Tournoi des Six Nations : la France renversée, les Gallois au sommet, l'Irlande de retour… ce qu'il faut retenir de la quatrième journée

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
L'Anglais Watson aplati sous le regard de Dupont, impuissant, lors de la défaite (23-20) du XV de France à Twickenham.
L'Anglais Watson aplatit sous le regard de Dupont, impuissant, lors de la défaite (23-20) du XV de France à Twickenham. | ADRIAN DENNIS / AFP

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Un Crunch de folie, qui bascule à trois minutes du terme, une démonstration galloise à Rome et l’Irlande qui enfile le vert de chauffe : encore une fois, le Tournoi des Six Nations a tenu son rang, entre surprises, gestes fous et performances remarquables. Retour sur les moments forts de ce quatrième week-end.

• La perf’ du week-end : l’Irlande éclipse l’Ecosse

Tous les regards étaient tournés sur les Ecossais, encore en position de gagner ce Tournoi des Six Nations 2021. Mais, à Murrayfield, c’est une vague verte qui a douché les espoirs écossais, une vague sur laquelle a surfé Jonathan Sexton, l’éternel. Après un gros début de match, les Irlandais ont viré en tête à la pause, bien aidé par le pied magique de leur capitaine (10-14). Puis ils ont pris leurs aises en début de seconde période, grâce à un essai de Tadhg Beirne et à deux autres coup de pattes de Sexton (10-24). 

Appliqués, les Irlandais ont ensuite subi les foudres écossaises. Mais même quand le XV du Chardon est revenu dans le coup en fin de match (24-24, 73e), c’est encore "Johnny" Sexton qui a enfilé la cape, verte, de sauveur en passant une ultime pénalité, décisive (24-27). Après deux défaites initiales contre les Gallois puis les Bleus, l’Irlande vient d’enchaîner deux victoires de rang avant de recevoir l’Angleterre. Avec un match de plus que les Français, les Irlandais sont même deuxièmes après cette quatrième journée.

• Le joueur du week-end : Ken Owens

Le poste de talonneur n’est pas souvent mis en avant dans le rugby moderne, en dépit de son rôle central dans les mêlées et sur les lancés des touches. Mais ce week-end, parmi les prestations notables du Tournoi, on avait envie de mettre en avant celle de Ken Owens. A 34 ans, le talonneur gallois a profité de la promenade des siens au Stadio Olimpico di Roma pour inscrire deux essais, lui qui n’en comptait ici que trois en 80 sélections. Et ce en moins de dix minutes. Owens a profité de la puissance des siens sur des pénaltouches pour se glisser en force du bon côté de la ligne d’en-but. Sur le second, il a même bondi comme un carpe après avoir été mis au sol. Et en plus de ce doublé, Owens a aussi rempli ses missions principales en étant efficace en touche et en défense avec neuf plaquages réussis sur 11. Les hommes de l’ombre méritent parfois la lumière.

• L’essai du week-end : l’éclaircie Monty Ioane 

On aurait pu parler de l’essai polémique de Maro Itoje qui a donné la victoire aux Anglais face à la France, à trois minutes du terme. Un essai polémique, que l’arbitrage vidéo a validé sans que l’on ne voit vraiment de façon claire les images. Mais à la polémique, préférons le panache, le talent. D’autant qu’une illumination est encore plus belle lorsqu’elle se produit au milieu d’un collectif en perdition, écrasé par l’ennemi, en pleine déroute. On parle évidemment de l’Italie qui, balayée par le pays de Galles sur sa pelouse (7-48), a sauvé l’honneur grâce à Monty Ioane. Trouvé en bout de ligne sur une des rares séquences italiennes, le joueur de Trévise est allé chercher lui-même son essai d’un petit coup de pied inspiré, bien aidé par un rebond favorable, avant de résister au placage en coin. Simple et efficace.

• La déception du week-end : la douché écossaise

Dans beaucoup de têtes, le scénario commençait à s’écrire : le France-Ecosse décalé, disputé en fin de tournoi, allait en être la finale en cas de victoire des Bleus contre le pays de Galles au préalable. Oui, pour la première fois depuis 1999, l’Ecosse avait une vraie chance d’aller chercher la victoire finale dans ce Tournoi des Six Nations 2021. Logique, après la victoire historique du XV au Chardon à Twickenham. Sauf que non : patatra. Les Ecossais, déjà battus sur leur pelouse par les Gallois, ont de nouveau chuté à Murrayfield et par la même occasion dit adieu à leurs espoirs de sacre.

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• La stat du week-end : l’Angleterre double la France

En renversant les Bleus, les Anglais ont fait plus que remporter un Crunch : ils ont délogé les Bleus de leur troisième place au classement mondial, derrière l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Dès ce lundi, le XV de la Rose reprend effectivement cette place que les Anglais avaient perdue après leur défaite contre le pays de Galles à Cardiff. Les Bleus auront donc passé deux semaines à peine à ce rang, mis en avant par le staff tricolore lors de la préparation du match. Ils restent toutefois devant le pays de Galles, l’Australie, Irlande, l’Ecosse, l’Argentine et le Japon.

• La décla du week-end : les Bleus regardent devant

Abattu au coup de sifflet final, Fabien Galthié était, comme ses hommes, marqué par la défaite cruel des Bleus à Twickenham. Mais si les Bleus ont perdu une bataille, la victoire finale est encore possible. Et ça, le sélectionneur a tenu à le rappeler après le match : "C'est ce que j'ai dit dans le vestiaire, il faut retenir le positif, digérer ensemble et basculer maintenant sur le pays de Galles [samedi prochain]. Ce match commence maintenant, d'abord en vivant la frustration ensemble puis en basculant sur le rendez-vous qui nous attend samedi".

Et bonne nouvelle pour Galthié, le message est déjà passé au près de son capitaine Charles Ollivon : "On est dans la suite de notre progression, on est encore dans le coup pour gagner le Tournoi. On a fait nos trois matches à l'extérieur, il nous reste deux matches à domicile. On a 10 points, il faut aller chercher un maximum de points pour gagner. On a notre destin en mains, ce qui n'était pas le cas l'année dernière où on devait battre l'Irlande au dernier match de je ne sais plus combien de points [31]. Il faut garder la confiance, ce positif comme on l'a dit dans le vestiaire. Comptez sur nous pour ne rien lâcher et repartir de l'avant. L'objectif, il est simple, c'est de remporter les deux derniers matches". Et donc le Tournoi. Le ton est donné.