6 Nations : Les Français au comble de la frustration

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Charles Ollivon, le capitaine, vient réconforter Virimi Vakatawa
Charles Ollivon, le capitaine, vient réconforter Virimi Vakatawa | AFP - Bruce White / COLORSPORT / DPPI

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Quelques minutes après la fin du match et de cette défaite en Ecosse (28-17), les joueurs français affichaient une triste mine dans les entrailles de Murrayfield. Chacun son tour, chacun à sa manière, la frustration ressortait. Avec ce revers mérité, les Bleus ont laissé passer leurs chances de Grand Chelem, et le Tournoi pourrait désormais leur échapper.

Frustration. Le mot est lâché, dit, redit, rabâché. Les explications ne sont pas pour ce moment. C'est trop chaud, trop à vif. Reste donc le sentiment qui prédomine : la frustration. Ces erreurs, ces attaques mal finies, celles arrêtées par des fautes, cette défense moins perméable qu'à l'habitude, ces mauvais choix...

En cause : les fautes, pas la pression

"C'est frustrant. Ils ont joué sur nos erreurs, c'est ça qui est frustrant, c'est nous qui n'avons pas été bons", tranche Gaël Fickou après avoir énuméré la litanie des problèmes rencontrés sur ce match : "On est déçus de notre défaite, trop de pénalités, trop de fautes. On n'a pas été assez agressifs. Des en-avants, des ballons grattés... On n'a pas été au niveau." Le visage moins tuméfié qu'à Cardiff mais avec une béquille à la jambe qui le fait boiter, Arthur Vincent ne dévie pas de la même trajectoire : "Frustrés, on est frustrés. On a déjoué ce soir. Est-ce qu'on a eu du mal à se libérer ? Je ne sais pas. Il faut prendre le temps de comprendre pourquoi on n'a pas été aussi à l'aise que les autres fois." Grégory Alldritt, battu comme en août devant une partie de sa famille écossaise, analyse : "Chacun y est allé de sa petite faute, et en cumulé, sur un match international, ça fait beaucoup." Dans la bouche du sélectionneur, Fabien Galthié, cela donne : "On s’est rendu le match compliqué en perdant trop de ballons, en étant trop pénalisés et en ne marquant pas sur nos temps forts."

La théorie de la pression du Grand Chelem est rapidement balayée : "On avait répété que c'était prétentieux d'en parler à deux matches de la fin du Tournoi. On l'avait dans un coin de la tête, car on est compétiteurs, mais on ne voyait pas plus loin que le match contre les Ecossais", glisse Vincent. Paul Willemse, le valeureux deuxième ligne, assume : "Depuis le début, on ne voit que chacun des matches. Ce n'est que le début de cette aventure. On reste sur notre objectif de former notre équipe, notre groupe. On n'est pas content de notre performance aujourd'hui, de ce qu'on a fait." Et le Montpellierain va plus loin : "A ce niveau-là, dans les matches internationaux, quand on fait une erreur, il faut rebondir pour être mieux sur l'action suivante. On va apprendre. On sait qu'on peut jouer beaucoup mieux."

Une frustration à faire rejaillir contre l'Irlande

Le triste bilan de la soirée est clairement assumé. "Il y a de la frustration car on n'a pas joué à notre meilleur niveau", relance Grégory Alldritt. "Il faut qu'on se serve de ça, de toute cette frustration pour le week-end prochain au Stade de France." Le regard est déjà porté vers la suite, vers ce match à domicile contre l'Irlande samedi prochain. "On était sur une bonne dynamique, on l'a cassée aujourd'hui. A nous de rebondir et de ne pas sombrer", avertit le N.8 de La Rochelle. "Il faut relever la tête, se remettre au travail dès demain", renchérit Vincent. "Ce n'était pas nous", conclut Willemse.

"Sincèrement, il n'y a rien eu pour nous : pas de bonus défensif, pas de plaisir sur le terrain, beaucoup de blessés", glisse Gaël Fickou. Frustrant, jusqu'au bout...