XV de France
Les joueurs de l'équipe de France | AFP - LIONEL BONAVENTURE

France-Argentine: les clés du match

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Le XV de France devra forcément dominer en mêlée fermée samedi contre l'Argentine, mais aussi mettre l'accent sur la bataille des regroupements, l'une des pierres angulaires du jeu des Pumas qui misent sur des libérations de balles rapides pour développer leur jeu offensif.

Gare au relâchement

Après la victoire contre l'Australie (29-26), le manager des Bleus Philippe  Saint-André a mis en garde contre tout relâchement, syndrome récurrent du XV de  France: "(Un match face aux Pumas), c'est les mêmes critères que contre  l'Afrique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande au niveau de la  possession, de l'activité et de la variation du jeu. (...) On ne peut pas se  relâcher, mettre 10% de moins dans l'investissement, dans le combat, dans  l'enthousiasme." Il a été rejoint par son ailier Yoann Huget, pour qui "il ne  faut pas s'emballer pour ne pas faire tout à l'envers comme on a pu le faire  dans le passé".

Engagés dans le Four Nations depuis 2012, les Pumas ont fait beaucoup de  progrès, concrétisés par une première victoire dans le tournoi début octobre,  contre l'Australie (21-17). "Ils sont décomplexés. Ils ont travaillé  physiquement et stratégiquement, et sont mieux organisés et plus virulents dans  le combat.  (...) On se disait que cela pouvait peut-être être plus dur que  face à l'Australie", a ainsi prévenu le centre Maxime Mermoz.

L'importance de la bataille des regroupements

Les Pumas se sont notamment énormément améliorés dans les regroupements.  "Ils sont toujours aussi agressifs dans les phases de rucks, la base de leur  engagement. Mais ils le font avec beaucoup plus de discipline et de maîtrise  technique de leurs premiers intervenants (...) ce qui leur permet d'enchaîner  plus de temps de jeu", a souligné le talonneur Benjamin Kayser. Aussi  l'objectif premier du sélectionneur argentin Daniel Hourcade sera de "contester  dans les rucks" et d'obtenir des libérations rapide face à des Bleus qui  voudront les "ralentir" selon lui. Une fois la balle rapidement libérée, les Pumas peuvent faire parler la vitesse de leur ligne de trois-quarts, Hourcade souhaitant "davantage déplacer  le jeu vers l'extérieur", explique le centre Juan Martin Hernandez.

Si elle peut manquer de puissance, la ligne arrière argentine, orchestrée par Nicolas  Sanchez, l'ouvreur "qui a le plus percé dans le Four Nations" cet été d'après  Huget, allie dynamisme et technique. "Ils ont des joueurs qui ont des cannes et  très forts sur les contre-attaque. Il ne faudra pas faire tomber de ballons", prévient le demi de mêlée Sébastien Tillous-Borde, souhaitant "envoyer plus de  jeu" que contre l'Australie. Gare cependant à ne pas tomber dans le piège tendu  par les Argentins: "Que la France essaie de mettre le même rythme que nous mettons dans le Four nations nous conviendrait, car nous y sommes habitués", a relevé Hernandez.

Et la mêlée alors?

Occulter l'importance de la mêlée fermée pour un France-Argentine relève  quasiment du sacrilège. Certes, Hourcade n'en fait pas un secteur stratégique,  la considérant plutôt "comme une plateforme pour lancer le jeu". Mais la mêlée  des Pumas, avec sa fameuse double poussée, a largement secoué voire dominé  celle des All Blacks, Springboks et Wallabies cet été. Kayser la qualifie de  "plus grosse du monde" et le numéro huit des Bleus Damien Chouly ne se berce pas d'illusions: "(Les Argentins) vont venir faire un grand match en mêlée car ils savent qu'on base aussi notre jeu là-dessus. Ils ne vont pas nous laisser avoir la mainmise en mêlée pour avoir la mainmise sur le match. (...) Ce sera un des points d'accès dans ce match."

Pour répondre à ce défi, l'encadrement français a insufflé du sang neuf  devant avec les titularisations de Kayser, du pilier gauche Xavier Chiocci et  du deuxième-ligne Sébastien Vahaamahina. Et sans munitions, les Pumas, par ailleurs privés sur blessure de Juan Martin Fernandez Lobbe, leur capitaine de  touche, auront du mal à mettre en place leur jeu débridé. 

AFP