Biarritz Olympique, BO, Waenga
Le demi d'ouverture biarrot Dan Waenga esseulé | GAIZKA IROZ / AFP

Biarritz coule, Oyonnax plane

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Défait pour la quatrième fois de la saison, le Biarritz Olympique est lanterne rouge à l’issue de la 5e journée de Top 14. Pendant que la maison basque prend feu, le promu Oyonnax poursuit son sans-faute à domicile et continue d’étonner. Hormis Toulouse, les gros bras ont déjà pris place dans les hautes sphères du Championnat.

Toutes les équipes de Top 14 craignaient l’enchaînement de trois matches en une semaine. Pour le Biarritz Olympique, il a été fatal. Au sortir d’une belle victoire à Aguiléra contre Clermont, les hommes de Didier Faugeron ont pris une fessée pour inaugurer Jean Bouin puis sont tombés à Oyonnax avant de céder pour la deuxième fois de la saison dans leur antre devant Toulon. Résultat, un point en trois matches pour le club basque. Un bilan famélique qui pousse les Rouge et Blanc à la dernière place du classement. « L'absence de bonus est une frustration. C'est le minimum qui aurait dû récompenser les joueurs », se lamentait l’entraîneur biarrot à l’issue de la rencontre face au RCT. Battus de onze points (24-13), les champions de France 2006 n’ont pas réussi à conserver un point de bonus défensif qui leur tendait les mains. Le génie de Giteau autant que leur naïveté défensive les privent d’une unité cruciale dans la course au maintien.

Biarritz est à la traîne

Seule équipe vaincue à domicile lors de cette 5e journée, le BO a déjà trois points de retard sur Brive, l’autre relégable, et quatre sur son voisin bayonnais, 12e. « Je ne cherche pas d'excuse mais je dis quoi à mes joueurs ? Qu'ils ont tout donné, que pour certains ils ont triplé les matches, que je suis fier d'eux, qu'ils se sont fait plaisir et qu'ils nous ont fait plaisir sur certaines séquences de jeu », déclarait un Faugeron désabusé après la rencontre. En plus d’un groupe limité en quantité et en qualité, le staff biarrot doit composer avec neuf blessures, dont celles de joueurs majeurs comme Harinordoquy, Gimenez, Lesgourgues ou Magnus Lund. Traille et Ngwenya ont joué l’intégralité des trois rencontres de la semaine, signe du manque de profondeur de l’effectif. « On ne joue pas dans la même catégorie. Ce championnat, on l’avait dit, serait scindé en deux entre les gros et ceux qui vont lutter pour le maintien », reconnaissait le capitaine Damien Traille. En s’inclinant à Oyonnax avec le bonus défensif, Biarritz n’a pas commencé « son » championnat de la meilleure des manières. Et un déplacement périlleux l’attend à Toulouse en fin de semaine.

Oyo imprenable à domicile

Si le BO tente de se rassurer en invoquant un calendrier difficile, les Oyonnaxiens ne s’encombre pas de ce genre de considérations. Tombeur des Biarrots à Charles-Mathon lors de la 4e journée, « Oyo » est resté invaincu sur ses terres. Après Clermont et les Basques, Castres est venu se casser les dents sur le promu. Citadelle imprenable à l’étage inférieur, le stade du champion de France de Pro D2 reste inviolé en Top 14. « S’il était difficile de venir gagner ici en Pro D2, il sera tout aussi difficile de le faire désormais », prévient le centre Pierre Aguillon. Des performances d’autant plus admirables que le vice-champion d’Europe et le champion de France en titre sont repartis de l’Ain les poches vides… « Oyonnax est une vraie équipe de Top 14 et elle l’a montré », a déclaré, admiratif, le manager du CO Mathias Rolland. Avec 12 unités, les protégés de Christophe Urios pointent au 7e rang, juste derrière les gros bras de l’élite. « Ce groupe a des valeurs et il a envie de rester en Top 14 », confirme l’arrière Florian Denos. Avec trois points d’avance sur Brive et six sur Biarritz, l’affaire est bien engagée.

A l'exception de Toulouse, humilié à Montpellier (25-0), les grosses équipes du Championnat ont pris les devants. Toulon s'est emparé de la tête devant le MHR et Clermont. Malgré un début de saison en demi-teinte, Castres est bien placé dans le Top 6, juste derrière le Stade Français, qui justifie les espoirs placés en lui. Septième, le Racing-Metro est en chasse. Le Top 14 retrouve un semblant d'ordre.   

Jerome Carrere