Metuisela Talebula, Bordeaux-Bègles
L'ailier bordelo-béglais Metuisela Talebula | NICOLAS TUCAT / AFP

Bordeaux-Bègles coule Toulouse

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L'Union Bordeaux-Bègles a créé la première sensation de ce Top 14 en s'offrant le scalp du Stade Toulousain à Chaban-Delmas lors de la 1ère journée (31-25). Autre favori du Championnat, le Racing-Metro a eu du mal face au promu briviste mais est finalement sorti vainqueur (19-14). Le Stade Français n'a pas perdu ses mauvaises habitudes à l'extérieur et s'incline à Grenoble (19-16) alors que Bayonne a démarré fort en prenant le bonus offensif contre Oyonnax (39-11). Dans un match âpre, Perpignan s'est offert Castres, le champion en titre (26-23).

Première journée et première surprise majeure en Top 14. Clermont et Toulon bousculés mais auteurs de bons résultats, l'autre grand favori du Championnat, Toulouse, est lui tombé. En déplacement à Bordeaux-Bègles, les hommes de Guy Novès ont laissé filer un succès qui semblait leur tendre les bras lorsqu'ils menaient 9-0 après 20 minutes de jeu. C'était sans compter sur des Bordelo-Béglais remontés. Suite à une grosse faute au sol, le demi de mêlée international Jean-Marc Doussain écope d'un carton jaune. Le tournant du match. L'ancien Castrais Pierre Bernard enquille deux pénalités (6-9, 28e) avant que Talebula n’ouvre son compteur essai sur une course de 60 mètres après un ballon égaré par les Rouge et Noir (13-9, 32e). Les deux formations se lancent alors dans un chassé-croisé. Bernard poursuit sa moisson au pied mais les locaux perdent la tête sur un essai de la nouvelle recrue toulousaine Hosea Gear, servi au pied par Fritz (22-25, 65e), puis la reprenne grâce à la botte bénie du remplaçant de Camille Lopez en Gironde (28-25, 74e). A la dernière minute, le buteur de l'UBB enfonce le clou et entérine la victoire des siens (31-25). Un exploit majuscule qui lance idéalement la saison des protégés de Vincent Etcheto. "Je pense qu'après cette première rencontre, on  tient une équipe", a reconnu Raphaël Ibañez, le manger girondin.

Wisniewski décisif

Cador annoncé du Championnat, le Racing-Metro a également souffert mais est finalement sorti vainqueur de son duel avec un promu briviste loin de se présenter en victime expiatoire dans l'élite du rugby français. A l’image de leur nouvel ouvreur Jonathan Sexton, les Ciel et Blanc ont montré deux visages au stade Marcel-Deflandre, dans une rencontre délocalisée à La Rochelle. Le premier séduisant lorsque l’Irlandais envoie une superbe diagonale en forme de caviar pour Lapeyre (7-0, 11e), un plus inquiétant quand Bakaniveca est allé a dam après que Mignardi ait percé (7-5, 14e).

Jonathan Sexton, la nouvelle recrue de poids du Racing-Métro
Jonathan Sexton, la nouvelle recrue de poids du Racing-Métro

Bousculés, les visiteurs n'ont pu profiter de l'adresse d'un Sexton ayant manqué trois pénalités. A l'inverse, l'ancien arrière Racingman Gaetan Germain prêté à Brive cette saison, a démontré sa dextérité dans l'exercice des tirs au but pour laisser sa nouvelle formation dans le coup. Labit et Travers décident de sortir leur stratège irlandais pour faire entrer Wisniewski. Un choix payant. L'ouvreur français ne tremble pas pour redonner de l’air à ses coéquipiers puis leur permettre de se mettre à l'abri  (19-11, 72e). Un dénouement cruel pour des Corréziens alors privés de bonus défensif. D'un drop, Ferreres corrigeait cette anomalie (19-14). Brive sera un adversaire coriace, le Racing-Metro, un solide favori.

Le Stade Français voyage toujours mal

Un statut dont le Stade Français jouit cette saison. Pour espérer le justifier, les Parisiens devront se montrer plus solides à l'extérieur que lors de ces deux dernières années où il n'a gagné que 3 fois loin de la capitale. Leur départ canon laisse penser qu'ils ont changé. Très adroit au pied (5/6 dans les tirs au but), Julien Dupuy offre un premier avantage aux visiteurs (0-6, 16e) et leur permet de faire la course en tête jusqu'en début de seconde période à Lesdiguières malgré le réveil grenoblois. A la 46e minute, le pack isérois profite d'une pénaltouche pour enfoncer son homologue et envoyer Hegarty en terre promise (16-9). Preuve que les protégés de Gonzalo Quesada ont changé, ils se remobilisent au lieu de courber l’échine. Sur un ballon vite éjecté derrière une mêlée, les Parisiens décalent Arias le long de la touche. L’ailier lâche les chevaux pour franchir la ligne d’en-but (16-16, 57e). De 50 mètres en coin, Courrent remet un coup sur les têtes stadistes (19-16). Porical a la pénalité de l'égalisation mais la manque. En nets progrès, le Stade Français doit désormais gagner loin de son nouveau Jean-Bouin.

Bayonne est candidat

Une nécessité pour les Parisiens s'ils veulent voir le printemps, d'autant que ses concurrents pour les 6 premières places sont en forme. Huitième l'an passé, l'Aviron Bayonnais est reparti sur des bases identiques, en écrasant le pauvre promu Oyonnax. Avec sa charnière new look Belie-Brett et son nouveau tireur d'élite Bustos Moyano, Bayonne a fait feu de tout bois pour décrocher le bonus offensif à une minute de la fin du temps règlementaire. Le buteur argentin se montre parfait pour creuser l'écart en faveur des Basques en 1ère période. Sans compter l'essai de Rokocoko sur un service de... Bustos Moyano suite à une percée de Spedding (13e), qui lance idéalement les locaux. Seul l'essai d'Oyonnax au retour des vestiaires par l'intermédiaire de Coux a relancé le suspense (22-11). Un sursaut d’orgueil sans lendemain. Dans le sillage de leur préparation parfaite (3 victoires en 3 matches), les Basques reprennent le manche. Compère de Rokocoko au centre, Lovobalavu déchire le rideau défensif des visiteurs puis élimine Urdapilleta et file à l’essai (29-11, 53e). Le carton jaune du pilier Tichit n’arrange pas les affaires du promu (58e). En fin de match, les champions de France de Pro D2 craquent littéralement, laissant Fonua et Rouet pointer derrière la ligne d'en-but. Bayonne peut avoir des ambitions. Oyonnax doit se remettre à l'endroit.

Perpignan, au nom de Lopez

Camille Lopez n'est pas prêt d'oublier son premier match sous les couleurs Sang et Or. Dans un stade Aimé-Giral en fusion, Perpignan s'est payé le champion de France en titre grâce à un essai de son nouvel ouvreur en fin de rencontre. Tout a pourtant mal débuté pour les Catalans, menés 10-0 après 10 minutes de jeu. Garvey passe la ligne d'en-but pour les Castrais et Kockott est parfait pour prendre les points au pied. Secoués, les locaux se sont remis dans le match grâce à un Lopez inspiré. L'ancien de l'UBB passe drop puis téléguide un coup de pied dans les bras de Guitoune qui file en terre promise (13-10, 27e). Ce retour doit autant au génie de l'international français qu'au carton jaune reçu par l'arrière tarnais Romain Martial. Solide au but, James Hook permet aux siens de creuser l'écart (19-13, 51e).

Camille Lopez a fait mouche pour son premier match sous le maillot de Perpignan en Top 14
Camille Lopez a fait mouche pour son premier match sous le maillot de Perpignan en Top 14

Alors que l'USAP semble se diriger vers la victoire, le CO sort du bois. L'essai de Faasalele relance les débats et laisse même croire à une victoire des visiteurs, d'autant que Duvenage sort 10 minutes pour un en-avant volontaire. Le public perpignanais s'enflamme et pousse les siens à ne pas lâcher le morceau. Les avants locaux concassent le pack champion de France. Sur une mêlée à 5 mètres, le ballon est éjecté vers Lopez. D'un crochet intérieur, le Souletin prend la défense castraise à revers pour plonger entre les perches (77e). 26-23, l'USAP a eu les nerfs solides et a des arguments à faire valoir. Tout comme Castres, qui ne semble pas rassasié par son Bouclier de Brennus...

Jerome Carrere