6 Nations - XV de France: Le retour des sourires

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
La joie des joueurs du XV de France
La joie des joueurs du XV de France | AFP - Anne-Christine POUJOULAT

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En s'imposant (27-10) contre l'Ecosse au Stade de France, l'équipe de France s'est fait plaisir, s'est rassuré, et a reconquis son public. Mais ce n'était pas gagné, loin de là.

Un stade plein, du soleil, des drapeaux tricolores qui s’agitent partout dans les tribunes, et une Marseillaise qui retentit après moins de 25 minutes de jeu. Pour un peu, on se croirait revenu de nombreuses années en arrière, lorsque l’équipe de France attisait la confiance de son public. "Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas joué dans un stade plein, avec cette ambiance", reconnaissait Louis Picamoles après le match.

Pas vraiment le cas de ces dernières saisons. Désormais 10e nation mondiale, son pire classement de l’histoire, avec dix défaites lors de ses treize derniers matches, les Français avaient plutôt enterré les espoirs de leurs supporters. Sur le parvis du Stade de France, avant le match, l’espoir de victoire tenait au surnaturel. « A moins qu’on achète l’arbitre », disait l’un d’eux, au visage maquillé de bleu-blanc-rouge. « On va allumer un cierge du côté de la basilique de Saint-Denis », dit un autre. « Il y a du soleil, alors ça peut le faire », concluait un dernier, le plus optimiste.

L'Ecosse toujours battu en France depuis 1999

Pour ce match du Centenaire de la FFR, les joueurs français avaient tenté de mettre les ingrédients dans le bon ordre. De l’engagement, du dynamisme, un essai refusé dans les 5 premières minutes, un avantage de 10-0 après 24 minutes, tous les feux étaient au vert. Sauf que les démons ne sont jamais loin. Un carton jaune pour Huget à la 28e, une pénalité ratée par Ramos à la 32e, un en-avant grossier de Vahaamahina à la 39e

Mais pas d'essai encaissé en fin de match, pas de maladresses en pagaille... Pas aujourd'hui. Preuve que ce match était bien différent, le XV de France a voulu ramener le bonus offensif dans le temps additionnel, alors qu’il venait d’encaisser un essai et que le XV du Chardon faisait tout pour emballer la fin de match. Et il y est parvenu. "J'ai craint qu'on batte le record des arrêts de jeu du match contre les Gallois", dira en conférence de presse Guilhem Guirado, le capitaine qui a trouvé le temps long sur cette fin de match vécu en bord de touche. "Je suis satisfait de l'équipe dans sa globalité", commentait Jacques Brunel sans pour autant sourire. "Je suis satisfait d'avoir pris le bonus offensif, d'avoir montré du caractère car après quatre essais refusés, on aurait pu baisser les bras."

Face à une équipe qui n’a plus gagné en France depuis 1999, il était dit que les anciennes habitudes seraient plus tenaces que les récentes. Les 78 000 spectateurs ont pu profiter d’une belle après-midi ensoleillée et victorieuse. "Ca faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu d’ambiance comme ça, dans un stade aussi plein", notait Guirado après le match. D'ailleurs, 20 minutes après la fin du match, ils étaient encore nombreux dans les tribunes pour saluer les vainqueurs. C’est tellement rare.

De notre envoyé spécial