Brive Perpignan Estebanez balle en main 01 2010
Le Briviste Fabrice Estebanez balle en main | AFP - Diarmid Courreges

Brive et Paris, gare au perdant

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D'un côté, les Brivistes, relégables, n'ont pas d'autre choix que de s'imposer pour dépasser Agen et La Rochelle, devant pour 1 point. De l'autre, le Stade Français, privé de son ouvreur international Lionel Beauxis, a besoin d'un succès probant hors de ses bases pour rester au contact du Top 6. Un vrai bon match à enjeu et donc à ne pas perdre.

Pour se maintenir, il faut gagner des matches. Par n'importe quelle marge. Et c'est plus facile de gagner à la maison qu'à domicile. Des évidences que Brive s'évertue à ne pas suivre. Malgré un net regain de forme – un nul au Racing, deux bonus défensif à Perpignan et Toulon grâce à une bonne défense - le problème du CAB est qu'il compte plus de défaites (4) que de victoires (3) sur sa pelouse, dont la dernière en date face à Bayonne. "De notre côté, on va recevoir quatre fois lors des cinq prochains matches. Comme on se met une pression démesurée à domicile, je n'ai aucune certitude, mais on y verra plus clair", craint le coach Ugo Mola.

Avec le forfait de dernière minute d'Alex Popham, blessé à un coude et l'incertitude qui plane sur la participation de Damian Browne (dos) et de Pat Barnard (cou), la mêlée de Brive devrait être remaniée pour affronter le Stade français. Le jeune Vasil Kakovin devrait être incorporé de même qu'Arnaud Méla. Quant à Thibault Dubarry, il pourrait trouver place en troisième ligne. Pas de quoi rassurer. "Suivre Brive, c'est avoir une crise cardiaque tous les week-ends !", résume le directeur général Simon Gilham. "Nous sommes capables de gagner au Stade Français et de perdre contre n'importe qui d'autre. Cette équipe manque de maturité, mais jamais d'envie". Sous pression depuis de nombreuses semaines, Brive n'est plus que dans le registre de la réaction que la construction.

Son adversaire est justement dans la situation inverse. Dans un environnement pacifié, le coach Mickaël Cheika est clairement dans une phase de (re)construction de l'effectif et du jeu stadiste. "On travaille pour la reconstruction et nous devons nous accrocher pour nous rapprocher du groupe des six premiers." Privé des internationaux Sergio Parisse et  Hugo Southwell (blessés), James Haskell et David Palmer en sélection et de plusieurs blessés de  longue durée (Arias, Szarzewski, Liebenberg), l'encadrement devrait aligner une équipe similaire à celle victorieuse de Biarritz (31-18) samedi. Le club sera privé de son ouvreur Lionel  Beauxis, suspendu 20 jours pour un plaquage dangereux contre Castres. Pascal Papé, titularisé en N.8 devant Biarritz, pourrait revenir en deuxième ligne aux côtés  d'Arnaud Marchois, en cas de retour dans le groupe de Juan Manuel Leguizamon.

Pour viser ces play-offs, le club doit se montrer plus constant et régulier aussi bien en défense qu'en attaque. Si les Parisiens ont compilé des victoires significatives à domicile, que ce soit face à Toulon, Toulouse ou Biarritz, ils voyagent mal et ne se sont imposés qu'à Bourgoin et Agen pour un nul à La Rochelle. La dernière sortie à Castres a laissé dubitatif sur le potentiel parisien pour aborder les matches à enjeu. Avec quatre points de retard sur le sixième biarrot, tout est encore possible mais un résultat positif en Corrèze est nécessaire. "Il faut aller là bas avec l’envie de jouer et de tout donner", souligne l’ailier Djibril Camara qui enchaine une deuxième titularisation. "Il faudra s’envoyer pendant 80 minutes et montrer les crocs. On veut tout faire pour accrocher la sixième place." Deux équipes qui ne veulent pas perdre. Cela promet.

Mathieu Baratas