Romain Ntamack sous la pression de la défense agressive des Irlandais
Romain Ntamack sous la pression de la défense agressive des Irlandais | MAXPPP - PRESS ASSOCIATION IMAGES - Lorraine O'Sullivan

6 Nations - Les chiffres qui expliquent la défaite de la France en Irlande

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L'équipe de France battue en Irlande (26-14), c'est la 11e défaite en 15 matches de l'ère Jacques Brunel. Ce score final flatteur au vue de la physionomie de la rencontre, a pris naissance dans une première période à sens unique. Plusieurs chiffres illustrent et expliquent cette victoire irlandaise.

77% de possession de balle irlandaise, à 89% dans le territoire français en 1re période

"Ils doivent avoir 99% de possession", a déclaré Jacques Brunel en conférence de presse d'après-match au sujet de la domination irlandaise en première période. Le sélectionneur était un peu excessif dans cette appréciation, mais elle dénote bien l'impression ressentie par le camp tricolore. En fait, le chiffre est de 77% de possession de balle, et surtout un ballon gardé à 89% dans la moitié de terrain française. Ces deux chiffres cumulés montrent l'étendue de la main-mise du Trèfle sur cette période. "C'était un match assez bizarre, avec la sensation de ne pas avoir de ballons", remarquait Gaël Fickou.

Et si la 2e période a permis de rééquilibrer cette tendance (54% de possession irlandaise à 56% dans le territoire bleu), le mal était déjà fait. Trois essais inscrits (19-0), deux joueurs remplacés sur blessure, et trop de temps à s'épuiser pour limiter les assauts verts, la France ne pouvait pas revenir. "Je ne pense pas avoir déjà vu, au cours des six dernières années (depuis son arrivée au poste de sélectionneur), une équipe contrôler autant pendant 40 minutes que nous l'avons fait en première période", constatait Joe Schmidt, le sélectionneur de l'Irlande. 

193 plaquages tentés par les Français, 115 par les Irlandais

Pendant cette première période qui paraissait interminable, la France n'a fait que défendre, ou presque. Lors des 25 premières minutes, les Bleus avaient effectué 63 plaquages, alors que les Irlandais n'étaient qu'à 17. Un écart abyssal. A ce moment-là, le XV du Trèfle n'avait marqué qu'un essai, et ne menait que (7-0).  

Grâce à une 2e période de meilleure facture, la France a rééquilibré les choses. Mais à l'arrivée, elle a plaqué 193 fois (pour 158 plaquages réussis), l'Irlande 115 fois (pour 91 réussis). Les 35 plaquages ratés ont été autant d'occasions pour l'Irlande d'avancer un peu plus, de faire reculer encore davantage son adversaire. De l'asphyxier. 

355m gagnés par les Irlandais, 141 par les Français

En ayant le monopole du ballon, l'équipe d'Irlande a forcément plus progressé. C'est logique, même si cette domination aurait pu être stérile. Il n'en a rien été. Alors que leur jeu au pied était attendu pour mettre au supplice le jeune arrière Thomas Ramos, elle n'a gagné que 28m en procédant de la sorte. En revanche, en se faisant des passes, ce chiffre atteint les 200m. Et à la course, avec notamment celle de Keith Earls pour l'essai du bonus, les Irlandais ont gagné 147m. Sans avancée, la France est restée aphone: 29m de gain au pied, 92 à la passe, 84 à la course. Bref, par rapport aux 520m gagnés contre l'Ecosse, et même les 557m en Angleterre lors du terrible (44-8), c'est bien peu. 

12 pénalités concédées par la France, 7 par l'Irlande

Lorsqu'une équipe domine outrageusement une rencontre, il est souvent logique que l'adversaire se mette plus souvent à la faute. Et que l'arbitre soit un peu plus attentif aux fautes de l'équipe dominée, qu'à celles de la dominante. Lors de ce match à Dublin, l'équipe de France a été sanctionnée par des pénalités pratiquement deux fois plus que l'Irlande: 12 contre 7. Cela a contribué à la maintenir sous pression en permanence.

Par comparaison, malgré un monde d'écart entre l'Angleterre et les Bleus lors du match à Twickenham, les Français n'avaient été pénalisés que 6 fois, pour 4 aux Anglais. Cela dénotait alors un manque d'engagement physique. "Ca fait je ne sais combien de tournées et de tournois qu'on essaye de s'accrocher, mais ça ne suffit pas", constatait amèrement Arthur Iturria, le 3e ligne clermontois.