Baptiste Serin lors du match test contre l'Argentine, le 19 juin
Baptiste Serin lors du match test contre l'Argentine, le 19 juin | JUAN MABROMATA / AFP

XV de France - Baptiste Serin: "J'essaye de calmer les ardeurs de tout le monde"

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"On peut vite être un espoir mais aussi vite devenir un désespoir", a tempéré le demi de mêlée Baptiste Serin, conscient des attentes autour de lui avec le XV de France depuis une double prestation très remarquée en juin en Argentine pour ses deux premières sélections. "J'essaye de calmer les ardeurs de tout le monde", a insisté le jeune Bordelais (22 ans) mardi à Marcoussis (Essonne), où les internationaux français ont entamé leur préparation pour affronter en novembre les îles Samoa, l'Australie et la Nouvelle-Zélande double championne du monde en titre.

Quelle est l'ambiance à Marcoussis?
Baptiste Serin: "C'est toujours un plaisir de la retrouver. On est tous contents d'être là, de retrouver des automatismes. On peut tous travailler dans la bonne humeur."

Il n'y a rien de négatif vous concernant de toute façon...
B.S. : "Si, il y en a toujours. Il y a des choses qui ne vont pas encore techniquement: des jeux au pied, des passes, des choix de jeu... Il faut faire attention. Tout n'était pas bon (en Argentine)."

Vous avez conscience de cet emballement autour de vous. Comment le vivez-vous?
B.S. : "Oui, et c'est un peu trop d'ailleurs. Après deux matches, cela va un peu vite. Il faut laisser à chaque joueur le temps de prendre ses marques. Quand c'est dans un sens positif, c'est toujours bien, mais quand ce sera un peu négatif, ce sera un peu plus difficile. Je préfère relativiser et me remettre en question tout le temps, je n'ai rien fait encore."

Votre confiance s'est tout de même retrouvée décuplée après l'Argentine...
B.S. : "Forcément, je ne peux pas le cacher. Ce qui s'est passé en Argentine a été plutôt positif pour moi et même pour le groupe (une défaite et une victoire, NDLR). J'en suis sorti grandi et mentalement en confiance. Mais je suis reparti à zéro cette saison en me disant que rien n'était accompli et qu'il fallait que je me remette au travail."

La famille, Heini Adams et Dimitri Yachvili

Vous sentez-vous plus attendu aujourd'hui?
B.S. : "Médiatiquement, ça a changé, j'en suis conscient, c'est pour ça que j'essaye de calmer les ardeurs de tout le monde parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver. On n'est pas à l'abri d'une blessure. On peut vite être un espoir mais aussi vite devenir un désespoir. C'est néfaste ou toxique quand on pense que les journalistes ont toujours raison."

Qui vous aide à garder les pieds sur terre?
B.S. : "Mon entourage. J'ai un domaine familial assez costaud. J'ai des parents qui me remettent dans le droit chemin. Ma copine aussi. C'est pour tout le monde pareil mais moi ça m'aide beaucoup."

Avez-vous été surpris d'être sur la liste Élite après deux sélections seulement?
B.S. : "Oui, ça m'a étonné. Pour moi (la tournée en Argentine), c'était collectivement positif avant de l'être individuellement. L'ambiance a fait qu'il y a eu des bons matches. J'ai senti qu'il y avait une âme de groupe qui s'était créée. Des individualités en sont sorties, mais il n'y en a pas beaucoup qui n'ont pas été très bons. J'étais très content d'être sur la liste Élite, mais je pense avoir encore à prouver pour y rester."

Quels sont les domaines où vous pensez avoir le plus de travail?
B.S. : "La gestion (de match). C'est quelque chose qu'il faut absolument regarder, analyser, travailler. Il faut vite prendre sa décision, vite la réaliser et qu'elle soit la bonne. Je m'aide beaucoup d'Heini Adams en club (ancien demi de mêlée de Bordeaux-Bègles passé dans l'encadrement du club). J'échange avec Dimitri Yachvili (ex-international français, également à ce poste), avec qui je suis un peu en contact. On se rejoint une fois par semaine en général, pour travailler le jeu au pied, les passes... et on échange avant ou après les matches. Il me donne des conseils très précis et très techniques."

AFP

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