bagarre France Ecosse
les esprits se sont échauffés entre Ecossais et Français | PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

Edito. Le XV de France à ses rixes et périls

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Une fois encore, l'indiscipline chronique des Bleus leur a coûté cher : la victoire contre l'Ecosse, et peut-être le Grand Chelem. Un mal chronique qui a trop souvent pénalisé les joueurs français par le passé et qui n'est toujours pas éradiqué. Aujourd'hui, les hommes de Galthié maîtrisent mieux leur sujet mais toujours pas leurs nerfs.

Le joueur latin a le sang chaud. Le poing de Mohamed Haouas en plein visage de Jamie Ritchie ne va rien faire pour tordre le cou à ce cliché. Quelques mois après le violent coup de coude de Sébastien Vahaamahina contre un Gallois en Coupe du monde, cela va même rajouter de l'eau au moulin aux zélateurs britanniques qui estiment que les Français ne savent pas garder un flegme typiquement de chez eux. "Ils ont un gros pack mais probablement peu discipliné, surtout en mêlée. Nous savons qu'ils vont frapper, poursuivre et tricher" avait annoncé Alun Wyn Jones il y a quelques semaines. 

Le jugement mérite d'être nuancé. Les Bleus ne sont certainement pas ces bouchers sanguinaires qui s'attaquent aux innocents sujets de sa Majesté. Tout d'abord, il convient d'objecter que les Ecossais n'ont pas été des anges, loin de là, dans les phases de ruck notamment. Et que l'arbitre du match, tout comme la réalisation qui "oubliait" de remontrer les fautes du Chardon, portaient plutôt bien le kilt ce dimanche. Mais cela n'excuse en rien la violence du geste, évidemment.

Chassez le naturel du Coq...

La jeunesse de ce XV de France, son manque d'expérience peuvent également expliquer ce terrible moment d'égarement. "C'était une sorte de bagarre générale et peut-être que, avec un peu d'expérience, on apprendra à stopper les choses avant. On ne voulait pas en découdre, on s'est fait piéger. Mais on est jeunes, on est en reconstruction", a expliqué Fabien Galthié. La frontière entre impétuosité et agressivité est parfois très mince... 

Pour une équipe qui vise le titre mondial à domicile en 2023, il faudra de toute urgence travailler sur la gestion des émotions. Et canaliser cette propension à dégoupiller quand on vient chatouiller les narines bleues. Ce goût pour la joute physique ne date hélas pas d'aujourd'hui. De 1931 à 1939, le XV de France avait été exclu du Tournoi des 5 Nations pour, entre autres, un jeu jugé trop violent !

Si le Coq a parfois été plus sage au cours de ces dernières décennies, la rechute n'est jamais loin. C'est dans la nature de l'animal et du quinziste français mais, sans le castrer, il faut pourtant juguler sa fougue. Car ce serait trop dommage d'être revenu au plus haut niveau, de proposer un jeu séduisant, de former des joueurs prometteurs pour finalement tout perdre à cause de cette foutue indiscipline. Il le faut pour que l'on n'entende plus les Bleus parler de "frustration" après un match comme celui de dimanche. Et pour que tous les espoirs ne tombent pas à l'amer.