Le joueur de rugby du Racing 92, Brice Dulin
Le joueur de rugby du Racing 92, Brice Dulin | AFP - DAMIEN MEYER

Brice Dulin : "Je me connais un peu mieux"

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L'arrière du Racing 92 Brice Dulin se connaît "un peu mieux" grâce à sa baisse de régime pendant une grande partie de 2015, qui a finalement "renforcé (son) mental" et lui a permis d'"énormément progresser", a-t-il dit avant d'affronter Clermont samedi en Top 14.

Vous semblez avoir débuté la saison comme vous avez terminé la précédente, en grande forme alors que vous aviez connu un "coup de mou" après la Coupe du monde en 2015. Comment avez-vous rebondi?
Brice Dulin
: "En continuant de travailler, en ne me posant pas trop de questions. Je sais (qu'une carrière) est assez cyclique: je savais que ça allait revenir. Et l'équipe a permis ça aussi: on se donne des séances supplémentaires techniques ou physiques, le groupe est axé sur le travail, avec des joueurs d'expérience qui communiquent énormément. Ca permet de reprendre confiance, de redevenir ce qu'on a été."

Vous avez semblé retrouver votre niveau après le Tournoi des six nations, où vous n'avez pas été retenu avec le XV de France. Cette non sélection vous aurait-elle libéré?
B D
: "Non. C'est surtout la coupure qu'on a eue en début de Tournoi (en février) avec le club, avec la semaine à Hongkong puis une semaine de vacances. Mon esprit s'est peut-être libéré. Je me suis régénéré physiquement et mentalement, j'ai repris du plaisir."

Avez-vous été déçu de ne pas être appelé pour le Tournoi et de ne pas figurer sur la liste Elite?
B D
: "On est toujours un peu déçu. Après, grâce ou à cause de la Coupe du monde (2015, ratée individuellement et collectivement), je me suis rappelé que je jouais surtout au rugby pour m'amuser. J'ai la chance de jouer en club, le reste c'est du bonus. Si on y est (en équipe de France), c'est qu'on fait partie des meilleurs, sinon non. Il faut continuer de bosser. C'est toujours dans un coin de ma tête, mais ça ne va pas me miner. Je ne suis pas aigri."

On vous a souvent reproché le manque de régularité de votre jeu au pied et de ne pas suffisamment assurer la continuité du jeu derrière vous...
B D
: "J'en suis conscient depuis longtemps. En fin de saison dernière notamment, j'ai énormément travaillé dessus. Dan (Carter) m'aide beaucoup (sur le jeu au pied), vu qu'on est gaucher tous les deux. On travaille ensemble à la fin des entraînements. On m'a reproché ça, mais parce qu'il faut trouver des choses... Je ne change pas ma façon de faire, je la fais juste évoluer. Par moments je dois plus faire jouer, mais je ne vais pas jouer contre nature. J'ai trouvé un équilibre dans mon jeu, grâce aussi au regard de mon entourage, dont mon frère (ancien joueur et actuel responsable sportif du centre de formation de Dax, NDLR). Après chaque match, j'ai droit à un +debrief+. Il est assez dur avec moi, mais ce regard extérieur me fait progresser."

Jusqu'au Tournoi-2015, vous étiez installé en équipe de France. Vous êtes-vous senti un moment "intouchable"?
B D
: "Non. Tout le monde me disait 't'es installé', alors que pas du tout. J'ai observé la carrière de mon frère ou d'autres joueurs, et même les grands joueurs ont eu un coup de mou. Donc je savais que ça arriverait. Je continuais à travailler justement pour essayer de l'éviter. Et il est arrivé! Sur le moment cela a été dur, car c'était la première fois, mais avec le recul ça a renforcé mon mental et a fait énormément progresser mon jeu. Cela a été un peu long, mais finalement bénéfique car maintenant je me connais un peu mieux."

AFP