6 Nations : Le pays de Galles, la bête noire de l'équipe de France sur la dernière décennie

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Gaël Fickou et Cyril Baille genoux à terre face aux Gallois, lors de la défaite en quarts de finale du Mondial 2019
Gaël Fickou et Cyril Baille genoux à terre face aux Gallois, lors de la défaite en quarts de finale du Mondial 2019 | AFP - CHRISTOPHE SIMON

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Depuis la victoire française (9-8) en demi-finale de la Coupe du monde 2011, le XV du Poireau est l'équipe de l'hémisphère Nord qui a le plus battu la France. Davantage que l'Irlande ou l'Angleterre. Depuis cette date, les Diables Rouges ont en effet accumulé 8 victoires, dont la dernière en quarts de finale de la Coupe du monde 2019 (20-18), pour une seule défaite, en 2017, lors de ce célèbre match terminé à la 100e minute sur un essai transformé.

"Les Gallois, à chaque fois, qu'on les voit, pfff, ça fait chier." Grégory Alldritt, symbole d'une équipe de France redevenue victorieuse et conquérante dans le Tournoi des 6 Nations 2020, n'a généralement pas le verbe excessif. Ces derniers mots,  dits presque sur le ton de la confidence au sortir d'une deuxième victoire consécutive où il a été élu homme du match, traduit parfaitement l'état d'esprit des joueurs français à l'heure de défier le pays de Galles. Ils sont 12 présents aujourd'hui à Marcoussis à avoir vécu le dernier duel entre les deux nations, ce 20 octobre dernier à Oita au Japon en quarts de finale de la Coupe du monde. Cette défaite d'un petit point (20-19) a laissé tellement de regrets que les survivants ont envie "de prendre (leur) revanche", comme le dit le N.8 de La Rochelle.

Les Bleus ont l'habitude ne voir que du rouge

Mais cette revanche va bien plus loin qu'une simple défaite, même dans un Mondial. Car depuis presqu'une décennie, les Diables Rouges sont devenus la bête noire des Bleus. Cette ultime désillusion, pour beaucoup d'observateurs imméritée par rapport à la prestation du XV de France, faisait écho à la demi-finale de la Coupe du monde 2011, gagnée par la France d'un petit point (9-8) au terme d'un match où les Gallois méritaient davantage d'aller jusqu'en finale... Et entre ces deux dates, du rouge, du rouge et encore du rouge. Et on ne parle pas là du carton rouge infligé à Sébastien Vahaamahina, qui a précipité la défaite en quarts de finale au Japon voici quatre mois.

C'est bien simple, entre 2012 et 2019, les hommes de Warren Gatland ont pris un malin plaisir à torturer les Français: 8 victoires, pour une seule défaite. C'est le pire bilan de l'équipe de France face à une nation de l'hémisphère Nord pendant cette période. Dans le même temps, la France a battu une fois l'Irlande, ancienne nation N.1 mondiale, mais fait aussi deux matches nuls (pour 6 défaites), et elle a vaincu à trois reprises l'Angleterre (sans compter la victoire de 2020) pour 7 défaites. "Ca va être la guerre pendant 80 minutes", souligne Alldritt. "Ca va être un calvaire à jouer."

60% des points gallois marqués au pied contre la France depuis 2012

A cela, plusieurs raisons. La première, c'est que les Gallois sont devenus des monstres en défense. Sous la houlette de Shaun Edwards, désormais entraîneur de la défense de l'équipe de France, elle est même devenue l'une si ce n'est LA référence en la matière dans le monde. Des montées agressives, des plaquages destructeurs, des ailes coupées, la "rush-défense" a donné bien des cauchemars, notamment aux Français. Derrière le deuxième ligne Alu Wyn Jones, le capitaine intrépide, la combativité galloise est montée de plusieurs crans. Et avec des buteurs imperturbables  comme Leigh Halfpenny (auteur de 80 des 154 points gallois contre la France entre 2012 et 2018) ou Dan Biggard, les Diables Rouges ont souvent fessé l'arrière train tricolore de bons coups de pied. Au total, sur les 9 affrontements depuis 2012, les Gallois ont marqué 105 points de leurs 174 points contre la France grâce au pied de leur buteur.

Au coeur de cette pluie de défaites, parfois très frustrantes comme celle de l'an dernier (24-19) sur une interception de George North en fin de match alors que les Bleus menaient (16-0) à la pause, une seule petite victoire. Et encore, au bout de 80 minutes, le pays de Galles menait toujours. Mais au prix du plus long match de l'histoire (100 minutes), au prix de mêlées empilées devant la ligne et d'un remplacement litigieux en 1re ligne (Slimani avait remplacé Atonio son remplaçant pour une soit-disante blessure), la France s'était imposée (20-18).

Un seul petit succès, c'est dire le défi qui attend les hommes de Fabien Galthié dans un Principality Stadium au toit probablement fermé, ce qui ne fait qu'accentuer la fureur des choeurs gallois. Un atout de plus pour une sélection qui avait battu, l'année dernière, son record d'invincibilité (14 victoires de rang) qui datait de 1910.