Le jour où… l'Italie a gagné pour la première fois en France

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Auteur·e : Maxime Gil
Fabien Pelous (D) et Yann Delaigue (C) tentent d'arrêter le demi d'ouverture italien Dominguez (G), le 22 mars 1997 à Grenoble
Fabien Pelous (D) et Yann Delaigue (C) tentent d'arrêter le demi d'ouverture italien Dominguez (G), le 22 mars 1997 à Grenoble | AFP

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Dimanche, le XV de France affronte l'Italie lors de la 2e journée du Tournoi des 6 Nations. Victorieux de l'Angleterre, les Bleus sont en pleine confiance alors que les Transalpins doivent relever la tête. Attention à l'excès de confiance. Cela a déjà coûté cher aux Tricolores par le passé. Flashback.

L’Italie a été sévèrement corrigée au pays de Galles lors de la 1ere journée du Tournoi des VI Nations 2020. En encaissant un sévère 42-0, les Transalpins n’ont pas fêté de la meilleure des manières le 20e anniversaire de leur entrée dans le Tournoi.

Surtout, ce cinglant revers, qui ne souffre d’aucune contestation, relance l’éternel débat sur la pertinence de la présence de la Squadra Azzura au rendez-vous des meilleures nations européennes, alors qu’elle n’a plus connu le moindre succès dans la compétition depuis le 28 février 2015, en Ecosse (19-22), et reste sur quatre cuillères de bois consécutives.

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Pourtant, fin 1990, l’intégration de l’Italie était loin d’être incongrue. Car à l’époque d’Alessandro Troncon et Diego Dominguez, les Azzurri ont le vent en poupe. Et plusieurs succès de prestige viennent étayer leur demande d’intégrer le gratin du rugby sur le Vieux Continent. En témoigne une rencontre contre la France, restée dans l’histoire : du mauvais, côté tricolore, du bon, côté italien.

Premier capitanat pour Pelous

22 mars 1997. Grenoble, stade Lesdiguières. Le XV de France reçoit l’Italie lors d'un match plus ou moins amical, qui fait office de finale du Trophée européen (le Trophée Giuseppe-Garibaldi qui revient au vainqueur des France - Italie du Tournoi n'a fait son apparition qu'en 2007, NDLR) , sorte de 5 Nations bis auquel avait participé une équipe de France bis en 1996.

L’occasion pour les Bleus de célébrer leur tout frais et inattendu Grand Chelem, le premier depuis 10 ans, décroché après avoir corrigé l’Ecosse, à Paris. Autant dire que les Califano, Tournaire, Pelous, Penaud ou autres Lamaison avaient fêté ça avec la manière. Et que certains d’entre eux avaient été exemptés de ce match face à l’Italie.

Sauf que la fête vire au fiasco pour le premier capitanat de Fabien Pelous : les Bleus ont encore la gueule de bois et pas la tête au rugby. Un peu de suffisance aussi peut-être et un excès de confiance. Les joueurs de Jean-Claude Skrela et Pierre Villepreux se font surprendre par des Transalpins qui n’étaient pas venus au pied des montagnes pour sabrer le champagne avec les Bleus.

20 points pour Dominguez

Ivan Francescato refroidit d’entrée l’ambiance (6e). Si la France se réveille avec un essai de pénalité (15e) et le pied de David Aucagne (13-10, 25e), les joueurs de Georges Costes bousculent des Tricolores bien moins emballants que ces dernières semaines. Julian Gardner sanctionne (13-20, 35e). Malgré la réaction insufflée par Pierre Bondouy (20-20, 52e), les Bleus courent après le score : Giambattista Croci (20-27, 56e) et Paolo Vaccari (20-40, 73e) font enfler la marque. Jean-Luc Sadourny (25-40, 79e) et Bondouy réduisent l’écart (32-40, 80e). En vain : Dominguez avait fait le boulot au pied (20 pts).

La France est passée à côté. Drôle de première sélection pour Serge Betsen. Drôle de fin de carrière en Bleu pour Guy Accoceberry. Le XV de France tombe de haut alors que les Italiens vont atteindre le sommet, un an plus tard, en partie grâce à ce succès : la Squadra Azzurra est intégrée au futur Tournoi des VI Nations.

Le XV de départ : De Rougemont - Dal Maso (Ibanez, 75e) - Tournaire ; Merle - Miorin ; Benetton - Pelous (cap.) - Costes (Betsen, 59e) ; Accoceberry - Aucagne ; Saint-André, Bondouy, Delaigue, Ougier, Sadourny.

Maxime Gil gil_maxime_34