6 Nations : Vincent Rattez, la surprise du chef en équipe de France

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
L'ailier international Vincent Rattez, félicité par ses coéquipiers Gaël Fickou et Antoine Dupont
L'ailier international Vincent Rattez, félicité par ses coéquipiers Gaël Fickou et Antoine Dupont | AFP - FRANCK FIFE

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Dimanche, Vincent Rattez a fêté sa première titularisation en équipe de France en inscrivant son premier essai international lors de sa première victoire avec les Bleus, sur les vice-champions du monde anglais (24-17). L'ailier de La Rochelle avait pourtant pris l'habitude d'être régulièrement l'invité de dernière minute en Bleu, se contentant de bouts de matches. Ce dimanche, il a sans doute pris un virage dans sa carrière internationale.

Vincent Rattez, depuis ses débuts en équipe de France en juin 2017, n'a que rarement fait partie des premiers convives invités au banquet.

En juin 2017, pour sa première convocation, il dispute deux rencontres contre l'Afrique du Sud, dans l'hémisphère Sud. Deux larges défaites à la clé (37-14, 35-12), 9 minutes disputées lors du premier match, 1 lors du deuxième. Ensuite, il a dû patienter plus de deux ans pour ré-endosser le maillot national, lors du quart de finale de la Coupe du monde perdu contre le pays de Galles, avec seulement 2 petites minutes de plus au compteur. Pourtant, il ne devait même pas faire le voyage au Japon, lui qui ne faisait pas partie des 65 joueurs suivis durant la saison, lui qui n'était ensuite que réserviste lors de la préparation, lui qui n'avait pas été sélectionné parmi les 31. C'est finalement le forfait de Thomas Ramos qui l'avait réintégré dans le groupe, le 3 octobre. Pour ce Tournoi des 6 Nations, intégré dans la liste des 42, puis dans celle des 28, il devait être remplaçant au coup d'envoi du premier match contre l'Angleterre. Sauf que moins de 24h avant le début du match, Damian Penaud s'est blessé au mollet lors du dernier entraînement.

Une titularisation au dernier moment en forme de chance

Titulaire pour la première fois, marqueur du premier essai de la rencontre (et son premier au niveau international) après six minutes de jeu, imaginez sa joie de disputer enfin 80 minutes d'un match, et de remporter sa première victoire en Bleu. "Ça faisait un petit bout de temps que j'attendais de jouer plus que dix minutes", souriait-il au micro de Cécile Grès. "C'était peut-être une chance pour lui d'entrer dans la peau d'un titulaire moins de 24h avant le match", estime Vincent Clerc, l'ancien ailier international aujourd'hui consultant pour France Télévisions. "Il a pu l'aborder sans se poser de questions, il a pris les choses comme elles arrivaient et il a fait un très bon match."

Arrivé au Stade Rochelais 2016, devenu un cadre de l'équipe après avoir été formé au Racing 92 puis avoir fait les beaux jours de Narbonne, le joueur de 27 ans a progressé au fil des bons parcours en Top 14 et sur la scène européenne des Maritimes lors des dernières saisons. "J'ai essayé de faire étape par étape. On ne peut pas tous être des joueurs extraordinaires dès le plus jeune âge", assume-t-il à l'évocation de son éclosion tardive.

Dans les faits, son essai, sur un appel de balle à l'intérieur, a donné de la confiance aux Tricolores. Après trente minutes de jeu, il avait avancé de 57m avec le ballon alors que dans le même temps, l'Angleterre toute entière n'avait atteint que les 88m. A la fin des 80 minutes, il était le deuxième joueur à avoir le plus avancé parmi les acteurs des deux formations (62m), battant 5 défenseurs (3e meilleur total) et réalisant quelques interventions importantes, comme lorsqu'il décalait son capitaine pour le deuxième essai français (24e), lorsqu'il fermait l'extérieur (32e) à un Jonny May qui aime tant les espaces comme il l'a montré en deuxième période... Bien sûr, tout n'a pas été parfait, avec 4 pertes de balle et les deux essais inscrits avec les cannes par son homologue anglais. Mais la performance est majeure.

"On a l'impression qu'il n'est pas très costaud (1.81m, 77kg, Ndlr), mais il est très fort à l'impact. Il résiste à beaucoup de plaquages, et il est très mobile", souligne Vincent Clerc, dont le profil du futur Montpelliérain n'est pas sans rappeler le sien à ses débuts. "C'est un joueur très intelligent, très bon dans ses duels.  C'est un très bon finisseur, et il a un bon raffut. J'aime son activité, sa prise d'initiatives, et il maîtrise ce qu'il fait. Il compense un physique qui n'est pas extraordinaire. Mais aujourd'hui, on na pas besoin de costauds sur les ailes, on veut des profils qui gagnent des duels, répètent une multitude d'actions à haute intensité. Vincent Rattez fait partie de ces joueurs là, qui apportent toujours un plus dans la ligne: ils sont partout, mais aussi à la bonne place, au bon moment."

Pour l'ancien joueur de Toulouse, deuxième meilleur marqueur d'essais de l'histoire de l'équipe de France, le Rochelais "a sa place pour bousculer la hiérarchie. Il lui manquait un match dans la peau d'un titulaire, pour se confronter à ce qui se fait de mieux." C'est désormais fait. Et en l'absence de Penaud, il pourrait prolonger son bonheur, dimanche, au Stade de France, contre l'Italie.