6 Nations - XV de France: La semaine de tous les dangers

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Morgan Parra à la musculation à Marcoussis
Morgan Parra à la musculation à Marcoussis | AFP - FRANCK FIFE

Après deux défaites dont une claque reçue à Twickenham (44-8), le XV de France prépare son troisième match du Tournoi des 6 Nations, contre l'Ecosse samedi (15h15, en direct sur France Télévisions). Battue à domicile par l'Irlande lors de la dernière journée, le XV du Chardon est un adversaire coriace, vainqueur des Bleus lors de deux de leurs 3 derniers duels. Mais les Ecossais n'ont plus gagné en France 1999, dernière année du Tournoi des 5 Nations.

L'Ecosse, le spectre de la défaite ultime ?

Vaincu à domicile par les Gallois, puis en Angleterre, l'équipe de France est sous une pression énorme. Car avant de se rendre en Irlande puis en Italie, la deuxième et dernière réception est vitale. En effet, on voit mal cette équipe s'imposer à Dublin chez des Irlandais qui pourraient peut-être encore rêver de conserver leur titre (si l'Angleterre venait à perdre ce week-end à Cardiff). Et arriver à Rome sans aucune victoire, pour jouer la Cuillère de Bois, serait un challenge pour le moins difficile à relever. Si tel était le scénario, la France en serait alors à 12 défaites lors de ses 15 matches de l'ère Brunel. Bref, inutile de dire que la victoire contre le XV du Chardon est plus que nécessaire. D'autant plus que les Ecossais, vainqueurs des Bleus à domicile en 2016 et 2018, n'ont plus gagné en France depuis des lustres.

1999, du désespoir à l'espoir ?

La dernière fois que l'Ecosse s'est imposée en France, cela remonte donc à 1999. Cette année-là, elle s'impose (32-26) au Stade de France. Cette année-là, le XV du Chardon remporte l'ultime Tournoi des 5 Nations. C'est sa dernière victoire. Et la France, tenant du titre, prend la dernière place avec une seule petite victoire (en Irlande). Mais quelques mois après, au bout d'un exploit contre les All Blacks à Twickenham (43-31), elle devient vice-championne du monde en perdant en finale contre l'Australie. Cette résurrection, certains en rêveraient certainement aujourd'hui. 

Composition avancée, état d'urgence, rumeur Galthié, le feu au lac ?

Ce lundi matin, un communiqué du XV de France a chamboulé la semaine. "Suites aux échanges du weekend entre le staff et les joueurs et pour optimiser la semaine de préparation de l’Equipe de France", l'annonce de la composition est avancée du jeudi au mardi. Deux jours d'avance, c'est déjà un signe. Cela s'explique afin de permettre au groupe titulaire de travailler deux jours de plus dans cette composition, en espérant avoir une meilleure fluidité dans le jeu. "C'est une demande des joueurs, qui préfèrent connaître la composition dès le début de semaine afin de pouvoir se préparer en conséquence lors des deux grosses journées d'entraînement de la semaine, mardi et mercredi. Ca fait partie des discussions qui ont eu lieu ce week-end entre le staff et les joueurs", indique l'encadrement.

Cette décision fait suite notamment à des critiques des joueurs, qui regrettaient de ne pas avoir assez travaillé pour préparer le choc en Angleterre. Mais c'est aussi le reflet d'un état d'urgence à Marcoussis. Car après cette annonce, en début d'après-midi, ce sont "les joueurs cadres du groupe (qui) viendront répondre à vos questions au nom de l'équipe de France et du staff". C'est l'union sacrée, ou c'est la prise en mains des joueurs sur le jeu ?

En tout cas, les rumeurs faisant état de l'arrivée de Fabien Galthié pour épauler l'actuel staff de l'équipe de France et Jacques Brunel, donnent de l'épaisseur à une crise du côté du CNR. Et les propos de Bernard Laporte, le président de la FFR, ne sont pas de nature à rassurer, même s'ils visaient d'abord à conforter son sélectionneur: "Ça fait dix ans qu'on ne gagne pas. On me dit toujours que c'est la faute des entraîneurs. Au bout d'un moment, il faut se rendre compte que c'est le système qui fabrique des joueurs qui ne sont plus au niveau", a-t-il dit la semaine dernière au Dauphiné Libéré. Après dix défaites en 13 matches, le XV de France est au bord du précipice.