Wilkinson (Toulon) veille au grain face à Damien Traille
Wilkinson (Toulon) veille au grain face à Damien Traille | AFP - Jean-Pierre Muller

Biarritz en rade devant Toulon

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Toulon a bien digéré son premier revers de la semaine passée, en livrant un match plein et abouti samedi à Biarritz, lors de la 8e journée, avec à la clé une victoire conséquente (36-9) et le bonus offensif qui lui permettent de reprendre la 1re place du classement général, après la défaite vendredi de Clermont à Castres. Le Stade Toulousain gagne sur le fil à Bordeaux (32-34). Montpellier et le promu Grenoble se replacent.

Le RCT réaliste 

Après avoir perdu le derby basque contre Bayonne, les joueurs biarrots s'étaient vu reprocher leur frilosité. Cette fois-ci, ils ont essayé de jouer, mais visiblement hormis le talent et la vitesse de N'Gwenya, toujours entreprenant, leur ossature n'est pas adapté à l'offensive et les hommes n'y sont pas très performants dans un fond de jeu surtout basé sur la récupération. Ainsi, en se lançant à l'abordage, les joueurs du BO se sont fait prendre à leur propre jeu, par un RCT en pleine bourre, qui s'est contenté  de placer quelques contres pour empocher une large victoire qui lui permet de repartir sur une dynamique positive. 

Avec une grosse puissance en mêlée, une organisation défensive maîtrisée, et trois essais parfaitement lancés et construits, sur des ballons de récupération, inscrits par Stefan Armitage, Martin et Giteau, les Toulonnais ont donné aux Basques une véritable leçon de réalisme, en sachant également mettre la pression et profiter des fautes adverses; ce qui leur a permis de s'appuyer sur leur buteur maison Jonny Wilkinson, qui ne s'est pas privé de corser l'addition avec 21 points à son actif. Une semaine après avoir été balayé à Toulouse sans une partie de ses cadres, le RCT a su trouver des ressources pour se relancer. Même en infériorité numérique (cartons jaunes à Giteau puis Shaw), même quand leur premier rideau était transpercé, les Toulonnais ont montré des capacités défensives hors normes pour préserver leur ligne d'essai. Et ils ont su tactiquement prendre l'ascendant, en mettant à profit leurs occasions.

A l'inverse, le BO qui avait commencé sa saison par quatre succès, enchaîne désormais un quatrième revers consécutif, de mauvais augure avant de se déplacer à Londres chez les Harlequins. Il peut aussi  regretter le manque de  réussite de son buteur Matt Berquist qui a manqué ses débuts avec Biarritz.  

Grenoble dans le sillage des favoris

Montpellier s'installe dans le quatuor de tête après sa victoire sur le terrain d'une décevant équipe du Racing-Métro (16-12) juste devant Grenoble, qui a su encore une fois faire preuve d'engagement et de détermination pour venir à bout de Perpignan (28-23) et conserver son invincibilité à domicile. Face à une équipe de Perpignan accrocheuse, ce fut une rencontre intense entre Valentin Courrent, le buteur isérois auteur de 23 points, et James Hook côté USAP, qui a marqué tous les points de son équipe.

Bonus défensif et premier point en championnat pour Mont-de-Marsan, battu de justesse à domicile (28-30) par le Stade Français qui a certes stoppé sa série noire de 11 défaites à l'extérieur, mais qui connaît décidément une période bien laborieuse. Les Parisiens s'en sont surtout sortis, au terme d'un chassé-croisé haletant, grâce à la botte de Jérôme Porical (24 pts).  
Sur la lancée de son succès plus que symbolique dans le derby basque, et grâce là aussi à un buteur en réussite, Benjamin Boyet (32 pts !), Bayonne a signé un succès important devant Agen (37-16) , et prend un peu de distance avec le premier relégable Bordeaux-Bègles qui s'est incliné dans la soirée face au Stade Toulousain (32-34)

Toulouse s'en sort vraiment bien 

Le Stade Toulousain a vraiment souffert et a bien cru concéder sa 3e défaite sur la pelouse bordelais, face à des joueurs de l'UBB qui n'ont vraiment été vraiment récompensés de leur engagement et de leur générosité. Les Girondins ont pourtant mis la main sur la rencontre et pris plusieurs fois en défaut la défense toulousaine. Ils menaient de 19 points (29-10) à vingt minutes de la fin du match. C'est à ce moment là que la machine toulousaine, jusqu'alors plutôt grippée, a retrouvé son jeu en mettant davantage d'animation offensive. Le coaching a fait le reste. Revenus à 32-27, les Toulousains ont campé pendant quatre minuts sur la ligne des 5 m bordelaise, alors que la sirène avait déjà retenti. Les Bordelais se mettaient à la Toulousains, héritant d'une pénalité choisissait la confrontation. Jusqu'à la 8e mêlée écroulée ou enfin l'arbitre roumain accordait aux Toulousains un essai de pénalité qui leur permettait de s'imposer alors que peut-être eux-même n'y croyaient plus. Au grand de dam qui ont longtemps cru avoir fait le plus difficile.      

Déclarations

Pierre Mignoni (entraîneur de Toulon): "Quand on se décide à jouer tous ensemble, cela donne ce genre de match. On est alors capable de bonnes choses. Aujourd'hui, on a bien géré les temps forts et les temps faibles, et dans l'ensemble, on a été bien discipliné. Marquer deux essais en contre c'est bien, mais c'est la prestation du groupe qu'il faut saluer. Il y a eu plus d'envie chez les joueurs, qui sont capables de faire des choses intéressantes à condition de les faire ensemble". 

Jack Isaac (entraîneur de Biarritz): "Ces deux dernières semaines, je ne dis pas que c'est la faute aux buteurs, mais on a singulièrement manqué de réussite. On a eu de la réussite en début de saison, mais pas là. Si on avait réussi contre Bayonne, on aurait pu avoir une semaine plus calme. Du coup, on s'est mis un peu de pression et en plus aujourd'hui, on est tombé sur une équipe très forte qui nous a dominés dans tous les secteurs. Maintenant, il y a la Coupe d'Europe, une nouvelle compétition dans laquelle il nous arrive de réussir alors qu'on est en difficulté en Championnat. Il faut espérer qu'on soit capable de se mobiliser. Les Harlequins, c'est un morceau sûrement aussi fort que Toulon. Avec le piment de la Coupe d'Europe, je crois que les joueurs peuvent relever le niveau". 

Fabrice Landreau (manager de Grenoble): "C'est le scénario que l'on avait prévu avec une équipe de Perpignan qui envoie beaucoup de jeu. Et cela a basculé en notre faveur. On l'a emporté avec les tripes devant près de 11.000 spectateurs. C'était très important pour nous de dépasser la barre symbolique des 20 points. On voit que les équipes comme Perpignan nous sont supérieures lorsqu'elles accélèrent mais on joue avec nos qualités et nos valeurs et ce soir nous sommes très heureux."