L'équipe de France entre sur le terrain
L'équipe de France entre sur le terrain | AFP - FRANCK FIFE

6 Nations - XV de France: 2019, année impaire pour défi majeur

Publié le , modifié le

Comme toutes les années impaires, l'équipe de France a trois déplacements à son programme dans le Tournoi des 6 Nations. Un sacré festin à se mettre sous la dent avec des déplacements redoutables en Angleterre (où les Bleus n'ont plus gagné depuis 2007) et en Irlande (où ils n'ont plus gagné depuis 2011). Depuis que le Tournoi est passé à 6, la France a remporté cinq Tournois, dont 3 Grand Chelems. Un seul lors d'une année impaire (2007).

Entre 2016 et 2018, le XV de France a disputé 32 matches. Il n'en a gagnés que 10. Une pitance qui explique son 9e rang au classement mondial. Derrière les Fidji. Pourtant, toute série noire a une fin. Le redressement peut-il avoir lieu en 2019, année de Coupe du monde, trois mois après avoir concédé la première défaite de l'histoire contre les Fidjiens ? "Vu qu'on est des compétiteurs, on a tous pris un 'pèt' au casque. Mais deux mois sont passés, on est tourné vers autre chose", assure Camille Lopez.  "Si on joue petit bras... Il faut oser, je pense", ajoute Sébastien Vahaamahina.  "Parfois on sent qu'on est un peu timoré, on a peur de faire la passe en plus", analyse l'expérimenté Louis Picamoles.

Mais ce Tournoi des 6 Nations n'est pas des plus aisés. Car en année impaire, la France est condamnée à réaliser trois déplacements, pour deux matches à domicile. Un planning qui ne favorise pas les grands résultats. La preuve: depuis 2000, et l'intégration de l'Italie dans le Tournoi, les Bleus ont remporté cinq titres, dont trois en faisant le Grand Chelem. Les années ? 2002, 2004, 2010 pour les Grands Chelems, 2006 et 2007 pour la victoire simple. Pour résumer, la France n'a gagné le Tournoi qu'une fois dans une année impaire. Voilà toute la difficulté de cette édition, avec, comme d'habitude, les déplacements à Londres, Dublin et Rome. Mais pas que...

Galles, un gros morceau d'entrée

L'an dernier, l'équipe de France a basculé dans le négatif et hors du podium en s'inclinant d'un tout petit point à Cardiff (14-13) lors de la dernière journée du Tournoi. Avec deux pénalités ratées, un essai "casquette" encaissé juste après avoir ouvert le score d'un drop en début de match, et une supériorité dans divers secteurs (51% de possession, 94% de plaquages réussis, 8 fois pénalisés contre 12 aux Gallois)... La deuxième victoire depuis 2012 contre les Diables Rouges est passée à un cheveu. Comme souvent en 2018. "Si on arrive à trouver ces deux-trois résultats qui nous font basculer, ça va donner quelque chose de vraiment bien", assène aujourd'hui le demi de mêlée Baptiste Serin.

Face aux Gallois qui ont gagné tous leurs matches en juin et novembre (en croisant notamment deux fois l'Afrique du Sud et l'Argentine, mais aussi l'Australie et l'Ecosse), le défi est majeur pour les Bleus. Une victoire pourrait les mettre dans une spirale positive. Une défaite les enfoncerait sans doute dans les abymes du doute. Le seul succès tricolore, réalisé en 2017 au Stade de France, avait été acquis au bout du temps réglementaire, au terme d'un retour sur le terrain de Slimani à la place d'Atonio lors d'un long bras de fer devant l'en-but gallois qui avait fait couler beaucoup d'encre...

Angleterre, le Crunch pour deuxième obstacle majeur

Cela fait tout simplement 11 ans et demi que la France n'a plus battu l'Angleterre à Twickenham. C'était lors d'un test-match préparatoire à la Coupe du monde 2007 (victoire 21-15). Pour trouver trace d'un succès en terre anglaise dans le Tournoi, il faut remonter un peu plus loin: 2005 (victoire 18-17). Un an après avoir enchaîné trois défaites de rang (Ecosse, France, Irlande) et fini en 4e position, le XV de la Rose veut relever la tête. car, quatre ans après son retentissant échec à domicile lors de la Coupe du monde 2015 (élimination en poules), l'épreuve planétaire au Japon les accapare. D'autant plus que la France sera dans le même groupe que les Anglais (avec l'Argentine). Marquer les esprits sur son territoire pour mieux voyager, les hommes d'Eddie Jones ont déjà failli le faire en étant la seconde équipe (avec l'Irlande) à vaincre les All Blacks en 2018. La défaite (16-15) l'a empêché. Mais elle montre bien leurs ambitions.

Irlande, la dernière montagne

Avant un dernier déplacement à Rome, le XV de France devra passer par l'Irlande. Auteur du Grand Chelem en 2018, le XV du Trèfle est plus que jamais un mastodonte. Deuxième nation mondiale, la seule à avoir vaincu la Nouvelle-Zélande en 2018, les troupes de Joe Schmidt ont à coeur de maintenir le cap pour monter, pour la première fois de son histoire, sur le podium de la prochaine Coupe du monde.

Depuis quelques saisons, les Bleus sont les adversaires favoris des Irlandais. Sur les 8 derniers matches, ils n'ont perdu qu'une fois (en 2016 au Stade de France 10-9). Deux nuls, cinq victoires, cela donne le ton. Même si les succès sont souvent arrachés de haute lutte, comme l'an dernier sur un drop de 45m de Sexton au bout du temps réglementaire (15-13), ils affirment la supériorité des Verts. A l'Aviva Stadium, ils n'ont plus perdu contre les Français depuis 2011. 

Le drop vainqueur de Jonathan Sexton au Stade de France en 2018