Castres Clermont
. | JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Castres s'invite en finale du Top 14

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Une semaine après sa défaite en finale de la Coupe d'Europe contre Toulon, Clermont s'est écroulé en demi-finale du Top 14 face à Castres (25-9). Coupables de nombreuses fautes de main, les Auvergnats n'ont jamais été en mesure de s'imposer face à des Tarnais très réalistes. Une saison prometteuse qu'il faudra oublier pour l'ASM. Avant leur départ pour la Racing-Métro, les entraîneurs du CO Laurent Travers et Laurent Labit écriront eux leur dernier chapître castrais samedi prochain au Stade de France contre l'ogre toulonnais. Une fin idéale pour le Petit Poucet du Tarn.

Clermont a tout perdu en une semaine. L'Europe et la France. Début mai, les Auvergnats avaient une belle tête de champion. A la Beaujoire comme à Dublin, les mines étaient défaites. Une "tronche" de dix kilomètres qu'on a vu s'allonger au fil des minutes. Ce qui est certain, c'est que les Auvergnats n'étaient pas remis de leur défaite contre Toulon en H Cup. Très fébriles, ils ont multiplié les fautes de main et offerts de nombreuses munitions aux Castrais. Un ASM fantômatique et très décevant. Le CO a lui tenu les dix minutes nécessaires en début de match pour briser l'allant des Jaunards. Extrêmement solide et quasi-parfaite, il a poursuivi l'entreprise de démolition initiée par le RCT samedi dernier, son buteur sud-africain Rory Kockott se chargeant de régler l'addition avec 20 points au total.

Essai de 80 mètres

En proie au doute, Clermont n'a validé que rarement ses temps forts, Morgan Parra ratant deux pénalités dans le premier quart d'heure avant de rapidement céder un costume de buteur qu'il a pourtant rarement quitté cette saison. Delany réussissait certes trois pénalités (28e, 46e, 59e) pour quelque peu maintenir son équipe à flots, mais jamais elle n'arrivait à trouver la faille dans une défense castraise extrêmement agressive, notamment dans le combat au sol. Ce même Delany douchait d'ailleurs les derniers espoirs avec une passe interceptée par Romain Cabannes. Flairant le bon coup, le Castrais volait le ballon et s'en allait crucifier Clermont marquer au terme d'une course de 80 mètres (64e), pour  sceller la victoire de son équipe.

Une finale pour la der de Travers et Labit

Samedi prochain au Stade de France (sur France 2), le Castres Olympique essayera de conquérir  face à Toulon son quatrième titre de champion de France, vingt ans après avoir soulevé pour la dernière fois le Bouclier de Brennus. L'exploit est de taille pour Castres, quatrième de la saison régulière de  Top 14, mais valide une progression constante depuis quatre ans sous la  houlette des entraîneurs Laurent Labit et Laurent Travers. Mais Toulon a encore faim et espère lui aussi renouer avec le Brennus, 21 ans après son dernier titre.

Réactions

Vern Cotter (manageur de Clermont): "Castres était meilleur. On a eu deux  échecs au pied en début de match qui ne nous ont pas mis en confiance. Puis on  repart (en 2 période) et on prend un essai en contre, ce n'était certainement  pas notre journée. On est déçu, on n'a pas joué notre jeu. On a laissé beaucoup  à Dublin la semaine passée (finale de Coupe d'Europe perdue) et Castres ne nous  a pas laissé développer notre jeu offensivement. Je ne pense pas que ce soit  physique mais plutôt qu'on n'a pas digéré Dublin. Mais c'est une belle saison:  on finit premier (de la phase régulière), on bat notre record d'invincibilité à  domicile mais on ne finit pas sur une victoire."

Morgan Parra (demi de mêlée de Clermont): "Il n'y a pas photo, on est tombé  sur plus fort que nous, on est tombé dans le combat, la base de ce sport. On a  reculé, pas réussi à mettre la main sur le ballon. On a fait des fautes de main  qui nous ont coûté cher, pas scoré quand il le fallait. Castres mérite sa  victoire. Ils nous avaient bien analysé, on a été pris dans les phases de rucks  et donc pas eu de ballons. Le constat est amer mais on a vécu de  belles choses  cette saison. Il faut aller chercher du positif quand même, le groupe s'est  toujours bien entendu. Il faut garder ça pour l'année prochaine et reconstruire  pour essayer de faire mieux. Déjà on a fait mieux que l'année dernière avec  cette finale de Coupe d'Europe.

Julien Pierre (deuxième ligne de  Clermont): "On frôle quelque chose, mais on n'arrive pas à le toucher. Il y a  une déception mais il faut retenir la saison qui est belle. C'est vrai qu'à  chaud c'est compliqué de voir du positif. Je crois que l'on est passé à côté du  match. Il y a certainement des millions de raisons. C'est une saison dure, il  n'y a pas de titre au bout, c'est frustrant."
   
Julien Bonnaire (troisième ligne de Clermont): "On va tirer un trait  rapidement là dessus et penser à la saison prochaine. On a pris un coup sur la  tête la semaine dernière, c'est sûr. On pensait avoir les ressources pour  rebondir aujourd'hui, mais ça n'a pas été le cas. Il faut tirer un coup de  chapeau à cette équipe de Castres. La saison est forcément ratée car il n'y a  rien au bout, on n'est pas récompensé. On donne beaucoup et on n'a rien  derrière. On ne peut pas se satisfaire d'être juste finaliste de Coupe  d'Europe."

Yannick Caballero (3e ligne de Castres):  "On a construit petit à petit notre match. Et grâce à notre cinq de devant on  peu creuser un écart. Ce n'est pas une fin en soi, on est en finale on ne  retient que le vainqueur. Toulon a gagné la Coupe d'Europe, ils peuvent nous  laisser le Bouclier ! Pour la plupart d'entre nous (aller au Stade de France)  est une première, donc il faut profiter à fond et se remettre au travail car on  y va pour finir en beauté."

Laurent Labit (entraîneur de Castres): "On est encore sous le coup de la  surprise. Ce n'est pas tellement la surprise de gagner le match et d'aller à  Paris, on savait qu'on était capable de le faire. On y croyait fort. C'est  surtout la façon dont les joueurs l'ont réalisé, dont ils ont maîtrisé le  match. On savait qu'on avait des joueurs formidables, un état d'esprit  remarquable mais encore aujourd'hui ils nous ont surpris. On a eu l'impression  de mener la danse de bout en bout. Après on sait que l'on a grandi, que l'on a  franchi des paliers. Dans notre coin on savait aussi ce que l'on était capable  de faire. On savait que c'était mentalement et psychologiquement que ça allait  se jouer. On savait Clermont un peu touché par la semaine dernière. Il fallait  qu'on fasse une entame de match où on leur faisait très mal. On a remporté la  guerre des rucks, la mêlée, l'occupation...On a fait le match quasi-parfait à  ce niveau-là. (Les joueurs) ont les arguments pour transformer cette aventure  en épopée et c'est ce qu'ils sont en train de faire."

Romain Cabannes (centre de Castres): "C'est une victoire collective. Notre  force a été de prendre le score très vite, de faire une grosse entame. Tout le  long ils (les Clermontois) ont dû courir après le score, ils se sont un peu  exposés.  On avait un rideau défensif très fort. Les éléments ont tourné en  notre faveur, on a été réaliste, discipliné, propre. On a fait un match parfait  au meilleur moment."