Tournoi des Six Nations : le pays de Galles domine l'Irlande à l'usure, la France en tête après la première journée

Publié le , modifié le

Auteur·e : Julien Lamotte
Josh Navidi pays de Galles Irlande
Le Gallois Josh Navidi tente de passer en force entre deux Irlandais le 7 février 2021 à Cardiff. | GEOFF CADDICK / AFP

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Le pays de Galles a profité de sa supériorité numérique pour battre l'Irlande (21-16), réduite à 14 dès le premier quart d'heure, dans le dernier match de la première journée du Tournoi des Six Nations. Le XV du Poireau met fin à une inquiétante série de défaites contre des nations majeures mais a dû s'en remettre à ses individualités pour se sortir des griffes des Irlandais accrocheurs.

Les Gallois se sont faits très peur, ils n'ont pas convaincu, mais ils ont gagné. C'est sans doute ce que le très décrié Wayne Pivac retiendra et avancera en conférence d'après match. Mais le sélectionneur du pays de Galles ne devra pas oublier que ce succès a été acquis face à un adversaire en infériorité numérique pendant 65 minutes. Et surtout, que le contenu proposé n'avait rien de flamboyant. L'Irlande n'aura guère plus enthousiasmé et pourra longtemps en vouloir au geste inconsidéré de O'Mahony, même si celui-ci les a d'abord remis à l'endroit. 

Un seul être vous manque et tout est... relancé ! Le carton rouge du troisième-ligne, une charge épaule en avant sur un adversaire à terre, a paradoxalement permis à l'Irlande de retrouver ses vertus. À 14, le XV du Trèfle a montré que le fighting spirit n'était pas qu'un vain mot. Au courage donc, mais aussi avec une discipline et un allant qui ont balayé les certitudes galloises. Celles-ci, avant le match, étaient pourtant déjà vacillantes. Hormis des succès contre la Géorgie et l'Italie, le XV du Poireau restait en effet sur 9 défaites de rang contre des nations majeures. 

Un effet paralysant

La production livrée au Millenium ne risque pas de redonner du souffle aux Dragons. Plus que jamais les hommes de Pivac ont donné l'impression d'une équipe en fin de cycle. Alun-Wyn Jones, Dan Biggar ou Toby Faletau ont fait leur âge. S'ils ont paru maîtriser les débats en début de match, profitant notamment d'une inhabituelle indiscipline irlandaise (6-0, 19e), leur manque d'imagination et de puissance s'est vite révélé criant.

Surtout après l'expulsion de O'Mahony. Alors que cette supériorité numérique aurait dû mettre du vent dans les voiles, cela a, au contraire, complètement paralysé les Gallois, qui ont d'abord vu Sexton ramener les siens au score (6-6) avant que Beirne ne profite d'une magnifique percée de Henshaw pour inscrire le premier essai du match (6-13, 38e).

Le pays de Galles, tout sauf princier, n'est cependant pas devenue une équipe lambda du jour au lendemain. Pas quand on possède dans ses rangs un joueur comme George North. Même repositionné au centre, celui qu'on a longtemps surnommé "le Lomu blanc" reste une menace constante. Il lui suffit parfois d'un demi ballon pour créer une différence. C'est ce qu'il a fait à la 49e minute en grillant toute la défense verte (13-13) avant d'être impliqué, avec Halfpenny, dans la construction du deuxième essai gallois, signé de son possible successeur à l'aile, la pépite Rees-Zammit (18-13, 60e).

La fin de match, au couteau, ne changera pas l'issue. En dépit d'un énième sursaut d'orgueil du XV du Trèfle, revenu à 5 points, les Gallois ont préservé fébrilement leur succès. Une penaltouche irlandaise complément ratée par Billy Burns à la 84e minute officialisait la victoire qui leur tendait les bras depuis le carton rouge de la 15e minute. La loi du nombre avait payé mais elle n'aura pas pour autant rassuré les vainqueurs.