6 Nations : Penaud à l'aile, Poirot titulaire, le reste du XV de France inchangé pour l'Ecosse

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Jefferson Poirot en pleine discussion avec Fabien Galthié, cette semaine à Marcoussis
Jefferson Poirot en pleine discussion avec Fabien Galthié, cette semaine à Marcoussis | AFP - FRANCK FIFE

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Pour le quatrième et avant-dernier match du Tournoi des 6 Nations 2020 en Ecosse (dimanche, 16h sur France Télévisions), l'équipe de France a pour la première fois volontairement changé un joueur dans son XV de départ, dévoilé à 13h. Teddy Thomas, renvoyé dans son club, a abandonné sa place à l'aile pour le grand retour de Damian Penaud, blessé depuis le début de la compétition et pour la première fois sur le pré. Autre retour majeur, celui du pilier gauche Jefferson Poirot, dont c'est la 1re titularisation, qui "profite" de la blessure de Cyril Baille pour revenir.

Il y avait eu les blessures de Virimi Vakatawa et de Vincent Rattez. Mais jusqu'à cette 4e journée du Tournoi, l'encadrement de l'équipe de France n'avait bouleversé son XV de départ que contraint par les forfaits. Pour défier l'Ecosse à Murrayfield, dans un stade où elle a perdu lors de ses trois derniers déplacements, l'équipe de France a subi son premier changement choisi, réfléchi, assumé. Teddy Thomas a été renvoyé chez lui avec 13 autres joueurs, comme le veut la convention entre la Fédération française et la Ligue, et Damian Penaud prend sa place.

L'émulation pour socle de vie

Le Racingman, peu à l'aise en défense lors de ses trois premières titularisations, poursuit son aventure tricolore en clair-obscure : 19 sélections, 11 essais, toujours titulaire mais régulièrement mis au ban du groupe, que ce soit après une soirée en Ecosse mal gérée en 2018, après une arrivée en retard dans une séance collective en 2014 ou lors des deux dernières Coupes du monde, qu'il n'a pas disputées. Son départ n'est pas seulement lié à ses performances, mais aussi aux statuts de Gaël Fickou, déplacé du centre à l'aile à Cardiff et capitaine des lignes arrières, et de Damian Penaud, titulaire indiscutable le long de la touche lors de la dernière Coupe du monde. "Ce n'est pas une sanction", a tranché Galthié au sujet de l'absence de l'ailier du Racing. "Ce mot n'existe pas en équipe de France. Il y a de l'émulation, du plaisir, une mission partagée, du rêve... Damian reprend sa place de titulaire qu'il avait abandonnée sur blessure. On a choisi de ne pas toucher cette ligne de trois-quarts. Teddy fait partie du groupe France."

Mais pour bien faire comprendre que cette émulation entre joueurs joue à plein, le sélectionneur a rappelé que Gabriel Ngandebe, qui fera le voyage en Ecosse avec les réservistes (et peut donc être intégré au groupe des 23 en cas de blessure de dernière minute) "fait de très très bons entraînements avec nous. Il est en progression constante et il est très présent". A 22 ans, le Montpellierain, présent dans le groupe des 42 depuis le 8 janvier, poursuit sa découverte du plus haut niveau. 

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Penaud, grand début sous l'ère Galthié

En 2019, l'ailier clermontois n'avait manqué qu'une seule rencontre de l'équipe de France, contre les Etats-Unis lors de la Coupe du monde. Blessé au mollet à la veille du match contre l'Angleterre, Penaud va disputer son deuxième match de l'année 2020, le premier avec le maillot bleu. Véritable finisseur, performant sur les ballons aériens, perforant, il intervient partout sur le terrain et est solide en défense. Bref, son profil correspond en tout point au jeu voulu désormais en Bleu. En forme, sa titularisation ne se discute pas. Ce sera sa 17e sélection.

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De son côté, Jefferson Poirot a vu sa situation particulièrement discutée depuis le début du Tournoi. Titulaire à 31 reprises lors de ses 33 premières sélections, le pilier de l'UBB va connaître sa première titularisation de l'ère Galthié, qui sera sa 36e cape quinze jours après avoir été renvoyé chez lui avant le match au pays de Galles. Son retour est dû à la blessure de Cyril Baille, N.1 à la gauche de la mêlée lors des trois premiers matches mais forfait pour la fin du Tournoi. A 27 ans, Poirot a une chance de montrer qu'il peut répondre aux attentes du nouveau staff. Son expérience a primé par rapport à la jeunesse de Jean-Baptiste Gros (20 ans), qui avait remplacé Baille à Cardiff lors de sa première sélection, qui reste donc sur le banc. "A l'image de nos finisseurs, Jean-Baptiste a fait une grande partie à son entrée en jeu à Cardiff, ce qui nous a permis de gagner. On n'a pas voulu changer notre groupe de finisseurs", a justifié le sélectionneur. "Jefferson a participé aux entraînements, il a l'expérience, des atouts indéniables très importants pour l'équipe de France. On a totale confiance en Jefferson pour nous accompagner et porter le N.1 à Edimbourg."

Coupe du monde 2023, l'objectif final

Ce sont les deux seuls changements dans le XV de France pour ce match en Ecosse. Comme il en a l'habitude, Fabien Galthié et ses hommes maintiennent le cap d'un statu-quo dans un groupe toujours en construction, dont les performances n'appellent pas à une totale remise en cause. Et le banc des remplaçants n'est pas modifié non plus, leur entrée en jeu ayant satisfait le staff. "Ils doivent être prêts à débuter n'importe quand, n'importe où, à n'importe quel poste", a remarqué Fabien Galthié. Même Camille Chat, touché aux adducteurs à Cardiff et renvoyé chez lui pendant une semaine, a été jugé parfaitement apte à entrer en jeu à Murrayfield. "Il a eu une évolution positive. Il a suivi un protocole jusqu'à ce matin, où il a réalisé un entraînement plein d'intensité", se satisfaisait le sélectionneur. "Il a même atteint sa vélocité maximum à deux reprises sur 30m ce matin." Et Raphaël Ibañez, le manageur, en a rajouté une couche : "Il nous a montré une féroce envie de jouer". Pour l'ancien talonneur, cela a aussi son importance. 

Le sélectionneur a également évoqué la grande stabilité dans son équipe : "N'oublions pas notre but : il reste 33 matches en 4 ans pour faire monter la compétence de cette équipe. Ça va très vite."