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Les Clermontois Nalaga et Rougerie à l'attaque de Castres | AFP - Thierry Zoccolan

Clermont se relance, Montpellier prend les commandes

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Lors de la 8e journée du Top 14, l'USAP a livré son 1er match-référence en gagnant à Bayonne (26-25). Toulouse n'a pas su décrocher son premier succès de la saison à l'extérieur, revenant de Brive avec un nul (16-16). Le Racing a battu Biarritz 17-12, mais s'est fait chiper le leadership par Montpellier, vainqueur de la Rochelle 26-6 et obtenant le bonus offensif. Dans un match engagé, Clermont a battu Castres (24-6), le Stade Français gagnant à Agen 27-12.

Le fait marquant: Montpellier leader

Montpellier s'est emparé de la tête du  classement du Top 14 grâce à sa victoire bonifiée (26-6) contre La  Rochelle qui lui permet de devancer le Racing-Métro. Avec 27 points, les Montpelliérains, auteurs de trois essais, devancent les Parisiens (27 pts) à la différence particulière, grâce à leur succès (36-19) sur le club francilien lors de la 2e journée. Le club héraultais, entraîné depuis le début de la saison par Eric Béchu et Fabien Galthié, est premier au classement pour la première fois de son histoire  en Top 14.

Le match: Brive - Toulouse

Après avoir inscrit l'essai le plus rapide du championnat contre La Rochelle, Toulouse a encore une fois mis le turbo en inscrivant le premier essai de la rencontre dès la 2e minute par Delasau, suite à une double intervention de Poitrenaud. Pendant 23 minutes, Brive restait scotché à zéro et la première victoire toulousaine de la saison à l'extérieur semblait bien partie. Mais à force d'être entreprenants, les Brivistes plaçaient leurs adversaires sous pression, notamment la jeune charnière Vergallo-Bézy spécialement visée par les montées défensives, et revenaient sur un essai en force de Mela (23e). Ne parvenant pas à mettre la main sur le ballon, les hommes des Guy Novès subissaient de plus en plus, leurs bonnes séquences étant souvent handicapées par des maladresses. Kelleher, puis Skrela, Dusautoir, Jonhston et Jauzion rentraient pour apporter de l'énergie et un peu de continuité. Cela n'était pas pleinement couronné de succès, l'ouvreur international ratant notamment deux pénalités peu difficiles. Mais grâce à une fin de match beaucoup plus agressive et construite, Toulouse parvenait à égaliser (16-16). Un en-avant sur la dernière action, en forme de symbole des occasions perdues, annihilait une supériorité numérique qui pouvait faire pencher la balance du côté des visiteurs. Ce n'est pas encore une victoire, mais le Stade ramène quelque chose de ce voyage en Corrèze qui avait été fatal à l'USAP et Toulon cette saison.

Le joueur: Maxime Mermoz

Comme son équipe et la plupart de ses coéquipiers, Maxime Mermoz n'était pas au niveau de la saison dernière. Comme son équipe, le trois-quarts centre international souffrait et peinait à perforer les défenses adverses. En déplacement à Bayonne, il a rapidement retrouvé sensations et espaces, pour placer son équipe sur de bons rails. Sur une mêlée avec introduction pour les Basques dans leurs 22m, le ballon était récupérée par Tuilagui et une mauvaise montée en pointe de la défense lui laissait un intervalle dans lequel il s'engouffrait pour aplatir sous les poteaux (9e). Puis, le 3e ligne centre chevauchait le long de la ligne pour le servir d'une main et l'envoyer de nouveau derrière la ligne d'en-but, et entre les poteaux (19e). Après avoir longtemps couru après le score, les Bayonnais reprenaient les choses en main après un essai de Martin (52e) puis un de Pietersen (61e). Mais deux pénalités de Porical (70e et 72e) et surtout deux échecs de Benjamin Boyet dans le même exercice dans les ultimes minutes de la rencontre permettaient à l'équipe de Jacques Brunel de remporter leur première victoire à l'extérieur, leur premier match-référence de la saison (26-25). A quinze jours de la Coupe d'Europe, le renouveau de Mermoz fait bien les affaires de l'USAP.

Le passé de retour: Clermont - Castres

Clermont et Castres étaient bien décidés à faire revivre le passé. Entre le champion de la saison dernière et la révélation de la saison passée, ce début de saison n'est pas conforme aux attentes. Au stade Marcel-Michelin, les joueurs des deux équipes ont eu un petit problème avec la machine à remonter le temps, qui a fini par les ramener bien plus loin qu'une année. C'est en effet un match à l'ancienne qui a longtemps cadenassé la rencontre: du combat, de l'engagement, de la virulence, et beaucoup de maladresses et de fautes de main. Du coup, jusqu'à la 26e minute, le score était de (3-3). Heureusement, la suite de la rencontre était un peu plus enlevée, les ingrédients basiques du rugby restant d'actualité. Malzieu (30e) puis Lapandry (61e) offraient un avantage plus net à des Auvergnats qui n'ont jamais été à l'abri, mais remportent une victoire (24-6) très importante qui les renvoie vers le haut du classement.

La résistance: Agen

Après avoir encaissé 215 points en 7 journées, Agen savait que sa défense devait être remise à flot pour espérer se maintenir cette saison. La semaine avait été studieuse dans ce secteur de jeu, et cela a tout de même semblé porter ses fruits lors de la venue du Stade Français. Certes, comme ils en ont pris l'habitude depuis le début de la saison, les Parisiens ont accumulé les bourdes, les mauvais choix et les maladresses, ratant bien des occasions de "tuer" le match après le premier essai de Valancon (11e), marqué par un en-avant flagrant mais pas vu par les arbitres. Peu en confiance au pied, Beauxis laissait le soin à Rodriguez Gurruchaga d'aligner les pénalités, ce qui faisait la différence au tableau d'affichage. Le Stade Français met fin à une série de trois défaites en l'emportant (27-12), mais les deux essais inscrits de chaque côté montrent bien que le SUA a peut-être trouvé quelques solutions pour viser le maintien.

Les retrouvailles

Benjamin Fall avait l'habitude de disputer les derbys basques avec l'Aviron Bayonnais. Toujours sous un maillot bleu ciel et blanc mais désormais celui du Racing, l'ailier n'a pas raté la venue de Biarritz, montrant le chemin à ses coéquipiers en inscrivant le premier essai du match en bout de ligne (9e). Considérablement remaniée voire presque affaiblie, l'équipe du BO a eu bien du mal à surnager à Colombes, là où elle avait définitivement enterré ses derniers espoirs d'Europe la saison dernière, au bout du suspense et d'un match intense. Cette fois, pas trop de frayeur pour les Parisiens et les anciens Biarrots Bobo et Noirot, qui ont dominé les coéquipiers de Sylvain Marconnet, pour la première fois de retour à Paris pour un match, même s'il ne s'agissait pas du Jean-Bouin du Stade Français, où il a passé douze saisons. Le jeune demi de mêlée Ayestaran, formé au Racing, n'a pas non plus connu une grande réussite en revenant à Colombes, même si le bonus défensif récolté en fin de rencontre s'apparente à une mission remplie (17-12).

Le plaquage

A la 57e minute du match entre Brive et Toulouse, alors que David Skrela venait, pour la deuxième fois de suite, de rater une pénalité largement dans ses cordes voire facile qui aurait permis à son équipe d'égaliser à (13-13), Estebanez, Palisson et Fritz étaient à la lutte à la réception du ballon. Les trois hommes se percutaient, et le centre corrézien finissait dans une caméra, ce qui lui valait un petit KO de quelques secondes, avant de reprendre sa place sur le terrain. La caméra qui plaque, ce n'est pas courant...

La phrase: "On parle souvent de match référence. Ce n'était pas celui-là" (Simon Mannix)

Le Racing-Métro est leader du Top14, le Racing-Métro a battu Biarritz à Colombes (17-12), mais cela ne satisfait pas l'un de ses entraîneurs, Simon Mannix n'ayant jamais sa langue dans sa poche: "En Français, on parle souvent de match référence. Et bien, ce n'était pas celui-là".