Mohamed Haouas, calmé par Arthur Vincent, a été exclu en Ecosse
Mohamed Haouas, calmé par Arthur Vincent, a été exclu en Ecosse | AFP - Anne-Christine POUJOULAT

6 Nations : L'indiscipline a creusé la tombe du XV de France en Ecosse

Publié le , modifié le

Pour la première fois du Tournoi des 6 Nations 2020, l'indiscipline a coûté le match à l'équipe de France, ce dimanche à Murrayfield. Un carton jaune, un rouge, 7 pénalités concédées rien que dans la première période, les Bleus ont sombré dans le jeu déstructuré de l'Ecosse. C'est la première défaite de l'ère Galthié. Plus aucune équipe ne pourra faire le Grand Chelem cette année.

"On doit encore s'améliorer dans notre discipline." Dans la bouche d'Arthur Vincent, ces mots ne datent pas de ce dimanche, mais du précédent match de la France, à Cardiff. Quinze jours après, ce secteur de jeu a été battu en brèche sur la pelouse de Murrayfield. Dans les quarante premières minutes qui n'avaient jamais vu la France aussi insipide offensivement, les hommes de Fabien Galthié ont subi 7 pénalités, auxquelles il fallait ajouter deux bras cassés sur mêlée. Et et en prime, les Tricolores ont reçu leur premier carton rouge cette année par Mohamed Haouas (37e). Le coup de poing de ce dernier, qui a notamment été bien décortiqué par la réalisation écossaise, a en plus succédé au jaune de François Cros, pour un plaquage dangereux dès la 5e minute.

En une mi-temps, la France a accumulé les actes d'indisciplines, bien aidés par la rudesse écossaise, et les nombreuses petites fautes non sifflées par un arbitre bien pointilleux dans certains cas et pas dans d'autres. Oui, on trouve toujours à redire sur l'arbitrage lorsqu'on perd, mais la zone de ruck a été une jolie foire d'empoigne où les locaux ont joué avec les règles, où ils ont souvent tardé à s'en extraire, retardant les sorties de jeu tricolores sans que l'arbitre n'y trouve rien à redire. Et le capitaine, Stuart Hogg aussi génial ballon en main qu'insistant auprès de l'arbitre, a su en profiter pleinement.

Le fantôme du passé ?

Le score à la pause (14-7) n'était pas rédhibitoire, et la mi-temps semblait avoir revigoré les Bleus, particulièrement percutants sur leur premier mouvement au large, et cette pénétration de Damian Penaud. Mais cela se finissait encore par une pénalité contre la France, pour un ballon gardé au sol par Antoine Dupont à 5m de l'en-but adverse. Sur l'action suivante, le XV du Chardon inscrivait un nouvel essai, assassin, décisif, le doublé de Sean Maitland (21-7). A 14 contre 15, la mission était impossible. 

Autre réaction d’orgueil tuée dans l’œuf,  à la 54e minute, avec une pénalité rapidement jouée dans les 22m, mais conclue encore une fois par une pénalisation pour un plaquage trop haut aux 40m écossais.

Des difficultés face au jeu déstructuré

Mais au-delà de ces fautes, de ces faits de jeu, l'équipe de France a encore montré qu'elle avait plus de mal à développer son jeu face à des formations au jeu plus déstructuré. Contrairement aux Anglais comme aux Gallois, au jeu plus stéréotypé, l'Ecosse, comme l'Italie, se régalent dans la désorganisation, dans les initiatives individuelles. Et ça, cette jeune équipe de France ne sait pas encore s'en défaire avec facilité.

Face aux Italiens, ils avaient été pénalisés à 10 reprises. Ce dimanche, ils l'ont été 11 fois. Toujours moins que les 13 du pays de Galles, mais le scénario y avait été totalement différent.