Tournoi des Six Nations - Bernard Laporte : "La notion de bulle, ce n'est pas rester enfermé à Marcoussis"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Bernard Laporte
Le président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte. | FRANCK FIFE / AFP

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Invité spécial de Stade 2 ce dimanche 28 février, Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby, est revenu sur la semaine très agitée au sein du XV de France. Face aux critiques après les nombreux cas positifs à la Covid-19, il a tenu le cap en affirmant attendre impatiemment les conclusions du rapport qu'il a commandité. Réponse mardi. Voici ce qu'il faut retenir de son entretien.

• La volonté de savoir

Comme il le fait depuis le début de cette séquence agitée, Bernard Laporte s'est voulu la principale personne à vouloir comprendre. "Je veux savoir la vérité", a-t-il lancé sur le plateau de Stade 2. "C’est pour cette raison que j’avais demandé un rapport avant que la ministre ne le demande. Je veux savoir comment ce virus est rentré. C’est la commission médicale qui le dira. Ils me disent à 99% la raison, mais je veux qu’ils l’écrivent et on donnera le rapport à notre ministre." Il a annoncé que cela serait fait ce mardi 2 mars.

• La défense des rapporteurs

Critiqué par certains pour être juge et partie, les membres de la commission médicale, qui vont rédiger le rapport, ont été fortement soutenus par le président de la FFR. "Je ne suis pas médecin, il y a une commission médicale super compétente. Ce sont des gens en qui j’ai totalement confiance", a-t-il lancé, citant notamment Roger Salamon et Eric Caumes, deux professeurs reconnus. Chef du service d’infectiologie à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière et membre de la commission médicale de la Fédération française de rugby (FFR), le Dr Caumes est mis à contribution. "Il ne va pas s'amuser à mentir", a balayé Laporte pour répondre à ces critiques. 

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• La défense d'un protocole

Bernard Laporte a également maintenu son discours pour défendre l'application du protocole, malgré cette vague de cas positifs (17 au total dont 12 joueurs). "C’est le même protocole que toutes les nations", a-t-il rappelé tout en reconnaissant que seule la France a été concernée par des tests positifs dans ce Tournoi 2021. "Tout ce qui a été décidé l’était en relation avec" la commission médicale, appliquant le protocole du Six Nations. "Le risque 0 n’existe pas. Si on voulait qu’il n’y ait aucun risque, il fallait faire comme le tennis, à savoir mettre les joueurs en quarantaine pendant 14 jours, sauf que vous dites qu'il faut 60 joueurs puisque personne ne peut revenir." Et d'affirmer : "La notion de bulle n'est pas bien saisie. La notion de bulle, ce n’est pas rester enfermé à Marcoussis. Elle n’est pas infaillible". Et il attend, en plus des constatations, des préconisations : "Ce qui m’intéresse, c’est comment progresser, comment améliorer le protocole".

• La défense d'un groupe

Si Bernard Laporte scande qu'il veut "savoir si quelqu'un a fauté", il maintient sa confiance à son groupe, et notamment à son sélectionneur Fabien Galthié, mis en cause par certains médias comme ayant crevé la bulle. "Pourquoi je ne le soutiendrais pas ? Fabien sait que je ne ferai de cadeau à personne. Je le soutiens car on est devenus la quatrième nation mondiale, ce qui ne nous est plus arrivé depuis dix ans. J'ai beaucoup discuté avec le staff et j'ai vu énormément de solidarité." Et si le sélectionneur a assisté au match de son fils à Jean-Bouin, "pour moi, mais le rapport le dira, il a le droit de partir du moment qu'il est masqué. Et on m'a dit qu'il avait regardé le match à côté de Thomas Lombard [directeur général du Stade Français], qui est aussi testé très régulièrement." Quant aux joueurs vus dans les rues de Rome, "ils ont été retestés en rentrant", a-t-il avancé.

Le président de la FFR fait même sienne la pression de la ministre des Sports Roxana Maracineanu : "J’ai occupé son poste, elle est dans son droit et c’est logique. La ministre a bien raison de dire que si certains n’ont pas respecté, ils seront sanctionnés". Mais pour l'instant, il estime que "les premiers punis, ce sont les joueurs qui ne jouent pas". Face aux joueurs du groupe France, vendredi matin, il avoue s'être montré ferme : "J’ai dit que je ne voulais pas qu’on colporte des rumeurs". Et d'expliciter son message : "Si en plus elles sont fausses, alors là ce sera mon domaine pour dire : 's'il n'y a pas de solidarité, alors tu n'as rien à faire avec nous'. Chacun a le droit de parler, mais colporter des rumeurs quand on ne sait pas, ce serait manquer de solidarité. J'ai dit à tout le monde que la solidarité était importante, et je ferai en sorte qu'elle existe".

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