6 Nations : L'équipe de France avec Bouthier et Haouas, 2 novices pour le pari du renouveau face aux Anglais

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
L'arrière de Montpellier Anthony Bouthier va devenir international contre l'Angleterre pour la première fois
L'arrière de Montpellier Anthony Bouthier va devenir international contre l'Angleterre pour la première fois | AFP - YANN COATSALIOU

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Fabien Galthié a dévoilé ce jeudi sa première composition d'équipe, pour le premier match du Tournoi des 6 Nations 2020, contre l'Angleterre dimanche (en direct sur France télévisions à 16h). Avec une moyenne de 14.7 sélections par joueur, ce collectif est marqué par son absence d'expérience internationale. Pour le Crunch, ce sera notamment le cas de la première ligne Baille-Marchand-Haouas (19 sélections à eux trois), une troisième ligne de coureurs (Cros-Ollivon-Alldritt), une charnière toulousaine (Dupont-Ntamack) et un arrière novice, le Montpellierain Anthony Bouthier, dont ce sera la première cape comme le pilier Haouas.

C'est le premier quinze de l'ère Galthié. Un groupe jeune, peu expérimenté, mais où chacun a le profil pour pratiquer le jeu voulu par le nouvel encadrement : de la vitesse, du dynamisme, de l'intensité, et un gros niveau technique. C'est le point commun de tous ces titulaires. Mais avec une moyenne de 15 sélections par joueur, cette équipe brille surtout par son manque de vécu au plus haut niveau international.

Pour débuter par le tant attendu Crunch face aux Anglais, vice-champions du monde en titre qu'ils n'ont battu que trois fois lors des dix dernières confrontations, cette inexpérience pourrait peser. Le sélectionneur du XV de la Rose, Eddie Jones, en homme expérimenté, veut le croire. Il a ainsi affirmé cette semaine: "Ce qui est sûr, c'est que cela va mettre ces jeunes joueurs à l'épreuve car ils n'ont jamais été confrontés à l'intensité et à la violence physique avec laquelle nous allons jouer dimanche." Le ton est donné pour ce match historiquement souvent extrême dans l'engagement. 

Symbole de cette équipe: son capitaine, Charles Ollivon, 26 ans, qui va fêter sa 12e sélection au Stade de France, après avoir connu presque deux ans de galères à cause de son épaule. Joueur complet, à la mentalité irréprochable, c'est un leader de terrain, international à 21 ans, nommé par L'Equipe meilleur N.8 du Top 14 en 2015, avant de connaître les galères des blessures qui ont failli interrompre sa carrière. Revenu de nulle part, il incarne cette nouvelle vague, pétrie de talents mais en quête de résultats.

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Autre symbole de cette jeunesse: la 1re ligne. Guilhem Guirado à la retraite, Rabah Slimani laissé chez lui, et Jefferson Poirot laissé sur le banc pour ce match malgré ses 33 sélections et son statut de cadre dans l'équipe, Fabien Galthié a choisi d'aligner trois hommes de 26 ans et moins, qui cumulent à eux trois 19 sélections, dont 17 pour le seul pilier gauche Cyril Baille, 2 pour Julien Marchand et 0 pour Mohamed Haouas. Si la présence des deux Toulousains Baille et Marchand apportent une expérience commune dans le jeu et surtout dans les mêlées, celle du Montpellierain pourrait étonner, parce que préféré au puissant Demba Bamba et ses 7 sélections. Pas William Servat, responsable de la conquête chez les Bleus, qui disait de Haouas: "C'est le joueur de devant de Montpellier qui a les meilleures statistiques de déplacement et d'activité sur le match. C'est un profil de pilier droit qui est capable de rattraper les trois-quarts qui percent parfois."

Bouthier, un novice en 15

Des 18 joueurs sans la moindre sélection convoqués parmi les 42 le 8 janvier pour la préparation, il n'en reste que deux dans le XV de départ. Outre Haouas, un autre Montpellierain fera ses débuts internationaux: Anthony Bouthier. Passé en quelques mois de l'amateurisme au professionnalisme, de la Fédérale 1 au Top 14, l'homme de 27 ans portera le numéro 15 dimanche au Stade de France. Arrière novice, c'est un sacré défi de débuter contre les Anglais qui aiment rien tant qu'envoyer des chandelles pour mieux tester ceux qui manquent d'expérience à ce poste. A ce sujet, Fabien Galthié a reconnu que "dans leur stratégie, le jeu au pied pèse énormément. Ils ont un plan, nous aussi. Et comme disait Churchill, c'est parce qu'on avait un plan que ça n'a pas marché."

Mais il est bien entouré, avec les intenables Damian Penaud et Teddy Thomas aux ailes (16 sélections chacun), sans oublier le plus expérimenté du groupe, Gaël Fickou (51 capes), chef de la défense associé au très solide Virimi Vakatawa au centre.

Dans le coeur du jeu, l'encadrement de l'équipe de France a joué la logique et l'expérience. Une charnière Antoine Dupont-Romain Ntamack, qui a ses habitudes à Toulouse et qui est associée en Bleu pour la 7e fois depuis un an (la deuxième consécutive après le quart de finale de Coupe du monde contre les Gallois) dès le coup d'envoi. Si leur âge (respectivement 23 et 20 ans) les classe parmi les jeunes, leur expérience est déjà grande à très haut niveau. "Cet axe 9-10 a donné entière satisfaction au vu du contexte compliqué de la Coupe du monde", a justifié Fabien Galthié pour expliquer le maintien de cette charnière déjà alignée au Japon.

Du déplacement, du déplacement, du déplacement

Quant à la 3e ligne, elle est sans surprise : Charles Ollivon, capitaine et flanker, Grégory Aldritt, N.8 comme lors de la dernière Coupe du monde. La seule nouveauté, c’est François Cros, l’une des révélations de la saison passée avec Toulouse mais qui avait raté de peu la Coupe du monde malgré un très bon match de préparation contre l’Ecosse à Nice, déjà associé à ces deux hommes.

La deuxième ligne ne fait pas exception à la règle du jeu et du dynamisme : Bernard Le Roux, 3e ligne recyclé en 2e ligne, doit apporter son abattage défensif et son expérience (37 capes) aux côtés d’un Paul Willemse qui avait fait ses débuts internationaux lors du Tournoi 2019 mais avait déclaré forfait pour la Coupe du monde. Le Sud-Africain de naissance est lui aussi un joueur très mobile, qui a été préféré à Romain Taofifenua, qui l’avait remplacé dans le groupe au Japon l’été dernier.  

Sur le banc, les 33 sélections de Jefferson Poirot et de Baptiste Serin apporteront toute leur expérience et leur habitude de ces affrontements en cours de match, tandis que la part belle y est encore faite aux jeunes nouveaux: Boris Palu (23 ans, 0 sélection), Cameron Woki (21 ans, 0 sélection), Matthieu Jalibert (21 ans, 1 sélection), Peato Mauvaka (23 ans, 1 sélection). Il faut d'ailleurs noter que le staff a placé trois joueurs des lignes arrières et deux buteurs (Serin et Jalibert) sur le banc, le joueur de l'UBB étant capable de couvrir le poste d'ouvreur et d'arrière.

Composition du XV de France contre l'Angleterre

Anthony Bouthier (Montpellier) - Teddy Thomas (Racing 92), Virimi Vakatawa (Racing 92), Gaël Fickou (Stade Français), Damian Penaud (Clermont) - (o) Romain Ntamack (Stade Toulousain), (m) Antoine Dupont (Stade Toulousain) - François Cros (Stade Toulousain), Grégory Alldritt (La Rochelle), Charles Ollivon (cap, Toulon) - Paul Willemse (Montpellier), Bernard Le Roux (Racing 92) - Mohamed Haouas (Montpellier), Julien Marchand (Stade Toulousain), Cyril Baille (Stade Toulousain)
Remplaçants: Peato Mauvaka (Stade Toulousain), Jefferson Poirot (Bordeaux-Bègles), Demba Bamba (Lyon), Boris Palu (Racing 92), Cameron Woki (Bordeaux-Bègles), Baptiste Serin (Toulon), Matthieu Jalibert (Bordeaux-Bègles), Vincent Rattez (La Rochelle)