Tournoi des Six Nations : Italie - France, pourquoi c'est un match piège

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
L'arrière Brice Dulin face à l'Italie en novembre 2020
L'arrière Brice Dulin face à l'Italie en novembre 2020 | Anne-Christine POUJOULAT / AFP

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Le XV de France va débuter son Tournoi des Six Nations ce samedi (15h15) en déplacement face à l’Italie, une équipe qui ne l’a plus battue depuis 2013. Si les Bleus sont largement favoris, ils devront se méfier afin de ne pas se faire surprendre par une équipe toujours difficile à manœuvrer. Pourquoi ce match a-t-il tout du match piège pour les Tricolores ?

• Parce que l'Italie n'a rien à perdre dans ce match d'ouverture

Oui la France est largement favorite face à l’Italie, qui a fini bredouille au dernier Six Nations avec une différence de points de -134. A vrai dire, les Azzurri n'ont plus remporté un seul match dans le tournoi depuis 2015 et un succès en l'Ecosse (22-19). Mais jouer les Italiens pour entrer dans ce Tournoi des Six Nations forcément particulier n’aura rien d’une sinécure. "En étant réaliste, la France est au-dessus au niveau de l’effectif, du jeu proposé. Mais le sport de haut niveau est une remise en question perpétuelle : tu ne peux pas arriver à Rome en disant que tout va bien se passer et que tu es au-dessus. Ça va être un match compliqué", anticipe notre consultant Dimitri Yachvili.

Séduisante et prometteuse, cette jeune équipe de France n’en reste pas moins une formation avec peu de vécu collectif. Les Italiens pourraient leur tendre un piège dont il faudra rapidement sortir pour bien entamer ce tournoi. "Comme c’est le premier match, ils sont plein d’espoir, donc ce n’est jamais évident. Ils proposent depuis quelques années un jeu qui est aussi plus offensif, c’est le match piège par excellence", alerte notre consultant.

Matthieu Jalibert face à l'Italie lors du dernier Six Nations.
Matthieu Jalibert face à l'Italie lors du dernier Six Nations. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

• Parce que le dernier match du Tournoi face aux Italiens n’a pas été convaincant 

Lors de la Coupe d’Automne des Nations fin novembre, le XV de France avait écarté avec sérieux les Italiens au Stade de France (36-5). Mais leur dernière confrontation à Paris lors du Six Nations n’avait pas accouché de la même démonstration, malgré la victoire (35-22). Les Bleus avaient été molestés par les Italiens, encaissant leur plus grand nombre de points face à eux depuis… leur dernière défaite en 2013 (23-18).  

Il faudra oublier d’entrée ce match brouillon dans l’animation et poussif dans le jeu afin de se mettre rapidement à l’abri pour les Bleus. "Si la France réussit à marquer dans le premier quart d’heure, je ne pense pas que les Italiens aient les ressources pour remonter la pente, même s’il faudra se méfier. Il faudra réaliser une grosse entame, être très efficace", estime Dimitri Yachvili.

Marquer puis gérer, la clé pour se rendre le match facile ? "Les Anglais, Irlandais ou Gallois, tu sais que ça va être très dur pendant 80 minutes. Face aux Italiens, si tu as un peu d’avance, que tu gères un peu, ça peut le faire. Il faudra scorer dans le premier quart d’heure", poursuit l’international aux 61 sélections.

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• Parce que la France a eu du mal en Italie par le passé 

En 2010, la France réalisait le Grand Chelem lors du Six Nations. En 2011, elle perdait pour la première fois contre l’Italie dans le Six Nations (22-21), à Rome, après onze victoires de suite. Un nouveau chapitre de son historique de coupeur de têtes pour la Squadra Azzurra, limitée face aux grandes nations du rugby, mais bagarreuse, et donc imprévisible. "Historiquement, les matches face à l’Italie sont toujours compliqués car les Italiens arrivent à faire déjouer les équipes : ils sont assez bons défensivement, ils jouent en réaction, ils sont agressifs", avertit Dimitri Yachvili.

Point commun avec le match de samedi : le match se déroulait à Rome. Sur leurs cinq derniers affrontements dans la Botte, les Bleus ont par deux fois baissé les armes : en 2011 donc, et en 2013. Trois victoires depuis (2015, 2017 et 2019), mais la vigilance est de mise, surtout face à une équipe qui développe de plus en plus de jeu offensif. "L'Italie est en train de prendre un nouveau chemin, avec un nouveau sélectionneur et un nouveau capitaine, et certaines dynamiques doivent être respectées et encouragées", explique la légende Sergio Parisse, qui n’a pas été retenu pour ce match.

La joie des Italiens lors de leur victoire face à la France en 2011.
La joie des Italiens lors de leur victoire face à la France en 2011. © FRANCK FIFE / AFP

• Parce que les absences de cadres fragilisent l’édifice français 

Camille Chat, Demba Bamba, mais surtout François Cros, Romain Ntamack et Virimi Vakatawa : plusieurs cadres du vestiaire tricolore seront absents pour ce match. La technique de Ntamack et la puissance de Vakatawa sont les pertes les plus visibles, mais la polyvalence et la malice de Cros ne le sont pas moins. Très important dans les rucks, le Toulousain est passé maître pour faire rebondir le jeu et donner de la vie au ballon. 

Mais la France l’a prouvé lors du dernier match face à l’Angleterre : ce groupe a de la ressource, parfois insoupçonnée pour un groupe aussi jeune et en construction. "C’est préjudiciable mais ça crée aussi de l’émulation, ça permet à des joueurs peu expérimentés d’avoir du temps de jeu et pourquoi pas de gagner leur place dans l’avenir", souligne Dimitri Yachvili.

Un réservoir de joueurs qui permet à Fabien Galthié de parer à beaucoup d’éventualités. Et surtout de voir plus loin dans un tournoi où la France aspire désormais à jouer les tous premiers rôles. Et ce ne sont pas les Irlandais, battus 35-27 lors de l'ultime journée du dernier Tournoi, qui diront le contraire.

"Ils sont parmi les favoris après ce qu'ils ont fait l'année dernière. Ils ont une équipe formidable, pleine de talent. Ils jouent bien et savent s'appuyer sur leurs forces. Je m'attends à ce qu'ils soient encore plus dangereux cette année", a admis le sélectionneur irlandais Andy Farrell. "Ils ont des joueurs exceptionnels et un bon esprit d'équipe", a abondé le capitaine irlandais Jonathan Sexton.