlée Benoît Paillauge, qui dépanne en ce moment à l'ouverture. "L'essentiel est de partager du temps ensemble avec un effectif qui est réceptif dans le travail" poursuit Cotter, persuadé que le temps joue pour lui, se référant peut-être au début de son mandat de huit ans à Clermont. Après huit journées de Championnat, Clermont, futur finaliste et vainqueur du Challenge européen, affichait en effet un temps de passage médiocre, avec quatre victoires pour quatre défaites. Néanmoins, si la défense flotte, l'attaque enchaîne elle les essais, notamment grâce à sa ligne de trois-quarts et son ailier fidjien Nemani Nadolo, auteur de douze essais toutes compétitions confondues. Mais pour pleinement lancer sa saison et franchir un pallier supplémentaire, Montpellier est en quête de victoire référence. Cotter va pouvoir jauger la progression jusqu'à Noël, où se profile une succession de chocs au sommets. A commencer par dimanche face à Clermont.

AFP