6 Nations - XV de France: Changements de joueurs pour changement de jeu

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
La nouvelle génération bleue autour de Wesley Fofana (à gauche): Marchand, Ntamack, Dupont, Bourgarit et Alldritt
La nouvelle génération bleue autour de Wesley Fofana (à gauche): Marchand, Ntamack, Dupont, Bourgarit et Alldritt | AFP - Geoffroy VAN DER HASSELT

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En modifiant largement la composition de son équipe pour débuter le Tournoi des 6 Nations par rapport à la tournée d'automne, l'encadrement du XV de France n'a pas fait que s'adapter. Blessures et méformes n'expliquent pas la totalité des six changements. Il y a aussi des "choix forts", comme l'a dit Jacques Brunel au sujet de sa paire de centres. Pour retrouver la victoire sur la durée, les Bleus doivent en effet changer des choses.

Six changements dans le XV de départ par rapport au dernier match, face aux Fidji en novembre. C'est un sacré renouvellement qu'a opéré l'encadrement de l'équipe pour débuter le Tournoi face au pays de Galles. "On a besoin de gagner des matches, de gagner ce match", a ainsi martelé encore une fois Jacques Brunel, le sélectionneur. Et d'affirmer: "Tout le monde s'est concentré sur ce premier match, car on n'a pas les moyens d'avoir des objectifs à long terme." Trois petites victoires la saison passée en onze rencontres, le bilan n'était pas fameux.

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Depuis une semaine et demi, les 31 Français travaillent pour remédier à cela. "J'ai senti la volonté d'aller plus loin, d'en faire plus pour bien débuter ce Tournoi, pour créer une dynamique qui nous permette de passer ce Tournoi dans de bonnes conditions." 

Pour y parvenir, le staff a donc fait des choix. En 2018, la France a souvent perdu. Elle a souvent également bien défendu. C'était l'un des axes de travail du nouveau sélectionneur à son arrivée. Régulièrement, le XV de France a fini à plus de 90% de plaquages réussis. Mais son manque de réalisme lui a aussi coûté cher, comme à Cardiff l'an dernier avec deux pénalités ratées pour une défaite d'un point (14-13) ou avant contre l'Irlande, avec une pénalité ratée juste avant le drop vainqueur de Sexton (13-15). 

 

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La complémentarité et le goût de l'offensive des Clermontois et des Toulousains

Plus de réalisme et de créativité, voilà les deux axes d'améliorations pour cette année de Coupe du monde. Cette première liste veut répondre à ce double défi. En alignant 100% de Clermontois et des Toulousains du poste de N.9 au 15, les entraîneurs ont fait le choix de la complémentarité, de la complicité et de l'offensive. Les deux clubs sont les deux premiers du Top 14, qualifiés pour les quarts de finale des coupes d'Europe (Champions Cup pour Toulouse, Challenge Cup pour l'ASM). Et ces deux équipes sont aussi les deux plus performantes offensivement: 479 points inscrits (et 8 bonus) pour les Jaunards, 404 points (et 6 bonus) pour les Rouge et Noir. "On a des joueurs de grande qualité derrière, notamment en terme de vitesse. On va essayer de les utiliser le mieux possible", a expliqué le sélectionneur.

Les deux équipes représentent depuis plusieurs années, malgré quelques soubresauts ponctuels, des références du jeu complet et offensif en France. "Cette volonté de jeu, on l'a toujours eue", notait d'ailleurs Jacques Brunel mercredi matin à l'heure de justifier les choix des hommes. Le plus marquant est bien sûr l'éviction de Mathieu Bastareaud, souvent associé à Geoffrey Doumayrou, pour laisser place au duo Ntamack-Fofana. Plus créatifs, plus vifs et un peu moins dans le combat que les deux autres, ce sera une première sélection pour le Toulousain, et une première collaboration pour ce duo. Mais pas de caricature: Bastareaud et Doumayrou ne sont pas manchots dans l'art du jeu déployé. Ils ont des atouts différents. "Mathieu ne bloque pas ce genre d'initiatives", affirme Brunel. "Il sert de point d'appui, de leurre." Le duo qui leur a été préféré va devoir trouver des solutions face à "certainement la meilleure défense d'Europe, qui a éprouvé toutes les équipes dans ce secteur", selon Brunel.

Charge à la charnière clermontoise et expérimentée Parra-Lopez de mettre en musique les offensives et de faire les bons choix. "Il va falloir être capable d'alterner, jouer au pied sans doute, conserver la vitesse quand on est dans l'avancée", a fixé le sélectionneur. En équipe de France depuis 2008, meneur d'hommes et de combat, filou comme le veut son poste à la mêlée, Morgan Parra va fêter sa 70e sélection. Une tonne d'expérience en plus pour ne pas se tromper au moment important. Avec le triangle d'arrières Huget-Médard-Penaud, les ballons de relance seront certainement mis à profit, surtout si le temps est pluvieux.

Le combat dans le dynamisme

En laissant Bastareaud et Doumayrou de côté, l'équipe de France se passe de deux gros défenseurs, de deux combattants dans le centre du terrain. La 3e ligne Lauret-Iturria-Picamoles, maintenue par rapport à novembre, devra donc encore plus s'employer dans le secteur du contest. Mais la France n'a pas laissé de côté la puissance, comme en témoigne la titularisation de Paul Willemse. 135kg en 2e ligne, un goût du combat prononcé et un "profil de coureur pour un joueur de ce gabarit" dixit Brunel, voilà de quoi mener la vie dure au capitaine gallois, le 2e ligne Alu-Wyn Jones

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La jeunesse sur le banc

Sur le banc également, le changement de ton est donné. 7 joueurs de 25 ans et moins sur les 8 remplaçants: la volonté d'amener la nouvelle génération à maturité rapidement est là. La première ligne Marchand-Priso-Bamba est aussi dense physiquement que dynamique. Idem pour le 2e ligne Lambey, plus léger que Willemse mais plus mobile et technique aussi, comme le novice Alldritt qui couvre les postes de 3e ligne centre et de 3e ligne aile. Enfin, derrière, le rôle d'impact player est dévolu à Gaël Fickou, plutôt convaincant la saison passée même s'il alternait entre le poste de centre et d'ailier. Sa technique, ses cannes et son instinct en font un atout, comme Baptiste Serin, appelé à couvrir les deux postes de la charnière, peu connu pour son goût pour le jeu restrictif.

Bref, Jacques Brunel et ses adjoints ont placé sur le banc de la jeunesse, de l'inexpérience. Et ce n'est pas fini. En citant Thomas Ramos (24 ans), auquel on peut associer les Dupont, Belleau, Aldegheri et autres Sanconnie (tous 23 ans et moins) absents de la feuille de match, le sélectionneur a rappelé: "Ils ne sont pas venus là pour faire le nombre. Ils entreront obligatoirement." Avec ce banc jeune (23 ans de moyenne d'âge), le XV de France compte sur du dynamisme et de l'enthousiasme pour réaliser une fin de match qui a souvent joué des tours aux Français ces derniers temps.