Tournoi des Six Nations : douze minutes de folie et la France a renversé le pays de Galles

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Le bonheur des joueurs français et la détresse d'Alun Wyn Jones, le 20 mars 2021
Le bonheur des joueurs français et la détresse du Gallois Alun Wyn Jones, le 20 mars 2021 au Stade de France. | PRESS ASSOCIATION IMAGES/MAXPPP

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Asphyxiée, acculée, dominée, l'équipe de France a réussi à renverser le pays de Galles (32-30) dans les douze dernières minutes de la rencontre samedi 20 mars. Et ce, alors que les Bleus jouaient à 14 depuis la 68e minute, et le carton rouge infligé à Paul Willemse. Retour sur cette vague de folie tricolore.

Un carton rouge pour nourrir un sentiment de révolte

Lorsque l'arbitre Luke Pearce sort un carton rouge de sa poche et l'adresse à Paul Willemse à la 68e minute, la France est à genoux face aux Gallois, en témoigne l'abattement du capitaine Charles Ollivon ci-dessous.

Ses coéquipiers voient s'envoler les cinq points de l'essai inscrit juste avant par Brice Dulin, quelques temps de jeu après que Julien Marchand soit entré dans l'en-but sans pouvoir aplatir. Après l'expulsion de Willemse, la scène va se répéter à deux reprises : un Français dans l'en-but, un corps gallois pour empêcher le ballon de toucher terre, et à l'arrivée, pas d'essai.

La réaction de Charles Ollivon, le capitaine de l'équipe de France, après l'expulsion de Paul Willemse, le 20 mars 2021.
La réaction de Charles Ollivon, le capitaine de l'équipe de France, après l'expulsion de Paul Willemse, le 20 mars 2021. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Dos au mur, avec dix points de retard (20-30, 72e), les Français se sont alors lancés à corps perdu dans des relances et des tentatives ballon en main pour faire reculer les Gallois, sans trop en faire. "Il fallait rester dans le cadre, la structure. On était à 14, il a fallu se resserrer, faire des choses simples, ne pas s’éparpiller. Car à 14, on ne pouvait pas faire n’importe quoi", explique le capitaine Charles Ollivon, rappelant que ces séquences en infériorité numérique sont travaillées à l'entraînement.

Le capitaine, auteur du premier essai de la révolte (77e), assure que son groupe ne s'en est pas remis à la carte chance. "Ce n’est pas une pièce jetée en l’air. On a été chercher les choses. On ne nous a rien donné. Le but c'était de tout laisser sur le terrain mais tout en restant dans le cadre et la structure. Au mental, il a fallu aller les chercher ces deux essais en six minutes, alors qu’on était à 14. Il n'y a rien d'un hasard dans la gestion de ce match et dans cette victoire."

La dernière pénaltouche, la volonté de ne pas commettre de faute, l'énergie du désespoir en quelque sorte, tout cela a mené la France à l'essai victorieux, au bout des arrêts de jeu (82e). 

Des Gallois en bout de course

Le pays de Galles a traversé ce Tournoi des Six Nations 2021 en mode "survie". Dominés par 14 Irlandais, malmenés par 14 Écossais, vainqueurs d'Anglais qui leur avaient tenu tête avant de craquer en fin de match, les Gallois ont cette fois raté la dernière marche. Celle qui pouvait les mener au Grand Chelem, le 13e de leur histoire, soit le même palmarès que le recordman anglais. Pour dire la vérité, ils le méritaient tant ils ont bien joué, à un rythme que les Français n'ont longtemps pas réussi à tenir.

Après un match haletant, mené sur un train d'enfer, les indestructibles Gallois ont commencé à fléchir alors même qu'ils jouaient à 15 contre 14, comme face à l'Irlande et l'Écosse, et avec dix points d'avance. Des fautes, une défense à son tour placée sur le reculoir, et deux cartons jaunes coup sur coup (Faletau 72e et Williams 73e) ont fendillé l'armure.

Celle-ci a fini par craquer, au terme de dix minutes de jeu "à la française", mélange de relances, d'enchaînements, de percussions et de domination des avants avec cet essai d'Ollivon à la suite de plusieurs mêlées surpuissantes des hommes de Fabien Galthié. Le XV du Poireau était dans les cordes, sa réserve de carburant totalement épuisée.

Des chiffres sortis du rouge au dernier moment

On dit que les chiffres ne mentent pas. Ils retracent donc aussi les douze minutes de folie qui ont fait basculer la rencontre. Pendant 70 minutes, les hommes de Wayne Pivac ont dominé quasiment toutes les catégories statistiques : plus de 55% de possession, plus de 55% d'occupation du terrain et beaucoup moins de plaquages au compteur que les Français (73 à la mi-temps, contre 115 aux Bleus).

Mais, tout a changé en fin de match. La France a fini avec 175 plaquages (à 94% de réussite) et les Gallois avec 226 (à 84% de réussite). Les hommes de Fabien Galthié ont repris la possession (51%) et l'occupation a été partagée (50%).

Surtout, les pénalités galloises se sont accumulées. Sanctionnés quatre fois en première mi-temps, les Gallois l'ont été dix fois en deuxième, alors que les Français sont passés d'une pénalité concédée à six. Fabien Galthié l'a d'ailleurs fait remarquer à son capitaine en arrivant en conférence de presse. "Il y a eu quarante minutes de temps de jeu effectif, et on a été sanctionnés six fois."

Dernier point : l'avancée ballon en main. Alors que les Diables rouges avaient gagné 211 mètres en première mi-temps, contre 163 mètres aux Français, la fin de match a aussi inversé la tendance. Les Bleus terminent avec 462 mètres gagnés, contre seulement 297 mètres à leurs visiteurs. Une conséquence de plus de la furia tricolore sur ces douze dernières minutes.

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