France - Nouvelle-Zélande: Beauden Barrett, le symbole d'une filiation gagnante chez les All Blacks

France - Nouvelle-Zélande: Beauden Barrett, le symbole d'une filiation gagnante chez les All Blacks

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Si l'équipe de Nouvelle-Zélande est la première équipe à décrocher trois Coupes du monde, la première à réaliser un doublé, et à établir des records mondiaux, elle le doit à sa formation. Dans ce pays de moins de 5 millions d'habitants, les talents pululent, même s'ils viennent parfois des iles du Pacifique (Fidji notamment). Le symbole de cette excellence, c'est Beauden Barrett. A 25 ans, il a pris la succession de Dan Carter avec réussite. Un défi de plus relevé par un All Black, et qu'il compte démontrer contre l'équipe de France samedi, au Stade de France.

Il n'a que 25 ans. Il compte déjà 47 sélections sous le maillot à la Fougère argentée. Beauden Barrett a été élu meilleur joueur du monde voici une semaine.

Depuis 2012 et sa première sélection chez les All Blacks, il a progressé, il a appris, dans l'ombre d'un maître: Dan Carter. Comme ce dernier l'avait fait dans l'ombre d'un autre monstre au poste d'ouvreur: Andrew Mehrtens. Les passages de témoin en douceur se succèdent dans l'équipe de Nouvelle-Zélande. C'est aussi cela qui leur permet de se maintenir tout en haut de l'affiche, et d'être l'équipe la plus titrée de la planète. Seule entorse à cette transmission entre générations à ce poste clé de demi d'ouverture: l'après Grant Fox. Cet exceptionnel joueur, qui avait mené l'équipe au sacre à domicile lors de la première Coupe du monde en 1987, a mis fin à sa carrière en 1993. Deux ans avant qu'Andrew Mehrtens ne pose ses valises pour un bail de près de 10 ans, néanmoins jamais couronné par le titre mondial.

Mehrtens-Carter-Beauden, 3 générations de 10 hors norme

Lors de la Coupe du monde 2003, alors que Mehrtens est âgé de 30 ans, Dan Carter, son coéquipier chez les Crusaders, découvre le monde des All Blacks. Il y dispute des rencontres au poste de trois-quarts centre. Un an après, à la retraite de son aîné, il prend les clés de la maison et devient le meilleur buteur de l'Histoire (1598 points en carrière) au bout de ses 112 matches avec le maillot noir. A 33 ans, il met le cap sur le Racing 92, sifflant la fin de sa carrière internationale.

Et pendant les trois années précédentes, Beauden Barrett a grandi dans son ombre. Du talent, il en avait, forcément. Champion du monde junior en 2011 avec les Baby Blacks, le natif de New Plymouth se contente de jouer les remplaçants de luxe, jouant parfois à l'arrière. Sans pression, il fait aussi ses armes chez les Hurricanes, avec lesquels il a remporté le Super Rugby, avec le statut de meilleur joueur de la finale et de meilleur marqueur de la compétition (223 points). 

"Ce n'est pas un produit fini"

Bien que son talent au pied soit très éloigné des standards de Dan Carter, ses exploits ballon en main, sa gestion du jeu et ses jambes, bien plus rapides que celles de son prédécesseur, font de lui le patron des lignes arrières, sitôt la retraite prise par Carter. "On nous a dit que l'on aurait du mal à remplacer l'autre (Carter), mais nous nous sommes toujours dit qu'il fallait couper les grands arbres pour que les petits puissent pousser", a expliqué Steve Hansen, le coach des All Blacks. Avec déjà 263 points inscrits en match international, Beauden Barrett fait tranquillement oublier ses aînés. En prolongeant la série d'invincibilité commencée avant la Coupe du monde 2015, pour la porter à 18 victoires de rang, il a déjà assuré la transition.

Le 14 novembre dernier, la World Rugby l'a placé sur le toit du monde, en lui décernant le titre de meilleur joueur 2016. Prenant la succession de Dan Carter (2015), Brodie Retallick (2014), Kieran Read (2013), Dan Carter (2012), il a frappé un grand coup. Et Steve Hansen a déjà prévenu que le futur devrait être compliqué pour ses adversaires: "Il grandit. Ce n'est pas encore un produit fini."

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze