Bonnaire (Clermont) pris par Hayman sous le regard de Tillous-Borde (Toulon)
Bonnaire (Clermont) pris par Hayman sous le regard de Tillous-Borde (Toulon) | THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Clermont-Toulon un passif important

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Clermont et Toulon clôtureront les demi-finales du Top 14 dimanche après-midi au Stadium de Toulouse. Durant la saison régulière leurs confrontations directes empreintes d'âpreté ont apporté leur lot d'enseignements, confirmant la rivalité grandissante entre ces deux villes de rugby au lourd passif. Retour sur deux matches qui recèlent peut-être certaines clés de cette demi-finale.

Le froid réalisme de Mayol

Cette année Toulon n'est pas parvenu à renverser Clermont. Face à face lors de la 2e et 15e journée de championnat, les deux équipes ont montré une constante lors de ces oppositions : leur animosité toujours prégnante, illustrée par de nombreux regroupements électriques où les accrochages ont été légion. Battus sèchement à Mayol début septembre (0-17), les Varois pouvaient invoquer l'absence de leurs internationaux, même si leurs adversaires payaient également un lourd tribut au Mondial néo-zélandais.

Malgré le score assez lourd, les protégés de Mourad Boudjellal s'étaient montrés dominateurs, se heurtant au froid réalisme auvergnat. Revigorés par les explosions au plus haut niveau de Jean-Marcellin Buttin, auteur d'un superbe essai ce jour-là, et de Wesley Fofana, durant l'absence de leurs vieux briscards partis visiter les antipodes, les Jaunards n'avaient rien laissé à leurs adversaires. Et peuvent les remercier aujourd'hui d'avoir contribué à l'épanouissement de leurs deux pépites.

"Ma deuxième sodomie arbitrale"

Lors du match retour à Marcel-Michelin le second week-end de janvier (25-19), le contexte n'était pas le même, avec deux équipes au complet qui alignait leur "XV type". L'essai du capitaine clermontois Rougerie répondait à celui de Lapeyre et permettait aux siens de se détacher. Il prenait également un carton jaune, comme Orioli chez les Sudistes avec qui il s'était accroché, manière de rappeler à l'autre que la hache de guerre n'était pas enterrée. En effet, lors de la demi-finale 2010 remporté par les Auvergnats sur les Varois (35-29), un essai litigieux du pilier Zirakashvili avait été accordé aux premiers. Sans le vouloir M. Berdos, arbitre de la rencontre, allait attiser cette inimitié, infligeant un carton jaune à l'ailier toulonnais Smith, coupable selon lui d'un en-avant volontaire sur une tentative d'interception.

Malgré ce fait de jeu, la domination des hommes de Vern Cotter en mêlée ainsi que le génie de Malzieu sur l'essai de son équipier et l'influence de Brock James sur son équipe ne doivent pas être occultés. L'efficace défense opposée par Toulon non plus. La forme des duos de buteur Wilkinson-Giteau pour les hommes de Laporte et James-Parra pour ceux de l'entraîneur néo-zélandais s'avère cruciale. Comme la capacité à gérer un évènement plein de tensions. Après l'erreur prétendue de M. Berdos, le président du RCT Mourad Boudjellal avait déclaré : "il y a des choses qui n'ont pas tourné en notre faveur. On sait ce que c'est : quelqu'un habillé en blanc avec La Poste (l'arbitre) marquée dans le dos". Concluant même : "C'est ma deuxième sodomie arbitrale après celle d'il y a deux saisons en demi finale du Top 14". Pour leurs retrouvailles à ce stade de la compétition l'ambiance promet d'être chaude...

Jerome Carrere