Bernard Laporte président de la FFR
Bernard Laporte, président de la FFR | GIUSEPPE CACACE / AFP

Le coup de gueule de Bernard Laporte

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Après la défaite de l'équipe de France samedi dernier face à l'Afrique du Sud (37-14), Bernard Laporte ne cache pas son agacement. Dans les colonnes de L'Equipe datée de ce jeudi, le président de la FFR s'interroge sur les raisons de ce nouveau revers des Bleus et, plus largement, sur la capacité de rugby tricolore à "avoir une grande équipe ou pas". Comme à son habitude, il ne mâche pas ses mots et devrait en faire autant face aux joueurs, samedi prochain, à Durban.

Six mois qu'il a pris la tête de la Fédération française de rugby en remplacement de Pierre Camou. Et six mois qu'il se fait plutôt discret sur les performances de la sélection nationale. Mais voilà, le premier test match des Bleus, samedi dernier, à Pretoria, face aux Springboks, a tourné au fiasco et c'est manifestement la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Résultat, c'est un Bernard Laporte déçu et inquiet pour l'avenir que les journalistes du quotidien sportif L'Equipe ont rencontré. 

Un triste constat

"On n'avait pas fait une bonne première mi-temps, mais quand on est revenus à 16-14, je me suis dit: 'il y a moyen de ...' Et on s'écroule". C'est ainsi que Bernard Laporte résume de manière assez lapidaire la première prestation tricolore en Afrique du Sud. La suite, on la connaît : les Bleus se sont inclinés 14 à 37 après 80 minutes où il y a eu "trop de plaquages manqués, trop d'erreurs, trop de fautes qui font que tu ne peux pas gagner", explique l'ex-sélectionneur. 

"Au bout d'un moment, quand tu vois les matches, tu te dis: 'Ce n'est plus possible, il faut réagir', poursuit Bernard Laporte. (...) Il faut de l'agressivité et être meilleur dans la discipline que ce qu'on a été. Le haut niveau commence par là". C'est sans doute ces mêmes mots que le président de la FFR va utiliser pour remobiliser les troupes, samedi prochain, avant le second match face aux Springboks. 

"Je vais leur dire (...) ce que j'ai ressenti, où on doit aller, confie Bernard Laporte, Je ne leur parlerai pas de technique, le staff est assez compétent pour ça. Je ne vais pas leur parler de touche ou de mêlée. Je vais leur parler de l'essentiel du rugby : si on veut gagner, il faut être performant individuellement. (...) Quand tu portes le maillot de l'équipe de France, tu n'a pas le droit de faillir". 

Des responsabilités individuelles

Cela a le mérite d'être clair. S'il est remonté, Bernard Laporte affirme toutefois "qu'il n'y a pas encore d'urgence". Il renouvelle même sa confiance dans le staff jusqu'à la Coupe du monde 2019 au Japon. Pour lui, le travail à faire concerne les joueurs. Tant au niveau physique que sur l'état d'esprit. "Sincèrement, à certains moments, je ne sens pas qu'il y a des mecs déterminés et passionnés par ce maillot de l'équipe de France, explique-t-il. Et c'est ça qui m'agace". 

Tout au long de l'interview, il ne cible aucun joueur en particulier. "Il faut avoir 23 mecs avec un même état d'esprit de conquérants et de vainqueurs", estime Bernard Laporte. Et d'ajouter : "Entre 2004 et 2007, sur 20 matches du Tournoi, l'équipe de France en a gagné 17. Et pas parce que je l'entraînais, mais le rugby français était meilleur , parce qu'on avait de joueurs meilleurs que les autres". 

Reste maintenant à savoir si ce coup de gueule de "Bernie le Dingue" et le speech qu'il s'apprête à faire suffiront aux Bleux pour prendre conscience de la situation, se remettre en question et se ressaisir individuellement et collectivement. Car, comme s'interroge Bernard Laporte, "veulent-ils être la génération de l'équipe de France qui ne gagne rien ?" Début de réponse, samedi, à Durban. 

Isabelle Trancoën