Stade français
La joie des joueurs du Stade français | FRANCK FIFE / AFP

Bain de jouvence pour le Stade Français

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A trois jours d'une nouvelle finale de Top 14, le Stade Français a digéré l'euphorie de sa qualification et s'est remis au travail, avant d'affronter Clermont samedi, car il faudra de nouveau enfiler le bleu de chauffe. C'est en tout cas le signe de la renaissance de l'équipe parisienne après plusieurs saisons de galère. Car au-delà de sa capacité à garder les reins solides face à des équipes expérimentées, le Stade Français est l'équipe qui a proposé le plus de jeu durant les phases finales. Comme le jeu est toujours récompensé, il est logique que le Stade Français, qui fait souffler un vent de fraîcheur sur le championnat, puisse croire en son étoile.

Le Stade Français, à court de carburant physique et mental, s'était écroulé l'an passé dans la dernière ligne droite, manquant ainsi la qualification, et il tâtonne à ce niveau, après six  ans d'absence en phase finale. Mais les Parisiens ne cessent d'étaler depuis leur progression dans la gestion des grandes échéances. Après avoir joué à chamboule-tout face au Racing-Métro en barrages, ils ont fait tomber les Toulonnais de leur piédestal. Ils le doivent à une politique de confiance vis a vis des jeunes, à une philosophie qui consiste avant tout à "tenter", et à la persévérance de l'entraîneur Gonzalo Quesada qui a su mettre du liant dans ses lignes et dans ses différentes générations.En amoureux du jeu, il a aussi redonné de la vigueur à l'équipe. 

La réussite d'une alchimie

La force parisienne tient d'abord de l'état d'esprit de son effectif qui a réussi l'amalgame entre des jeunes du crû (Bonfils, Slimani, Danty, Plisson, Flanquart, Bonneval...) et des éléments d'expérience pour les encadrer  (Parisse, Dupuy, Papé, Rabadan...)."Ce groupe commence à prendre de la bouteille", relève ainsi le demi de mêlée Julien Dupuy (31 ans). "On sent que les jeunes sont prêts maintenant, beaucoup sont internationaux et ils ont l'expérience. Du coup, on ne se prend  plus la tête, on n'a pas peur de ces matches-là." Malgré les années difficiles du club, les jeunes ont cru à un possible réveil, et ont pensé qu'ils auraient à y participer. Tous ensemble, ils  se sont relever les manches pour faire le boulot. Pour beaucoup, ils ont fait l'essentiel, et il ne leur manque plus que le bouclier pour concrétiser la métamorphose d'une équipe attachée à son identité de jeu quel que soit l'adversaire.

La force parisienne est aussi plus prosaïque car, derrière la vision rugby du rugby prônée par les joueurs de la capitale, et cette image festive qui leur est attachée, le Stade Français s'appuie aussi sur une conquête de fer qui lui permet effectivement de lancer ses actions dans les meilleures conditions et surtout de créer des déséquilibres sur les extérieurs. Une énorme mêlée fermée, une troisième ligne dynamique qui impressionne par son activité en attaque et sa capacité à ralentir tous les ballons adverses dans les rucks, une envie d'attaquer, et, ajoutons à cela la finesse de la préparation mentale que se plaît à effectuer Gonzalo Quesada, féru de psychologie, et l'on comprend que si les Parisiens ne sont plus qu'à une marche d'aller quérir un 14e titre national, le premier depuis huit ans, ce n'est pas totalement un hasard. Même s'il y a aussi, pour la belle histoire, un bain de jouvence qui a ravivé les couleurs du club et une certaine alchimie, il y a surtout une vraie préparation, une équipe qui s'est construite sur de l'adversité, et qui n'a pas volé sa place en finale. 

Christian Grégoire