Matthew Clarkin et les joueurs de l'Union Bordeaux-Bègles
Matthew Clarkin et les joueurs de l'Union Bordeaux-Bègles | NICOLAS TUCAT / AFP

Bordeaux-Bègles va rester à Chaban

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En jugeant le Stade Chaban-Delmas propice au développement de Bordeaux-Bègles, le maire de Bordeaux Alain Juppé a inscrit l'avenir du club de rugby à l'agenda des élections municipales, au grand dam de son homologue de Bègles Noël Mamère. "Les promesses n'engagent que ceux qui y croient" mais quand on est passionné de rugby en Gironde, que ce sport supplante depuis deux ans le football en terme d'affluence, l'annonce faite il y a dix jours par l'ancien Premier ministre (1995-1997) a autant surpris que soulagé.

D'abord réticent à l'idée coûteuse de pérenniser la vie du vieux stade  Chaban-Delmas (33.000 places), inauguré en 1938, alors que le Grand stade  (43.000 places) doit être livré dans le quartier du Lac en avril 2015, Alain  Juppé a changé son fusil d'épaule, à portée du premier tour des municipales. Interrogé par France Bleu Gironde, il a expliqué "se rendre compte qu'il  serait sans doute possible de conserver à Lescure, appelons ce site ainsi, un  stade de 15 à 20.000 places en réaménageant le reste du site pour l'ouvrir sur  le quartier".

Manoeuvre électorale?

"L'UBB pourrait jouer en alternance les matchs +classiques+ sur ce Chaban  rénové et les grands matchs au Grand stade parce que ça lui apportera beaucoup  de recettes de billetterie", a-t-il poursuivi. Du coup, il a coupé l'herbe sous le pied de son challenger socialiste,  Vincent Feltesse, président actuel de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB),  partisan depuis longtemps de l'installation des joueurs de l'UBB à "Chaban". Vincent Feltesse n'avait d'ailleurs pas hésité à mouiller le maillot le 1er  mars lors de la venue de Clermont (31.300 spectateurs), en organisant une  distribution de tracts aux entrées du stade. 

Il a aussi fait sortir de ses gonds Noël Mamère (ex-EELV), candidat à sa  propre succession à Bègles où il rêve d'une enceinte moderne de 18.000 places à  la place du vétuste stade André-Moga (9.200 places dont beaucoup debout), qui a  accueilli 5 matches de Top 14 cette saison et où s'entraîne quotidiennement  l'UBB, sans en avoir le financement évalué à 30 millions d'euros. "Toutes ces hypothèses sont fumeuses et je demande qu'on arrête  d'hystériser le débat du rugby pour des raisons électorales", a ainsi déclaré  Noël Mamère à Sud Ouest juste après cette annonce. 

Crise de croissance

Au milieu de tout cela, l'UBB (9e du Top 14) peut respirer, elle qui s'est  approprié Chaban avec huit délocalisations et remplit allégrement ce stade  depuis son apparition dans l'élite en 2011 (2e affluence du Top 14 à domicile).  Elle qui répète sans cesse, par la voix de son président Laurent Marti, que  "sans Chaban, économiquement, on est mort". Car au-delà de la bataille de clochers via stades interposés, c'est bien  l'existence de l'Union qui est en jeu, et le fait que son avenir soit abordé  dans cette campagne électorale prouve bien son essor et la place qu'elle a  prise dans la vie de la métropole. 

Avec un budget (13 millions d'euros, 14,5  annoncés la saison prochaine)  plutôt moyen dans le concert du Top 14, et même si des projets novateurs (UBB  Grands Crus de vin de Bordeaux) fleurissent pour conquérir de nouveaux  partenaires freinés par la Loi Evin sur la publicité pour des produits  alcoolisés, l'UBB ne peut s'offrir une crise de croissance liée à ses lieux de  jeu alors qu'une qualification pour les barrages pourrait égayer sa fin de  saison. "Souhaitons qu'un compromis soit trouvé entre les décideurs politiques qui  composent le paysage local afin de faire de Chaban-Delmas un stade d'au moins  20.000 places équipé de loges et d'une salle de réception pouvant accueillir  nos nombreux partenaires, et du stade André-Moga un centre d'entraînement et de  formation digne des plus grands clubs", a ajouté Laurent Marti, en partie  rassuré.

AFP