Vincent Clerc et l'absence du public : "Ça enlève une pression, ça nivelle un peu"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Julien Lamotte
Vincent Clerc
L'ancien international Vincent Clerc. | THIERRY BRETON / AFP

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Le XV de France se déplace à Dublin, dimanche 14 février (un match à suivre en direct sur France 2 et France tv sport à partir de 16h00), pour y affronter un XV d'Irlande privé du soutien de son fabuleux public. Une donnée qui, si elle est rentrée dans les moeurs depuis l'apparition des huis clos et des jauges, devrait toutefois avantager les visiteurs français selon notre consultant Vincent Clerc.

L'Aviva Stadium sans les vivats. Voilà ce qui attend les Bleus dimanche 14 février. Depuis l'apparition de la pandémie et des mesures restrictives qui ont conduit à disputer les matches avec peu ou pas de public, les joueurs sont désormais confrontés à l'écho assourdissant des chocs, aux vociférations des partenaires ou des adversaires et au silence des tribunes. Ce dernier est particulièrement cruel lorsque l'on évoque la ferveur habituelle des supporters du XV du Trèfle. "En Irlande le public est très fort, il pousse vraiment l’équipe avec des chants pendant tout le match. Il a vraiment un rôle important", rappelle Vincent Clerc, un habitué de ces ambiances magiques.

Du haut de ses 67 sélections, l'ancien ailier tricolore sait mieux que quiconque que "le public met une pression sur l’adversaire dans des moments clés. Au moment des hymnes il rajoute de l’émotion et du stress. Ça peut être quelque chose qui fédère aussi une équipe dans l’adversité". Or, dimanche à Dublin, il n'y aura pas 51 700 chœurs pour reprendre l'"Ireland's call", pour pousser en mêlée derrière les hommes verts, pas plus que pour galvaniser des Bleus seuls contre tous.

"Ce n'est plus un facteur perturbant"

Ce son du silence, pour paraphraser Simon and Garfunkel, les joueurs ont appris à vivre avec. "Ça fait bientôt un an que les joueurs jouent sans spectateurs, ils sont habitués. Il y aura un travail psychologique à effectuer quand le public va revenir dans les stades, mais là ça y est, ils sont habitués aux grands stades vides. Ce n’est plus un paramètre qu’ils prennent en compte. Ce n’est plus un facteur perturbant", estime Clerc. 

Pourtant, s'il y a une équipe que cette absence de soutien doit tout de même avantager, c'est bien la France. Surtout lors d'une année impaire, qui voit traditionnellement les Bleus ne recevoir que deux fois lors du Tournoi. L'ex-trois quart aile se veut optimiste : "Sur les trois déplacements de la France, ça enlève une pression, ça nivelle un peu, ça rajoute quelques pourcentages de chance de victoire".

"Personne dans le stade, c'est comme si on était à l’entraînement"

S'ils sont donc rodés au fait de jouer devant des tribunes vides, les joueurs n'en demeurent pas moins influencés par cette situation particulière. Et c'est tout le Tournoi qui pourrait être touché. "C’est un facteur qui peut expliquer la défaite de l’Angleterre à domicile contre l’Écosse. On le voit en Top 14, il y a plus de victoires à l'extérieur depuis quelques mois", remarque Vincent Clerc. Et ce dernier d'ajouter : "Quelque chose joue sûrement inconsciemment. Malgré tout, on n’aborde pas un match de la même façon. Personne dans le stade, c'est comme si on était à l’entraînement. Peut-être qu’on est un peu plus fébrile et que les visiteurs se lâchent un peu plus". Aux Bleus, donc, de faire sonner (encore plus) creux l'Aviva Stadium... 

Propos recueillis par Jean-Baptiste Lautier

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