Tournoi des Six Nations : "Le rugby moderne passe aussi par un jeu au pied précis", selon Dimitri Yachvili

Publié le , modifié le

Auteur·e : Charlotte Diry
Dimitri Yachvili
Dimitri Yachvili ancien demi de mêlée du XV de France et consultant rugby pour France Télévisions. |

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Après une victoire facile (50-10) face à l'Italie lors du match d'ouverture du Tournoi des Six Nations, les Bleus s'attaquent aux Irlandais dimanche 14 février à 16h (en direct sur France 2 et France.tv). Une rencontre corsée ou la maîtrise du jeu au pied sera primordiale. Dimitri Yachvili, ancien demi de mêlée du XV de France et consultant pour France Télévisions, nous éclaire sur ce secteur du jeu devenu fondamental.

Comment expliquez-vous que l’équipe de France semble avoir trouvé un jeu au pied plus efficace, plus adapté à chaque situation ?
Dimitri Yachvili :
"Cela fait partie du plan de jeu de Fabien Galthié. Ils l’ont beaucoup travaillé à l’entraînement, individuellement et collectivement. Par exemple sur l’essai de Gaël Fickou, avec le petit coup de pied rasant d’Antoine Dupont. Après il faut avoir la justesse technique. Le staff a bien compris que le rugby moderne passe aussi par un jeu au pied précis. Pas pour rendre le ballon à l’adversaire mais pour le récupérer ou pour marquer. Même si on peut constater que les Italiens sont un peu en dessous en terme de niveau de jeu, pour l’instant, ça fonctionne bien. On va voir si ça se confirme dès dimanche à Dublin." 

Dans le rugby, on parle d’alternance entre jeu à la main et jeu au pied. Comment jugez-vous les Bleus depuis un an dans ce secteur ?
DY : "
Il y a des des dispositifs tactiques collectifs qui sont mis en place. Les joueurs sont en train de s’en imprégner de mieux en mieux. Ils sont en constante progression au niveau de l’organisation et du jeu au pied."

Ils sont en constante progression au niveau de l’organisation et du jeu au pied.

Il y a le jeu au pied offensif, celui défensif, celui d’occupation. Expliquez-nous à quoi sert ce dernier, qui s’est beaucoup développé ces dernières saisons ?
DY : 
"Les défenses sont de mieux en mieux organisées. Avant, on voyait des équipes relancer avec les mains, en se faisant des passes depuis leurs 22 mètres. Maintenant, les équipes se sont rendues compte qu’avec un bon jeu au pied, une bonne pression offensive, on pouvait aussi récupérer le ballon et gagner une vingtaine de mètres. C’est de l’analyse des adversaires tout simplement. Ensuite, il faut avoir le bon geste."

Le jeu au pied est-il devenu une arme indispensable dans le rugby de haut niveau ?
DY : "
Bien sûr ! Défensivement et offensivement. On voit beaucoup d’essais inscrits avec des petits coups de pied transversaux ou rasants. Mais aussi sur des turnovers, c’est-à-dire que si le jeu au pied n’est pas précis, les équipes adverses peuvent relancer et marquer plus facilement des essais. Donc oui, le jeu au pied fait partie du rugby et se développe de plus en plus." 

Le jeu au pied est-il à l’opposé du French Flair ?
DY :
"Non pas du tout, au contraire. Il y a déjà eu des essais marqués comme celui de Fickou avec Dupont, c’est ce que le grand public appelle le French Flair. Mais c’est ni plus ni moins qu'une combinaison travaillée où il y a l’intuition à un moment donné. Plutôt que de faire une passe à la main, on peut la faire au pied. Ca fait partie de notre rugby." 

Pourquoi le demi de mêlée est un élément si important dans le jeu au pied ?
DY :
 "Cela évite de faire une passe au numéro 10. Le temps de la passe, les équipes adverses peuvent monter et mettre la pression sur le numéro 10. Ça permet de mieux organiser le "box kick", la chandelle du demi de mêlée, pour qu’il y ait une bonne pression. Ce coup de pied là doit être le plus précis possible, pour que les coéquipiers soient à la réception de ce coup de pied offensif." 

Quelle sera son importance contre l’Irlande, qui nous a souvent punis ces dernières années avec le pied de Sexton ?
DY : "
Il faudra avoir un jeu au pied très précis, déjà. Mais aussi bien défendre sur leur jeu au pied, à eux. Ils l’utilisent beaucoup, le numéro 9 et le 10. Il va être très important d’être costaud, solide et en pleine confiance sur les ballons hauts, parce qu’on va avoir plein de chandelles à réceptionner."

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