Mermoz France Argentine
Maxime Mermoz entouré par l'armada des Pumas. | FRANCK FIFE / AFP

La France perd pied contre l'Argentine

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Malgré un fin de match largement à leur avantage, les Bleus se sont inclinés au stade de France face à l'Argentine lors de leur troisième test-match de cette tournée d'automne (13-18). Solides, les "Pumas" ont construit leur succès sur une précision redoutable dans le jeu au pied.

Au pays de Diego Maradona et de Lionel Messi, les rugbymen argentins savent aussi jouer avec leurs pieds. Les Français l'ont appris à leurs dépens. Oubliées les promesses plus qu'entrevues face aux Fidji et à l'Australie, les Bleus sont retombés dans leurs travers en dépit d'une belle réaction d'orgueil en seconde période. La faute à un manque d'inspiration mais surtout à des Pumas incroyablement solides dans tous les fondamentaux. Le XV ciel et blanc fait peu de choses mais il les fait extrêmement bien. Redoutables dans la zone plaqueur-plaqué, puissants en mêlée, intraitables en défense et pas malhabiles ballon en mains, les Argentins ont récité leurs gammes face à des Français qui se sont peut-être vus trop beaux après leur été indien lors de la tournée d'automne.

Sanchez électrique

Avec cinq changements dans la composition du XV au Coq (Mermoz, Vahaamahina, Kayser remplaçant respectivement Dumoulin, Maestri et Guirado, Chiocci connaissant sa première titularisation comme pilier alors que Thomas, sanctionné pour manquement à l'entraînement, cédait sa place à Mermoz), les hommes de Philippe Saint-André ne partaient pourtant pas dans l'inconnu. Mais, face à un adversaire qu'il n'avait plus joué depuis 2012, ils sont été rapidement cueillis à froid par un homme : Nicolas sanchez. L'ouvreur argentin donnait le ton de son récital dès la 2e minute avec une première pénalité avant qu'Imhoff ne se voit refuser un essai grâce au retour express de Spedding (6e). Battue dans l'impact, la France se mettait inexorablement à la faute et offrait des munitions à Sanchez. Ce dernier ne se contentait pas seulement d'enquiller les pénalités (26e), il s'offrait aussi quelques plaisirs en drop (17e, 30e), bien secondé dans cet exercice par un Juan Martin Hernandez à nouveau magique (28e). Les Bleus parvenaient tout juste à ne pas rentrer "fanny" aux vestiaires grâce à une pénalité de Lopez (3-15, 37e). Le signe d'un renouveau ?

Une fin de match cruelle

Ce signe n'était pas très visible à la reprise puisque Sanchez, imperturbable, réussissait un nouveau drop, son 3e de la soirée (3-18, 46e). Et tandis que les premier sifflets s'élevaient d'un Stade de France toujours aussi versatile, les Argentins commençaient à subitement baisser de pied. La formidable débauche d'énergie dont ils avaient fait preuve depuis le début du match avait un prix et les Français, qui n'y croyaient peut-être plus eux-même, s'engouffraient joyeusement dans la brèche. Après un beau mouvement collectif, le chaloupé Huget était repris in extremis mais Fofana était au rebond pour marquer le premier essai du match (10-18, 57e) ! Dans la foulée de ce temps fort, Kockott réduisait encore la distance grâce à un maître coup de pied (13-18, 64e).

L'essai de Fofana en vidéo : 

Pourtant, formidables d'abnégation, les Pumas se recroquevillaient dans leurs 22 mètres mais ne lâchaient pas leur proie. Jusqu'à cette fameuse dernière minute qui risquera de faire jaser dans les chaumières après un rush de Spedding qui s'affalait dans l'en-but argentin mais sans pouvoir se retourner ! Comme un symbole de l'impuissance tricolore et de la pugnacité sud-américaine... 

La dernière action du match en vidéo :  

Julien Lamotte

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