Tournoi des Six Nations : Pourquoi le XV de France est redevenu un des favoris à la victoire finale

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jean-Baptiste Lautier
Teddy Thomas lors du match contre l'Italie
Teddy Thomas lors de la victoire de la France contre l'Italie, samedi 6 février 2021. | NDERIM KACELI / DPPI via AFP

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Après une deuxième place en 2020, l'équipe de France a confirmé ses ambitions par une écrasante victoire face à l'Italie lors du premier match de cette nouvelle édition de samedi 6 février. Vincent Clerc, ancien ailier du XV de France et consultant France Télévisions, décrypte ce qui a permis aux Bleus de redevenir des prétendants à la victoire finale.

• Parce qu’il y a une émulation des différentes générations

La France surfe actuellement sur une vague venue des espoirs et qui commence à déferler sur son XV. Certains U20, dont l’équipe est double championne du monde en titre chez les U20, se font une place chez les grands comme Arthur Vincent ou Romain Ntamack. Pour Vincent Clerc, cette génération qui a déjà de l’expérience, est l’un des points forts de cette équipe. "On retrouve des joueurs très jeunes qui ont performé dans des équipes plus jeunes, qui ont vite intégré les équipes professionnelles. Ils jouent pour la plupart dans des grands clubs qui visent des titres en Top 14 et jouent la Coupe d’Europe. Ils connaissent bien les matches à pression et on les sent avec beaucoup de sérénité."

L’équipe de France peut également s’appuyer sur des joueurs d'expérience parmi les meilleurs de la planète à leur poste comme Antoine Dupont, Virimi Vakatawa, Julien Marchand ou encore Grégory Alldritt. "On a des joueurs capables de faire d'énormes différences, capables de gagner des duels et qui peuvent prétendre faire partie des meilleurs joueurs du monde. C’est impressionnant et c’est un gros atout aussi." C’est cette harmonie entre l’expérience et la jeunesse, combinée au talent, qui porte les Bleus à l’heure actuelle.

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"Ce qui fait la réussite c’est l'émulation", reprend Vincent Clerc. "Même s'il y a une équipe un peu type pour l’instant, les joueurs ne se sentent pas installés. Ils savent qu’il y a beaucoup de joueurs de talents qui poussent et peuvent intégrer le groupe en cas de contre-performance. Cette émulation oblige à l’exigence et à la régularité. C’est très intéressant pour un groupe de sentir qu’il y a toujours quelqu'un qui peut vous remplacer. C’est très positif.”

• Parce qu’il y a un staff élargi autour de Fabien Galthié 

Sous la houlette du sélectionneur et de son manager général Raphaël Ibanez, le staff des Bleus s’est particulièrement élargi dans le but de travailler des séquences très précises avec les meilleurs spécialistes. "Il y a des entraîneurs spécifiques à différents postes, capables de beaucoup travailler sur plein de détails, qui ne laissent rien au hasard et qui prennent du temps pour un petit groupe de joueurs. On voit des spécialistes du jeu au pied, de la mêlée, de la touche, des avants, des 3/4 et je pense que ça fait du bien", estime l'ancien joueur Stade toulousain.

Cette méthode de travail permet de faire correspondre différentes visions de travail dans le but d'être encore plus porté vers la performance. "Galthié a amené de l’intensité, il veut que les joueurs répètent les efforts à haute intensité le plus souvent possible. Il veut de la mobilité, du jeu au pied, du jeu à la main. Il a un plan bien établi dans la tête", assure Vincent Clerc. Mais pour lui, ce grand nombre de techniciens permet aux joueurs de trouver des méthodes différentes en fonction des personnalités de chacun. "Il y a beaucoup de communication dans le groupe et ils ont créé une confiance qui fait que le collectif suit le discours, la stratégie, les envies et la philosophie de ce staff".

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• Parce que le parcours du capitaine Charles Ollivon impose le respect

Le troisième ligne de Toulon a connu des graves blessures en 2017 et 2018 qui l'ont contraint à s’éloigner des terrains pendant deux ans. "Il a eu du mal à se soigner, on pensait qu’il arrêterait le rugby", rappelle Vincent Clerc. Mais le Basque est revenu plus fort en équipe de France jusqu’à être propulsé capitaine par Fabien Galthié, son ancien coach chez les Rouges et Noirs. "Le retour a été assez fantastique et inespéré. Cet état d’esprit de quelqu'un qui s’est battu pour rejouer au rugby et qui a retrouvé le haut niveau est quand même quelque chose de très fort et de fédérateur."

Selon l’ancien joueur de l’équipe de France, "c’est quelqu'un qui a envie de réussir, qui a une force de caractère et de travail énorme. Ça paraissait un leader naturel et je pense que, ce que représente son état d’esprit à travers son histoire, fait que c’était lui qui postulait naturellement à ce rôle de capitaine." Le meilleur marqueur d’essais de l’édition 2020 a aidé à fédérer sur ces valeurs. "Son histoire un peu singulière correspond bien à ce groupe et tout le monde a du respect."

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• Parce que le jeu de l'équipe est plus structuré

Depuis le début de l'année 2020, l’équipe de France rivaliser avec les plus grandes équipes comme l’Angleterre. Pour cela, les Bleus s’appuient sur un jeu très travaillé à l'entraînement. "Le jeu est très structuré, il y a une stratégie de ne pas prendre trop de risque, d’alterner entre du jeu au pied de pression et du jeu à la main", remarque Clerc. On peut aussi y voir l’influence du Top 14. Certains de ces points forts sont ceux des meilleurs clubs français. "Les Français sont très forts dans le désordre et sur les ballons de récupération, ce qui est aussi une des forces des équipes comme le Stade Toulousain, le Racing ou La Rochelle avec Brice Dulin. On le retrouve dans cette équipe de France."

"Ils sont aussi très performants sur les lancements de jeu. On sent que c’est très travaillé, souvent sur des premières phases de jeu en touche ou en mêlée", selon Vincent Clerc. "Ils arrivent à marquer des essais en première main ou à avancer. On sent que les fondamentaux sont maîtrisés. Ils arrivent à bien trier et à ne pas surjouer." Les joueurs de Fabien Galthié mettent également leurs qualités individuelles au service du collectif, sans jamais chercher à briller tout seul. "Contre l’Italie, les joueurs ne sont pas tombés dans un excès d’individualisme pour se montrer. Ils ont gardé le cap de cette envie de performer collectivement." Ces qualités seront à nouveau nécessaires dimanche pour battre une équipe l’Irlande revancharde après sa défaite contre le Pays-de-Galles lors du premier match.

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