La joie des Agenais
La joie des Agenais | PIERRE ANDRIEU / AFP

Agen au révélateur toulonnais

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Tout frais quatrième, Agen se teste mardi à Toulon, cinquième, lors du match en retard de la 10e journée. Prévue initialement le 5 novembre, la rencontre avait du être reportée à cause des intempéries sur le département du Var. Les hommes du duo Lanta-Deylaud restent sur quatre succès consécutifs à domicile, cinq lors de leur sept dernières sorties. A l'opposé, les Toulonnais ont alterné le bon comme le nul à Castres et le moins bon comme le revers à Toulouse.

Agen, solide sur ses bases...

Voilà un sommet inattendu. Si l'équipe varoise façonnée par Philippe Sait-André avant d'être appelé à la tête du XV de France et repris par Bernard Laporte est attendue pour les jouer les premières places, l'équipe agenaise constitue une surprise à ce moment de la saison. Profitant d'un calendrier favorable (quatre matches d'affilée à domicile) mais pas forcément facile, Agen a construit ses victoires sur les mêmes recettes: une solidité sur les bases comme la défense, une réelle efficacité au pied grâce à son ouvreur Conrad Barnard et une bonne maîtrise collective. Les entraîneurs sont les premiers à calmer l'enthousiasme ambiant pour rappeler la réalité économique du terrain.

Cette équipe est dotée de l'avant dernier budget du Top 14 avec 12 millions d'euros, bien loin des 20 millions de Toulon. Sans nom ronflant, le club présidé par Tingaux s'appuie sur des joueurs formés au club comme Dulin, Bales, Lasalle et Monribot, des jeunes talentueux à l'image de Machenaud et une cohorte d'Iliens (Vaka, Fono,  Pelesasa, Fonua, Schwalger).  "Agen a un gros paquet d'avants, très forts au contact. On sait très bien que si l'on n'est pas prêt au combat et si l'on ne se démultiplie pas aux  quatre coins du terrain, on risque de souffrir", souligne le talonneur toulonnais  Sébastien Bruno. L'ensemble est homogène et cohérent mais pourrait être déstabilisé par l'avenir à court terme du duo Lanta-Deylaud, libre en fin de saison et courtisé par Bayonne.

Plus qu'une crise, c'est une querelle de personnes, un problème d'incompatibilité qui gangrène la maison depuis plusieurs semaines. Secret de Polichinelle, le courant n'est jamais vraiment passé entre le président Alain Tingaud et le duo d'entraîneurs emblématiques Christian Lanta et Christophe Deylaud, revenus au chevet du SUA en 2008, alors en Pro D2, après l'avoir mené en finale du Championnat de France en 2002. Pour l'instant, les dirigeants, les joueurs, la ville, les supporters s'activent pour éviter un beau gâchis.

Un sommet inattendu

Pour Toulon, la venue d'Agen constitue également un bon moyen de calibrer ses ambitions, décuplées cette année après l'accession manquée en phase finale la saison dernière. Cinquième à deux points de son adversaire du jour, le RCT qui a déjà grillé un joker à domicile (10-17 face à l'ASM Clermont lors de la 2e journée) n'a plus de marge et doit faire le plein à domicile. Le club varois est menacé par les deux clubs parisiens, Agen et Montpellier dans sa quête de phases finales.

Privée d'une partie de ses forces vives (Henjak, Cibray, Faosiliva, Suta, Van Niekerk, Botha, Fernandez-Lobbe, Shaw, Missoup), les Toulonnais devront retrouver leurs vertus défensives oubliés le temps d'une fessée à Toulouse (12-33) et leur efficacité dans le jeu. Après plusieurs semaines d'intégration, la star Matt Giteau doit apporter un peu plus dans le jeu comme l'ensemble du groupe. "Il faut leur montrer qu'il est quasiment impossible de gagner à Mayol.  Nous avons de l'ambition et voulons être dans les premiers du Championnat. Cela  passe par gagner tous les matches à la maison devant n'importe quelle équipe.  Il faut qu'on soit des patrons et que l'on impose notre jeu", estime Bruno. 

Face à un adversaire direct pour les phases finales, chaque équipe veut faire ses preuves. Si Agen évolue finalement sans pression et en totale confiance, Toulon doit vaincre pour reprendre sa dynamique dernières semaines. "C'est un vrai test grandeur nature pour nous, affirme Christian Lanta, qui  préfère n'évoquer que le sportif. On va à Toulon sans pression pour s'étalonner  face à la meilleure défense du Top 14". A priori, un vrai sommet.  

Mathieu Baratas