Italie-France : réalisme, intégration, inspiration, trous d'air... Ce qu'on a aimé et moins aimé

Publié le , modifié le

Auteur·e : Julien Lamotte
Matthieu Jalibert Italie France
Matthieu Jalibert s'extirpe de la défense italienne, le 6 février 2021 à Rome | Filippo MONTEFORTE / AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Dans la lignée de ses dernières productions, le XV de France a déroulé en Italie pour son entrée dans le Tournoi (50-10). Les motifs de satisfaction, qu'ils soient collectifs ou individuels, sont nombreux, les taches d'ombres presque aussi rares que les nuages dans le ciel romain. Revue d'effectif.

Ce que l'on a aimé

Le début de match sans fausse note

Il y a certes eu un gros couac au moment de lancer les hymnes mais cela n'a pas empêché les Bleus de débuter en fanfare. Face à un adversaire dont on ne savait pas encore s'il était toujours aussi faible que ces dernières années, il ne fallait pas prendre le risque de le remettre en confiance. Le XV de France n'a pas été permissif. En étouffant d'entrée la Squadra Azzurra, les hommes de Galthié ont su se rendre le match facile. Pour, à mesure que le score gonflait, jouer de plus en plus libérés.

Le réalisme avant la dolce vita

Avant de lâcher les chevaux, les partenaires de Charles Ollivon ont su tenir le harnais et brider les ardeurs adverses. Désormais beaucoup plus implacables que par le passé, les Français savent maximiser chaque temps fort, chaque pouce de terrain gagné. Ainsi, alors que les Italiens avaient posé la patte sur le ballon, deux contres assassins de Cretin (7e) et Vincent (30e) ont rappelé le sang froid qui coule dans les veines bleues. Face à un adversaire d'un tout autre calibre, cela s'avérera fort utile. 

Séminaire d'intégration réussi

Les hommes changent, les idées restent. Privé de Romain Ntamack, Virimi Vakatawa ou encore François Cros, Fabien Galthié a puisé dans le réservoir bleu. Pour sa première cape dans le Tournoi, Gabin Villière n'a pas marqué mais il a été impeccable en défense et actif ballon en mains. Remplaçants l'an passé derrière Ntamack et Cros, Matthieu Jalibert et Dylan Cretin ont aussi martyrisé la défense italienne avec, respectivement, une percée décisive pour l'essai de Thomas (57e) et un essai en force pour lancer les Bleus (7e).

Premiers de la classe

On s'y habituerait presque. Désormais les gestes de classe mondiale font désormais partie intégrante des matchs du XV de France. Après des années de gabegie, cela fait du bien. Alors quand Teddy Thomas crochète deux défenseurs sur trois pas, quand Dupont jongle avec le ballon après un rebond récalcitrant et offre une passe aveugle qui amène un essai, quand Dulin ose, et réussit, des relances de ses 22, on se souvient des passes de maçon qui pénalisaient notre rugby il y a peu et on savoure... 

Ce qu'on a moins aimé

Quelques scories à ventiler

Le jeu appelle des fautes, il faut donc bien en retenir quelques unes. Mais, honnêtement, rien de bien inquiétant. Le test face à l'Irlande, dimanche 14 février, sera à ce titre bien plus révélateur. Alors, bien sûr, il y a eu, ici et là, quelques coups de pieds pas assez précis et parfois une certaine suffisance en fin de rencontre. L'indiscipline, le gros chantier dans lequel s'est lancé Galthié, a semblé encore problématique en première période avant que, portés par leur domination, les Bleus ne commettent quasiment plus de fautes.

De même, pendant un petit quart d'heure, les Français ont trop souvent laissé la possession à leurs adversaires qui ont réussi, à deux reprises, à les transpercer dans l'axe de la défense. Une porosité qu'il faudra colmater à tout prix face à l'Irlande dimanche prochain sous peine de voies d'eau bien plus conséquentes.