Racing La Rochelle
Les chocs avaient déjà été sévères en mars dernier entre le Racing et La Rochelle | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Barrages : La Rochelle-Racing, le choc émotionnel

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Le Racing 92 accueille La Rochelle vendredi à Colombes, dans un match au fort parfum nostalgique : délocalisée à Colombes, cette rencontre sera peut-être la dernière pour la tête bicéphale du club francilien, Labit-Travers, qui se séparera à l'issue de la saison, pour Dimitri Szarzewski, blessé et qui a annoncé la fin de sa carrière et enfin pour Xavier Garbajosa, l'entraîneur des arrières rochelais, en partance pour Montpellier. Le vainqueur de ce barrage affrontera en demi-finale du Top 14 le Stade Toulousain le 8 juin.

Si un barrage pour accéder à une place de demi-finaliste du Top 14 laisse généralement peu de place aux sentiments, ce match entre Martimes et Franciliens sera fatalement chargé en émotions, surtout pour les bancs occupés par Laurent Labit, Laurent Travers et Xavier Garbajosa.  Les trois techniciens ont épousé la progression de leur équipe ces dernières années. Depuis leur arrivée en 2013, Laurent Labit, qui rejoindra l'encadrement du XV de France le 1er juillet, et Laurent Travers, ont ainsi apporté aux Franciliens leur premier titre (Bouclier de Brennus 2016) depuis le rachat par Jacky Lorenzetti au milieu des années 2000.

"Garba" a, lui, débarqué un an plus tard à La Rochelle, tout juste promu dans l'élite. Avant de le mener, sous les ordres de Patrice Collazo puis de Jono Gibbes (depuis novembre), à sa deuxième phase finale (demi-finales en 2017). Il prendra cet été les rênes de Montpellier, après s'être vu calife à la place du calife, jusqu'à l'arrivée de Gibbes. "Des joueurs, des entraîneurs s'en vont et arrivent, ça fait partie de la vie d'un sportif ou d'un entraîneur. Si ces choses te perturbent, c'est que tu es naïf" a commenté Marc Andreu.

La participation de La Rochelle à ce barrage tient du miracle ou presque. Les Maritimes ont réussi à arracher la qualification en dernière position lors de l'ultime journée, après avoir connu un terrible passage à vide entre fin février et début avril (5 défaites de suite). C'est dire si Grégory Alldritt et ses coéquipiers sont animés par l'esprit conquérant de ceux qui ont vu le gouffre de près. Même s'ils devront une nouvelle fois se passer de leur troisième ligne Victor Vito, blessé depuis le 20 avril. 

Le Racing 92, quant à lui, sera orphelin de Dimitri Szarzewski. Le talonneur international, dont le corps "dit stop" après de nombreuses blessures, a annoncé mercredi mettre fin à sa longue carrière, sans espoir de disputer un dernier match de phase finale avec son club. "Toutes ces années, je n'ai pas été épargné par les blessures mais là, le corps me dit stop. Le rugby, ça fait mal. Mais avec cette accumulation de blessures, c'est avec un peu de précipitation que je dois mettre un terme à ma carrière sportive", a déclaré l'ancien joueur de Béziers (2002-2005) et du Stade Français (2005-2012).
 

Le Racing, qui est, lui, un habitué de la phase finale (10e participation en 10 ans depuis sa remontée), n'a pas eu davantage de marge au cours d'une saison en dents de scie. Où il a eu du mal à se remettre de l'élimination à domicile fin mars contre Toulouse en quarts de finale de Coupe d'Europe (21-22), son objectif prioritaire. "On l'a tellement répété que quand on a pris cette claque contre Toulouse, on a eu l'impression, pour en avoir discuté avec certains joueurs, que la saison était terminée. Comme si on avait gagné déjà dix fois le Brennus !" explique à l'AFP Labit.

L'autre explication à cette saison chaotique est à chercher du côté de l'effectif, qui a perdu en maturité collective avec les blessures et suspension de plusieurs joueurs majeurs (Machenaud, Dulin, Le Roux), et le départ d'éléments d'expérience (Carter, Nyanga, Lambie). Le Racing a aussi souvent calé face aux gros bras, puisque les Ciel et Blanc ont perdu à domicile contre Clermont, Lyon, Toulouse (2 fois) et le Stade Français. Mais à l'Arena, réquisitionnée par Mylène Farmer, ce qui l'oblige à retrouver le charme de l'ancien à Colombes...

Les Rochelais, même s'ils n'ont pas l'expérience de leurs adversaires en Ciel et Blanc, sont de plus en plus habitués aux matches couperets: à l'épopée de 2017 ont succédé les parcours européens de 2018 (quarts de finale de Coupe d'Europe) et 2019 (défaite en finale du Challenge européen contre Clermont il y a trois semaines). "Cela fait trois ans qu'on joue le haut de tableau, mais qu'on ne se paie pas forcément. Au fur et à mesure des années on apprend, mais sur la fin il nous manque des petits trucs que d'autres équipes ont" explique le pilier Dany Priso.