Camille Lopez
L'ouvreur de l'équipe de France, Camille Lopez | DPPI - JEAN-MARIE HERVIO

France-Argentine : frapper les trois coups avant d'ouvrir 2015

Publié le , modifié le

Le XV de France voudra refermer en beauté son triptyque de l'automne en s'offrant une équipe d'Argentine en pleine mutation, samedi au Stade de France, afin d'attaquer 2015, année de Coupe du monde, sur une dynamique de victoires.

Si l'on s'épargne volontiers les adages éculés, les deux succès glanés  contre les Fidji (40-15) et l'Australie (29-26) en ce mois de novembre  prometteur s'accomoderaient fort bien d'un troisième contre les Pumas samedi. Une telle série est inédite depuis novembre 2012, temps de l'insouciance mais aussi des espoirs déçus. "On est tous conscient que c'est fragile", rappelle encore vendredi l'entraîneur des arrières Patrice Lagisquet, qui a vu les festins offensifs face aux Wallabies (33-6) et aux Pumas (39-22) d'il y a deux ans relegués au rang de vagues souvenirs, dans le sillage de performances déliquescentes. Au rayon dicton, on préfèrera donc dire que la prudence est la mère de toutes les vertus et l'ardeur à la tâche leur géniteur. "On n'a gagné que deux matches, il ne s'agit pas de s'enflammer, nuance  ainsi le capitaine Thierry Dusautoir. On récolte aussi le travail des mois précédents." "Mais gagner nous apporterait une bouffée d'oxygène assez importante",  poursuit-il, "et ça nous permettrait de bien aborder le Tournoi des six nations  2015 que l'on n'a pas encore gagné" sous l'ère Saint-André.

Après deux années de disette, il s'agit donc de se gaver de succès et de la confiance afférente, afin d'aborder avec quelques certitudes une année de Coupe  du monde bien mal engagée jusqu'à cet automne. Pour préserver l'élan né à Marseille et consolidé samedi dernier au Stade de France, le manager Philippe Saint-André a mis en garde ses troupes contre  toute tentation de relâchement, histoire de faire mentir la proverbiale  inconstance du XV de France. "On ne peut pas mettre 10% de moins dans l'investissement, dans le combat,  dans l'enthousiasme", a-t-il estimé, en prenant comme référence la copie  roborative sur le plan de l'implication rendue contre l'Australie.

Une question de gros bras

Les joueurs sont donc gardés sous tension et l'encadrement s'est même vu donner l'occasion de bander ses muscles en montrant la porte à Teddy Thomas. Auteur de quatre essais au total pour ses deux premières sélections, le jeune ailier de 21 ans observera le match en tribunes, après avoir accusé près de deux heures de retard à un entraînement mercredi soir. Il sera aussi question de gros bras samedi soir: les Pumas sont réputés  pour la tenue de leur mêlée fermée que l'on dit être la meilleure du monde. Du  coup, Saint-André et ses adjoints Patrice Lagisquet et Yannick Bru ont ajouté l'option puissance à leur cinq de devant, faisant entrer dans la cage le pilier gauche Xavier Chiocci, le talonneur Benjamin Kayser et le deuxième ligne Sébastien Vahaamahina. Mais, les Argentins ont "progressé énormément", dixit PSA. Il ne faut plus les réduire à leur hargne et leur conquête de fer, puisqu'ils ont apporté de la variation dans leur jeu.

"L'Argentine avait déjà une bonne défense et une mêlée forte. J'ai donc voulu en plus apporter un gros volume de jeu", souligne ainsi le sélectionneur Daniel Hourcade. Il sera donc intéressant d'observer qui assumera le plus efficacement ses ambitions offensives. On a vu samedi dernier des Français en net regain dans ce secteur, avant de se retrancher sur leurs positions, quitte à être parfois "un peu frileux",  selon Lagisquet. En ce sens, la titularisation de Maxime Mermoz au centre et d'un Maxime Médard revanchard à l'aile apportera peut-être un enthousiasme supplémentaire. Et comme face à l'Australie, le coaching sera crucial. Les remplaçants sont sommés d'apporter de la puissance (Atonio, Bastareaud) mais aussi du "punch" (Ménini, Guirado) pour forcer la décision et entretenir la flamme. Car les Argentins ont depuis le Mondial-2007 développé une certaine  expertise pour doucher les espoirs français: ils avaient remporté le match d'ouverture au Stade de France, leur dernier passage en date à Saint-Denis. Charge aux Bleus de montrer que la leçon a été apprise.

Les XV de départ

France: Spedding - Huget, Mermoz, Fofana, Médard - (o) Lopez, (m)  Tillous-Borde - Le Roux, Chouly, Dusautoir (cap) - Vahaamahina, Papé - Mas,  Kayser, Chiocci
Argentine: Tuculet - Imhoff, Bosch, Hernandez, Montero -  (o) Sanchez, (m)  Cubelli -  Desio, Senatore, Isa - Lavanini, Petti - Tetaz Chaparro, Creevy  (cap), Ayerza

Remplaçants

France*: Guirado, Menini, Atonio, Flanquart, Maestri, Nyanga, Ollivon, Kockott, Tales, Bastareaud, Fall
Argentine: Cortese, Noguera Paz, Herrera, Ponce, Lezana, Landajo, Iglesias,  Amorosino

*trois joueurs dans cette liste prendront place en tribunes samedi

AFP