Teddy Thomas et Vincent Rattez (France) se congratulent lors du match contre l'Angleterre lors du Tournoi des 6 Nations
Teddy Thomas et Vincent Rattez (France) se congratulent lors du match contre l'Angleterre lors du Tournoi des 6 Nations | FRANCK FIFE / AFP

Rugby : Pour la première de Galthié, les Bleus dominent l'Angleterre

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Impérial pendant une heure de jeu, le XV de France a souffert dans les dernières minutes mais a réussi à vaincre l'Angleterre pour son premier match dans le Tournoi 2020 (24-17). Fabien Galthié, le nouveau sélectionneur tricolore, peut s'estimer satisfait de ses débuts à la tête des Bleus, à la fois solides et audacieux.

Le XV de France a passé le Crunch Test. Donnés bons pour la casse face à ces terrifiants Anglais, les Bleus avaient le gaz et la caisse. Et si le moteur a semblé caler un peu après tant d’efforts, il y avait suffisamment d'huile dans les rouages pour aller jusqu'au bout. Le nouveau mécanicien en chef, Fabien Galthié, a incontestablement fait du bon boulot. 

Pourtant, avec 208 sélections au total dans le camp tricolore, contre 675 (!) côté anglais, l'expérience ne plaide pas en faveur des Français. La jeunesse et la fougue, oui. Celles-ci ont balayé les certitudes du XV de la Rose, le même qui, il y a quelques mois, concassait les intouchables All-Blacks en demi-finale de la Coupe du monde (19-7). D'abord largement dominés, les hommes d'Eddie Jones ont réagi trop tard pour gâcher la fête d'une équipe qui a signé son acte fondateur en même temps qu'elle a retrouvé son public.

Une première percée de Teddy Thomas amorce les prémices de ce rêve. Le jeu rebondit ensuite magnifiquement avant qu'une passe intérieure de Ntamack pour Rattez ne prenne à revers les derniers défenseurs anglais (7-0, 6e).

Hors de question de se réveiller, le songe est trop beau. Les Bleus remportent tous les duels ou presque, ils font jeu égal en conquête et le jeu au pied de Bouthier réalise des miracles pour donner de l'air aux siens. Dans ces conditions, il ne peut rien arriver aux hommes de Galthié, d'autant que les Anglais ne sont que l'ombre des finalistes de la dernière Coupe du monde. ces derniers multipliant les approximations et les en-avants.

A-t-on changé les maillots bleus et blancs sans nous prévenir ? Non, le XV de France évolue bien dans ses couleurs traditionnelles. Mais quelque chose a changé, c'est indéniable. Il est trop tôt pour dire quoi, mais tous ces contres favorables, ce n'est pas que de la chance... Comme ce ballon que se disputent Ollivon et Lawes, ce dernier touchant le cuir en dernier et remettant bien involontairement Rattez dans le sens du jeu. Opportuniste, l'ailier tricolore n' a plus qu'à servir son néo-capitaine pour le 2e essai (17-0, 20e).

L'équipe de France qui mène 17-0 à la pause face à l'Angleterre, il faut se pincer pour y croire. La France qui ne s'écroule pas physiquement et mentalement alors qu'elle mène, c'est encore plus beau. Sans jamais surjouer, ces jeunes Bleus continuent d'enthousiasmer à la reprise, enlevant une à une les épines de la Rose. Même l'intervention de la pluie, la traditionnelle meilleure alliée de la Perfide Albion, ne change pas la donne. 

Les Coqs épatent

Ils font même mieux que résister et gérer leur avantage. A la 56e minute, Ollivon poursuit son baptême du feu et de rêve en profitant d'une magnifique percée long de ligne du dragster Dupont et inscrit son 2e essai personnel. La France mène alors 24-0 et le réveil n'a toujours pas sonné pour interrompre ce rêve...

Oui mais il y a un May...

Alors que tout semble aller dans le meilleur des mondes, le XV de la Rose retrouve soudainement du piquant. Et, comme souvent, Jonny May joue le rôle de la flèche empoisonnée. En sept minutes, l'ailier à l'allure d'échassier plante deux essais qui rappellent que l'Angleterre meurt mais ne se rend pas.

Les partenaires de Farrell reviennent ainsi à dix points et continuent de pousser comme des damnés. Il faut un sauvetage héroïque de Bouthier qui donne son corps à la science pour empêcher Kruis d’aplatir sous les perches et sauver la patrie en danger (77e) ! Il était dit que la France ne pouvait pas perdre ce match. En tout cas, elle ne le voulait pas. Il s'agit désormais de confirmer cette entame quasi parfaite face à l'Italie dans une semaine. Mais l’heure n'est pas à la projection, elle est surtout à la célébration.