Biarritz Stade Français Harinordoquy charge 09 2010
Le Biarrot Harinordoquy à la charge face aux Parisiens | AFP - Pierre Andrieu

Biarritz entrevoit l'éclaircie, Toulon s'enlise

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Après trois revers de suite, le Biarritz Olympique s'est redressé aux dépens du Stade Français (19-11) en clôture de la 5e journée. Un peu avant, Montpellier a vu sa série s'arrêter chez des Clermontois incisifs (27-10). Bayonne, vainqueur à Bourgoin 28-23, prend la tête du Top 14 devant Toulouse qui a maté La Rochelle (50-3). Castres a dominé le Racing 31-25. Perpignan (23-23 à Agen) ne décolle pas. Réduit à 14 dès la 5e minute, Toulon est tombé à Brive (27-9).

Le match: Biarritz - Stade-Français

Les trois revers consécutifs avaient condamné le Biarritz Olympique à l'exploit. La venue d'un Stade Français, plutôt flamboyant depuis le début de la saison, n'était pas idéal pour trouver enfin la bonne carburation. Avant de recevoir Toulouse, la victoire était obligatoire. Beaucoup de dynamisme, beaucoup d'envie, les deux adversaires se sont montrés à la hauteur des chocs passés, souvent synonymes de titre. Pour la première fois de la saison, la meilleure attaque du Top 14 est restée en-deça des 15 points inscrits. Souvent dominateurs, les Basques ont fait la différence grâce à leur demi de mêlée Yachvili, parti d'abord au ras pour le premier essai du match (Carizza, 43e) avant de passer un drop des 47m en coin (68e) avec l'appui du vent, juste après la réduction du score par Bastareaud (67e), qui aplatissait sur la ligne. Dans ce traditionnel choc du championnat de France, il y avait de doubles retrouvailles. D'abord, celle du demi de mêlée Dupuy, de retour au Pays basque. Cela s'est mal fini, puisqu'il a dû abandonner ses partenaires du Stade Français à la 32e minute, touché à la cheville après avoir plaqué son vis-à-vis. Le deuxième, c'est celui de Marconnet, pour la première fois contre Paris après y avoir passé 13 ans. Ce n'est qu'à la 55e minute que le pilier international est entré sur le stade Aguilera, participant donc au succès salvateur des Biarrots (19-11), qui ne laissent pas le bonus défensif à l'équipe de Michael Cheika. Quelques heures après avoir annoncé que le choc avec les Toulousains n'aurait pas lieu au stade Anoeta  de San Sebastian (mini-crise oblige), le BO évite une crise plus profonde.

La chute du jour: Montpellier

Fin de série pour Montpellier. Le duel attendu entre Clermont et Montpellier a tenu en haleine les supporters du stade Marcel-Michelin. Les Champions de France auvergnats ont pris le meilleur sur les Languedociens (27-10) à l'issue d'une rencontre disputée, avec de beaux mouvements des deux côtés, deux équipes joueuses, du talent à revendre: rien ne manquait à ce duel qui a vu les Languedociens courber l'échine après trois victoires consécutives. Mais les jeunes pousses de Fabien Galthié ont prouvé qu'ils pouvaient rivaliser avec les meilleurs: n'ont-ils pas battu consécutivement le Racing Perpignan et Toulouse avant ce choc à Clermont ?

Le carton: Toulouse

Les attaquants toulousains régalent. Le Stade Toulousain, qui a nettement dominé le Stade Rochelais (50-3), reste au contact des ténors de ce début de saison. Les partenaires de Jean Bouilhou menaient déjà 29-3 à la pause grâce à quatre essais inscrits dont l'un dès la première minute. Malgré quelques louables intentions, les Maritimes manquaient de percussion pour déborder une solide défense locale tandis que les Toulousains se régalaient des scories adverses. Le bonus engrangé et les nombreux essais (7) marqués augurent en tous cas de belles promesses pour les hommes de Guy Novès qui se déplaceront à Aguilera pour affronter le BO samedi prochain.

Le retour: Benjamin Boyet

Boyet se ressource chez lui. Après 13 saisons en Isère, l'ouvreur international (5 sélections) a quitté Bourgoin à l'intersaison pour Bayonne. Il effectuait aujourd'hui son retour à Pierre-Rajon avec l'Aviron. Avec 13 points, il a grandement participé au succès des Ciel et Blanc face à ses anciens partenaires. La botte de "Benji" permet en tous cas aux Basques de s'emparer provisoirement de la tête du Top 14.

La perf du jour: Agen

Menés 20-0 chez eux à la pause, les Agenais ont trouvé les moyens de revenir au score en seconde période et même de dépasser Perpignan (23-20) en inscrivant trois essais. Mais dans ce match incroyable qui aurait pu leur valoir 5 points (ils n'échouent qu'à un petit essai du bonus offensif), les hommes du duo Lanta-Deylaud ont malheureusement concédé une ultime pénalité de Porical à 10 minutes de la fin. Ils doivent se contenter de deux points mais peuvent s'appuyer sur ce beau retournement de situation pour espérer se maintenir.

Le buteur: Teulet

Romain Teulet engrange. Le buteur de poche du Castres Olympique a passé dans la semaine la barre des 2000 points inscrits sous son club. A ces 2018, l'ancien joueur de Périgueux en a ajouté 26 ce dimanche face au Racing-Métro, portant son score à 2044. La transformation de l'essai de Baï plus huit pénalités marquées ont permis à "Robocop", son surnom dû à son style un peu "automate", de concrétiser le bon travail d'un pack tarnais qui a su rivaliser avec la référence parisienne. Teulet, petit par la taille, grand par le talent.

L'expulsion: Kefu

Entre Brive et Toulon, l'affrontement promettait d'être tendu. Alternant victoire flamboyante et défaites pénalisantes, les deux équipes étaient dans l'obligation de livrer une grosse prestation. Le carton rouge infligé dès la 5e minute au centre Kefu, pour une cravate sur l'arrière Palisson, était peut-être symptomatique de cette tension. Avec un joueur de moins pour tout le reste du match, le défi des Varois devenait presque impossible à relever. Trop d'espaces, moins de moral, Philippe Saint-André ne pensait pas que le rouge du maillot de ses joueurs serait un mauvais présage pour son équipe. Après une mi-temps stable, ils coulaient petit à petit, l'essai de Vosloo (46e) marquait le début de la fin. Les Brivistes, dominateurs, inscrivaient deux autres essais pour s'emparer du bonus offensif (pour la première fois de la saison) et ne rien laisser à des Toulonnais qui perdent beaucoup dans cette défaite à 14.

La phrase: "Il a trahi le club" (Christian Lanta)

Revenu à Agen cette semaine, le Fidjien Caucaunibuca n'en est pas à son coup d'essai en matière de retard. Et ce n'est plus du tout du goût de l'un des entraîneurs du SUA qui, malgré le nul décroché à domicile contre le vice-champion de France perpignanais (23-23), n'a pas mâché ses mots à l'encontre de l'ancien meilleur marqueur du championnat de France: "Pour ce qui est de l'affaire Caucaunibuca, on en reparlera lundi. Mais pour moi, "Rups" n'a plus sa place à Agen. Il a trahi le club."