L'équipe de rugby de Grenoble

Barrage : Grenoble déjà de retour en Top 14

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Le match était crucial. Dans la confrontation entre le troisième de Pro D2 et l'avant dernier de top 14, ce sont les Isérois qui sont sortis vainqueurs. Oyonnax n'a pas existé. Grenoble s'est imposé 47 à 22 et retrouve le Top 14 seulement un an après avoir quitté l'élite du rugby français. Scènes de liesse à Grenoble où le public est venu communier avec les joueurs sur la pelouse. Oyonnax retourne en Pro D2, seulement un an après avoir quitté le championnat.

Grenoble accompagne Perpignan, déjà promu en tant que champion de ProD2, tandis qu'Oyonnax, promu en 2013, relégué en 2016 et de nouveau promu en 2017, reprend l'ascenseur pour la 4e fois en 5 ans et rejoint Brive, retrogradé en tant que 14e du Top 14.

Clairement, l'USO, avec un début de partie catastrophique, n'a pas été à la hauteur de l'événement, battu dans tous les compartiments du jeu et qui a notamment subi l'engagement bien supérieur des Grenoblois. Ceux-ci, qui ont pris à domicile 60 points sur 75 possibles en championnat régulier cette saison, ont inscrit la bagatelle de sept essais dont quatre en première période et deux dans le premier quart d'heure qui ont donné le ton de la rencontre.

A la mi-temps, le score était déjà de 28-10. La première balle de montée, échappée dimanche dernier en finale de Pro D2 face à Perpignan (13-38), est ainsi oubliée. Comme l'est l'ère Fabrice Landreau-Bernard Jackman, qui s'est achevée par une saison 2016-2017 cauchemardesque sur et en dehors du terrain (départ de Landreau du club en début de saison, mise à l'écart en cours de celle-ci de Jackman, mise en examen de trois joueurs pour viol présumé).

Après cinq ans continus en Top 14, les Isérois sont ainsi repartis de loin l'été passé, avec le plus gros budget de Pro D2 (13,4 M EUR) mais sans plusieurs joueurs-clés (Grice, Mignot, Wisniewski, Roodt). Et avec un nouveau staff, formé de Stéphane Glas (arrières) et Dewald Senekal (avants), chapeauté par le directeur sportif Franck Corrihons, rappelé pour remettre de l'ordre dans la maison comme il y a douze ans, après une relégation en Fédérale 1. 

Corrihons a dû parer au plus pressé en prolongeant les vieux soldats Nigel Hunt, Steven Setephano ou Dayna Edwards, qui n'étaient plus désirés par Jackman, et en recrutant le centre Alaska Taufa et le talonneur Benat Auzqui.

La formation, pilier de la reconstruction

Mais le vrai pilier sur lequel s'est appuyé le FCG pour renaître est sa formation, élue meilleure de France par la Ligue l'an passé. Les Ali Oz (pilier), Etienne Fourcade (talonneur), Mickaël Capelli (deuxième ligne), Lilian Saseras (demi de mêlée) ou Clément Gelin (centre) ont gagné en maturité et ont été rejoints dans le grand bain par Kilian Geraci (deuxième ligne) ou l'arrière Gervais Cordin.

La mayonnaise a d'emblée pris, avant un coup de mou début 2018 enrayé pour accrocher la troisième place de la saison régulière. Puis créer l'exploit en demi-finales à Montauban (22-15), et donc de nouveau samedi. Il en faudra un autre, sur la durée, la saison prochaine pour se maintenir en Top 14, avec un budget qui devrait être porté à quelque 15 millions d'euros.

Le staff poursuivra lui l'aventure, comme l'arrière Lologa Visinia -- qui serait parti à Perpignan en cas de nouvelle saison en Pro D2 -- à l'inverse d'une douzaine de joueurs en fin de contrat (dont Hunt, Taumalolo, Taufa). Au niveau du recrutement, l'effort sera porté sur des piliers afin de faire la maille dans l'élite après avoir souffert en Pro D2. Dont en finale face à l'Usap. Surtout, le président Eric Pilaud disposera d'un levier pour tenter de faire prolonger les pépites du centre de formation en fin de contrat en juin 2019.
 

AFP